Archive pour la catégorie ‘Philippe Quesnot’

Aprés Cannes et son G Faim, Toulouse accueillera son G Soif.

Mercredi 2 novembre2011

GLOUGUEULE ou du moins Michel TOLMER, son membre le plus imposant, le plus représentatif, sera à Toulouse en fin de semaine.

C’est à l’occasion du Salon du Livre les 5 et 6 Novembre que les aficionados de Michel TOLMER  pourront :  le voir taper 1, lui parler taper 2, lui faire dédicacer son dernier livre taper 3, le toucher taper 4, lui réclamer une somme due taper fort, boire un coup avec lui taper un chiffre au hasard.

A l’annonce d’un tel phénomène je pressens la fièvre s’installer dans toute la Région Midi-Pyrénèes. Le Centre des Congrés Pierre Baudis doit s’attendre à être envahi par une horde de fans hystériques. (Le parking P2 sera gratuit pour les déambulateurs.)

Tranche de mots, encre noire et cordon bleu
15h30 – 17h Salle Argos
Se mettre à table est affaire de langage ! C’est ce que nous
prouveront le romancier Mouloud Akkouche et la journaliste et
auteur culinaire Blandine Vié en compagnie de leurs invités,

Michel TOLMER, artiste oenophile, et un caviste-oenologue toulousain.
Rencontre suivie d’une dégustation de vins en salle Caravelle

Bienvenue à Clara et Boris!

Mardi 25 octobre2011

Je bois, tu bois, nous buvons mais qui boira ? Quelle angoisse ! Qui viendra au fond de nos caves susurrer des mots d’amour à nos chères bouteilles et leur parler de ce destin magnifique qui les attendait ?

Quand à l’heure du coup de blanc, en guise d’apéro on entend maintenant retentir des borborygmes désignant ces boissons bizarres qui, à l’image du silure dévastant nos rivières*, ruinent nos foies : Ouiskikicaca et Vodcacaorance. Honte à vous qui faites table rase de la mémoire de nos ainés, qui avaient su porter haut le drapeau de la pochtronerie française ! Qui seriez-vous aujourd’hui, si durant la Grande Première, nos chers pioupious n’avaient pas ingurgité ces Château Casse-Pipe pour se donner du cœur à l’ouvrage et silencieusement mourir la face dans la boue, alors qu’à l’arrière nos chers gradés vérifiaient la qualité des grands crus et la douceur de peau des hôtesses du Ouanetoutou?

Heureusement, un évènement aussi inattendu que merveilleux est venu cet été m’oindre les coronaires : un mariage, et pas n’importe lequel. Celui de deux abonnés qui avaient choisi de s’isoler à Belle-Île, avec leurs 250 invités, pour s’unir, nous faire partager leur joie et la cave du père de la mariée. Belle initiative qui se traduisit par un accueil au Brut Nature de Drappier, Houillon-Overnoy rouge et Arena Father and Sons pour les blancs. Quant aux vins servis au court du repas : que des magnums attribués par tirage au sort.

Après avoir hérité d’un Côte du Py 2000 de Jean Foillard, nous bénéficiâmes du deuxième effet qui s’coue avec une Ultime 1999 d’Yvon Métras. Pour ce faire, le père de la mariée étant incorruptible, il fallut invoquer les esprits bienfaisants. Par chance, le N°21 sortit enfin après quatre essais et nous pûmes relâcher le marié. Merveilleux gamay!

Nul doute qu’en Clara et Boris réside l’espoir. L’avenir est là. Ils sont le couple élu qui sauvera la planète de sa médiocrité, et d’ailleurs un signe en était l’évidente preuve : la liste de mariage avait été déposée chez des cavistes. Que du liquide. Glougueule se réservant, pour sa part, la fourniture des biberons en verre, tétines label Déméter.

Avec les 332000 autres abonnés, le Haut Comité Directeur au Développement du 2e-ème Plan vous souhaitent « Longue vie, beaucoup de bonheur et portez bien haut nos valeurs « Boire beaucoup mais que du bon ».

*Je ne suis pas sûr que l’image cadre vraiment, mais j’ai été fort impressionné par la capture à Chouzé sur Loire d’un de ces engins dévastateurs de nos rivières, dont la taille frisait les 2.20m pour 60kg. Un demi-grofé pour les initiés.

Z’ai cru boire un Bobinet !

