De profundis gustatibus

 

Nous avons lu De profundis Gustatibus, petit [mal]traité de dégustation d’Olivier Grosjean, alias Olif, eh bien franchement, abyssus abyssum invocat ! Dans cet ouvrage bien dans l’air du temps des bobos buveurs de vins troubles du 11ème arrondissement de Pontarlier, Monsieur Grosjean fait le malin, joue les rebelles. Monsieur Grosjean ne respecte rien. Ni les tasting notes, ni les masters of wine, ni Bob Parker, ni le sponsoring. Ni les jurys, ni les médailles, ni les guides. Il se permet même des attaques ad hominem contre les plus grands dégustateurs français que le monde entier nous envie, Messieurs Bettane et Desseauve, c’est vous dire !

Quant à la Grande Distribution, bien sûr, elle se voit accusée de tous les péchés : « …quand il s’agit de se débarrasser à grande échelle de palettes de vins plus ou moins bons, qui permettront de vendre au moins autant de palettes de papier toilette pour torcher cet écoulement diarrhéique de liquides embouteillés à profusion pour endiguer la fièvre acheteuse des troupeaux de moutons consuméristes rendus accros aux bonnes notes, coups de cœur et autres médailles distribués à la louche par des jurés de pacotille ou des gourous du vin se targuant de leur soi-disant expertise, mais dont l’objectif premier est de fourguer leur propre camelote de papier, parfois glacé, quand il n’est pas rugueux au toucher, ce qui les rend impropres à une lecture aux cabinets.« 

Non omnia possumus omnes Monsieur Grosjean ! Vous croyez peut-être que c’est avec vos producteurs à 10 hectos à l’hectare que nous allons résorber le déficit du commerce extérieur ? C’est bien beau d’idolâtrer Pierre Overnoy ou Alice et Olivier De Moor, mais ces gens-là n’ont rien compris au mass market. Quelle vulgarité et quel mépris du peuple ! A contrario, l’auteur de ce « Petit [mal]traité de dégustation » ne dédaigne pas les mondanités à Gevrey-Chambertin ( à l’horizontale, vous imaginez la scène… ), il se rince la glotte à la Romanée-Conti ou au Pétrus, qu’il recrache d’ailleurs sous prétexte qu’il est bouchonné. Quand on a la chance de boire du Pétrus, Monsieur Grosjean, on l’avale, même bouchonné !

On s’étonne qu’une maison d’édition comme l’Epure, qui compte quelques auteurs remarquables, se soit fourvoyée en publiant ce brûlot ! Errare humanum est…

Les éditions de l’épure, 88 pages, 10€

Laisser un commentaire