Mardi 4 octobre2011

A Saumur la Rue de Beaulieu n’est pas large et visiblement l’aventure se situe sur le pas de la porte. Sébastien Bobinet n’y a pas pris garde quand, il y a quelques années, France et Xavier Amat sont venus s’installer au 37, à l’autre bout de la rue, sous prétexte d’y créer des chambres d’hôtes (Ami Chenin 02 41 38 13 17).

Face à la Loire, la petite table calée contre le mur n’a plus de problème de niveau, mais il n’en est pas de même pour les verres qui y stationnent. La cave est à deux pas et parmi les cuves et barriques qui s’y prélassent, le pineau d’aunis 2009 a toutes les qualités requises par ces temps de petite canicule. Ponpon en connait le chemin les yeux fermés, ce qui va en précipiter la mise en bouteille, car le taux d’évaporation atteint là des sommets jamais rencontrés ailleurs.

En Loire, l’entraide n’est pas un vain mot, particulièrement s’il s’agit de vider une ou trois bouteilles, et Sébastien peut toujours compter sur le renfort de Laurent Lebled si Ponpon venait à faire défaut. Ce qui ne s’est jamais produit car l’homme possède un radar de pointe qui le guide immédiatement dès qu’une bouteille est ouverte à un kilomètre à la ronde. Des esprits chafouins laissent entendre que les somptueux pavillons acoustiques dont la nature l’a doté lui procureraient cet avantage sur les simples mortels que nous sommes.

Pour le combler s’il en était encore besoin, l’ami Bobinet possède sur le haut du coteau une petite parcelle récemment plantée qui vous laisse béat d’admiration devant le panorama qu’elle vous offre sur le fleuve. Une table, quelques chaises, de quoi faire griller un morceau de viande et vous avez là une des images que je me fais du bonheur en Loire. Mais tremblez, vous les bienheureux ligériens, car dans un an sonnera pour moi l’heure de la retraite,  et vous serez bien obligés d’ajouter deux chaises en bout de table. J’ai prévu à cet effet un stock conséquent de magnums prêts à boire qui devraient être autant d’invitations à partager vos tables et votre amitié.

Pour une radicalisation du journalisme d’investigation

Jeudi 22 septembre2011

Parmi les livres que je n’ai pas lus, « Le quai de Ouistreham » de Florence Aubenas est sans nul doute celui qui m’a le plus marqué. Avec courage, cette journaliste aborde les problèmes du chômage et des sans-emplois à la recherche de toute activité pour survivre.

Cette difficile expérience, ma fiancée et moi l’avons vécue récemment à Ste Radegonde des Pommiers. Aux aurores, dès 8h30, nous étions à pied d’œuvre. Le patron avec des abdominaux à bascule, dont le nom me rappelle un ancien humoriste de la télévision,  nous donne les consignes à respecter. Habilement grimés, nous nous fondons parmi la douzaine de vendangeurs. Quinze rangs de sauvignon pour quatorze vendangeurs, je me propose au poste de compteur de rangs. Malheureusement ce poste n’existe pas encore (en parler à Bruxelles).

La compagne du chef m’entaille profondément le doigt à l’aide d’un de ces outils maudits appelés sécateur – voir photo – j’envisage un instant une action en justice et un rapatriement sanitaire (renforcer la législation sur les conditions de travail des saisonniers itinérants nés au Sénégal)  Après deux heures d’un travail infernal et dangereux entrecoupé de longues pauses forcées dues à une pluie fine et cinglante, nous regagnons le chai, où l’on retrouve le chef accaparé par son travail : surveiller le jus qui coule du pressoir. « Alors Monkéno çataplu ? » me lance-t-il quand nous parvenons à sa hauteur. Angèle, ma promise, pense qu’il nous a reconnus, ce dont je la dissuade. Il a dit « Monkéno » et non « Kéno », c’est bien qu’il y a erreur sur la personne.

Il est midi, notre expérience touche à sa fin, le sentiment du devoir accompli prédomine. Il me semble que nous avons bien investigué et que dorénavant, nous pourrons lors de nos soirées diapositives ajouter fièrement ce thème des vendanges à la liste déjà longue des conversations à aborder avec nos amis. « Ah au fait! Le nom de ce vigneron dont l’homonyme passait à la télévision, ce n’est ni Jacques Martin, ni Jean Roucas,  ni Collaro… Oui c’est ça ! Nicolas Reau ! »

Clos des Treilles – 1 Rue Pompois – Ste Radegonde des Pommiers -  Tel : 05 49 67 77 08

Joël Teisseire, faut pas s’en priver.

Mercredi 14 septembre2011

La veille de la représentation, la caissière m’avait bien prévenu : « Prévoyez de rester un peu plus longtemps! Là, cet après-midi, il est parti à Caillan, il répète avec son cousin! » Rénato et moi étions pile-poil à l’heure pour la séance de 10h30 et nous avions bien fait car la salle n’est pas bien grande, au maximum une demi-douzaine de spectateurs peuvent s’installer confortablement, plus vous priverait du plaisir de déambuler et suivre l’artiste sur le lieu de sa performance. Une chaise en bois dans un coin, la place handicapé, afin de répondre aux normes européennes. Une scène de 2m sur 4 juste séparée des spectateurs par un comptoir, à droite la caisse et au fond la porte de la chambre froide où attendent ses partenaires, l’entrée des lards tristes.

A notre arrivée la pièce venait de commencer, Joël Teisseire dialoguait avec un petit homme aux abdominaux aussi détendus que les bretelles de son marcel qui avait été blanc. Le sujet de ce 1er acte était, me semble-t-il, « De l’intérêt de planter 50 plutôt que 70 pieds de tomates pour faire du coulis ». Cette entrée en matière nous a permis de tout de suite mesurer l’envergure du personnage « Teisseire ». La belle soixantaine, grand, portant lunettes et sourire permanent, Monsieur Joël est de l’ancienne école, apprendre le métier sur le tas, vivre la situation, la méthode Actor’s Studio.

Acte 2 : Le bisteck de Mamie. D’où il ressort qu’il ne faut pas essayer d’en compter à Mamie, que si elle veut un bisteck pour elle et sa fille, qui ne mange pas de viande, il ne faut pas tenter de lui limiter le morceau à 250gr.

Acte 3, c’est là que nous entrons en scène. L’homme, fin psychologue, nous regarde et dit « C’est vous les andouillettes? » J’ai peu de texte mais encore faut-il que je le dise correctement : « Oui! Nous avons téléphoné hier pour réserver! » Son large sourire me disait « Hé! Je vois bien qui tu es! » Nous sommes comme qui dirait de la même confrérie, lui d’obédience « boucherie », moi « épicerie ». S’ensuit la narration imagée de son parcours professionnel, Rouen en 68 puis le retour au pays et la boucherie de la Rue de la Rouguière à Montauroux. La difficulté de maintenir l’activité face aux hypers. L’installation dans la plaine de grandes surfaces qui présentent le double avantage d’aider les petits commerçants à prendre leur retraite anticipée et améliorer le niveau architectural du village, le style bardage métallique néo-provençal est d’un raffinement achevé. On ne remercie jamais assez les élus des communes qui favorisent l’implantation de ces entreprises philanthropiques, créatrices d’emplois sous qualifiés, payés au lance-pierre et qui laissent à nos enfants cet héritage de monuments qui sauront affronter l’éternité, tels les pyramides. N’oubliez pas de les remercier la prochaine fois que vous vous retrouverez dans l’isoloir.

Mais au fait pourquoi étions nous là? Eh bien je vais de ce pas vous le narrer par le menu. (c’est drôle comme j’aime ce mot : menu) Voilà, il y a quelque temps, au cours d’un repas où nous parlions exceptionnellement de produits qui transitent par l’estomac, Ponpon nous lâche « Alors pour ce qui est de l’andouillette, Julien Besson qui bosse Au Baratin m’en a fait gouter une tirée à la ficelle, faite de tripes de porc et pour le petit plus : un morceau de couenne. Parmi les meilleures que j’aie jamais mangées ! » Dans la foulée je torturais Julien pour qu’il m’avoue la provenance. Dans un premier râle il me crache le morceau « Aargh! Tu en trouveras à la Boucherie Teisseire à Montauroux. Aargh! » Suffisait de demander. Voilà comment on fait cent kilomètres pour acheter une dizaine d’andouillettes. Dix kilomètres par andouillette, ça c’est du bilan carbone. P….! J’ai la forme, je me sens capable d’achever la planète à moi tout seul.

Boucherie Teisseire  -  Rue de la Rouguière  -  83  Montauroux  -  Tél : 04 94 76 43 98

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Les jolies alcoolonies de vacances

Dimanche 11 septembre2011

Pour la troisième fois ma fiancée m’avait envoyé ce week-end de juin en colo à Fronsac rejoindre mes petits camarades vignerons qui se rassemblaient au Château Moulin Pey Labrie. Tous les deux ans, Bénédicte et Grégoire Hubau réunissent quelques uns de leurs amis  des six coins de la France  deux jours durant lesquels ils font déguster leurs vins aux professionnels.

Attentifs au moindre de nos souhaits, ils nous avaient organisé des ateliers récréatifs. Pour la plupart, nous avions opté pour le pass intégral qui vous permet d’accéder à chaque atelier autant de fois et quand bon vous semble. La dégustation étant l’occupation principale des lieux,  je l’avais complétée par « nocturne à l’aveugle », version animée nuitamment par Matthieu Cosse et Nicolas Reau. Deux mètres de circonférence de renommée internationale dont j’ai suivi l’enseignement à la lettre, ils m’ont dit : « Betit sgalabée bien legalder, dourner, sendir longuement, ébuis gouder le bin lentement, lentement, gomme çà lui applendle! » Au début rien. Et puis, à la fin, de rien j’arrivais à reconnaitre pas grand chose. Signe d’une avancée certaine. L’atelier « cigare » était très suivi. Les plus grands n’avaient pas les plus gros et cela en arrangeait certains.

Mimi notre mannequin fétiche et mon cher, très cher, associé nous avaient agrémenté le paysage de sculptures monumentales et de peintures encore plus magnifiques que d’habitude, si c’est possible. Je sais nous touchons là les limites concevables du beau.

Ce furent trois jours de pur bonheur. Se retrouver dans un lieu magique avec une bande de kopins tous animés de la même passion, à boire de bons coups, manger du cochon lyonnais, fumer du havane et se raconter les dernières histoires fines. J’ai demandé à mon gérontologue de me prescrire la même ordonnance pour 2013, il m’a promis une réduction sur mon taux de gamma GT.

Que rêver de plus, sinon être réinvité dans deux ans pour la prochaine édition.

Bénédicte, Grégoire je vous en remercie d’avance.

* Ce subtil jeu de mots m’a été fort sympathiquement prêté par Michel Tolmer

La couperose est pleine.

Mercredi 31 août2011

Il peut, malheureusement, en être des amitiés comme des amours, avec le temps tout fout le camp. La confiance trahie, l’absolue, la totale est, me semble-t-il, la plus insupportable. Comme souvent c’est au détour d’un geste, d’un regard, que l’on découvre la vraie nature de l’autre. Jusqu’ici je m’étais laissé éblouir, le cœur bercé par l’insouciance de cette grande amitié née de passions communes, d’appartenance à une même communauté d’ancêtres venus du Grand Nord. Ce signe de reconnaissance, cette appartenance je la porte au visage comme autant de médailles conquises depuis mon enfance en affrontant les froids normands de la Plaine de Caen. La morsure profonde de cette rigueur hivernale a dessiné sur mes joues des cartes qui permettent aux initiés d’y lire mon parcours. Telle une cartomancienne, un chirurgien esthétique rencontré au détour d’un comptoir, m’avait reconstitué le passé et su y voir ma passion pour les Vallées du Rhône et de la Loire. Il me proposa d’effacer ces traces, de gommer ce passé, en gros de me refaire une virginité faciale, mais alors quid de tous ces polos, chemises et pulls achetés en total coordonné avec cette teinte (ref : RAL 3018). Je ne pus m’y résoudre, on ne s’affranchit pas si facilement de le rubiconde.

Un beau matin de ce mois de juillet, à l’heure où les grands fauves s’apprêtent à ne rien faire en attendant que les femelles fourbues rentrent tranquillement de la chasse, j’ai surpris celui que dorénavant je nommerai « Ze Félon » appliquer furtivement sur ses joues une substance pâteuse qui soudainement lui procura un éclat extravagant, un incroyable réseau sanguin révélant de somptueuses veinules purpurines. J’avais tout à coup sous les yeux un inuit pur jus à la silhouette fine et élancée, seule sa trousse de graisse de secours stockée au niveau de la ceinture lui donnant l’allure du parfait touriste affublé d’une banane de saindoux. Je venais de découvrir le pot au couperose, celui qui se faisait passer pour un pur viking n’est en réalité qu’un produit de la capitale qui pour se la jouer nature use d’artifices. C’est lamentable, de plus je ne suis même pas sûr que son intention première ait été d’obtenir un faciès rubicond et que la première zone sur laquelle il se la soit appliquée ait été le visage car cette préparation pharmaceutique se nomme : Rozex.

Lamentable je vous dis.

Le désaccord parfait

Dimanche 7 août2011

Tout est affaire de circonstance. Pour une journée harassante je préconise après la douche régénérante un Tout’en Bulles de Gramenon ou un Mauzac Nature de Bernard Plageoles. Après une longue balade automnale sur la plage dans la véranda face à la mer les pieds en éventail sur le radiateur un Larmandier-Bernier Vieille Vignes de Cramant 2005. En fin de soirée avec ta fiancée, Les Béguines de Jérôme Prévost que tu auras oubliées quelques années au fond de ta cave afin qu’elles te libèrent ces arômes de brioche beurrée.

Mais alors pour un divorce, n’ayant jamais pratiqué ce sport de combat rapproché si particulier appelé « mariage » je me retrouverais fort déconfit. La réponse à ce problème métaphysique m’a été apportée par Rénato qui a eu la bonne idée de divorcer récemment et pour fêter sa libération Rénato a débouché un Extra Brut d’Anselme Selosse dégorgé en 2004. A chaque gorgée un anneau de la chaine qui le marquait à l’annulaire disparaissait. A l’inverse de son mariage les années lui avaient beaucoup apporté. Espérons qu’il ne sera pas nécessaire qu’il se remarie pour fêter sa sœur.

Plastique massif

Jeudi 28 juillet2011

De l’observation de la nature, savoir tirer les enseignements, étudier attentivement l’ordre des choses et modestement essayer d’en extraire la substantifique moelle, voilà la voie de la sagesse. Encore faut-il ne pas s’égarer lors du choix des sujets. Sinon que dire de ceux de Barbelivien, Obispo et Lara Fabian ?

Lorsque, grâce à Laurent Cazottes, j’ai rencontré Jack-Michel Chasseuil au Pré en Bulle à Albi, on peut dire que peu de choses nous réunissaient. Ce monsieur à l’allure distinguée, cravaté, rasé de près, à l’élocution facile, co-propriétaire avec son fils de Château Feytit-Clinet à Pomerol est à peu de choses près mon contraire. Après une brillante carrière au sein de la Société Dassault, il profite de sa retraite pour assouvir sa passion de collectionneur de grandes bouteilles aux noms illustres et ce, si possible, dans des millésimes et des contenants exceptionnels. Moi, au terme d’une carrière d’épicier de quartier, je prends toujours soin d’être mal rasé de trois jours, ne possède pas de cravate, et surtout je suis co-propriétaire avec Michel Tolmer de Glougueule, c’est dire.

De sa somptueuse collection j’avais entendu parler mais jamais rien vu, pas une goutte. Je profitai de la séance de dédicaces de ce premier salon albigeois pour lui acheter son livre « 100 bouteilles extraordinaires », dans lequel il détaille les plus belles pièces de sa collection. Je me disais qu’un investissement de quarante cinq euros pouvait m’être largement bénéfique s’il m’arrivait d’être à nouveau enlevé par les furieux Niçois au 4×4 noir. « Un joli présent peut améliorer ton avenir » comme je me disais toujours.

Si par malheur tu avais l’intention de te la jouer « Viendez voir ma cave qu’elle est belle! »,  dès les premières pages Jack-Michel te calme. Des centaines de caisses aux noms prestigieux entassées dans une pièce souterraine immense avec éclairage, hygrométrie, système d’alarme et au sol un gravier immaculé. Tel « petit scarabée » de la série des années 70 « Kung Fu »  j’ai bien observé la grotte d’Ali Chasseuil et je me suis construit exactement la même.

Pour la structure j’ai récupéré une vieille chambre de congélation dont j’ai assemblé les parois comme un Meccano. Quant à l’exposition de mes grandes bouteilles, étant contre la déforestation, je me suis adapté et j’ai choisi le plastique, mais massif, le plastique, la classe en plus. Avantage majeur : 150€ les 150 casiers, accès à chaque bouteille dans la seconde et au sol une résine grise du plus bel effet.

Ind’nao, Jack-Michel, ouate dou you say?

PUJADAS ne nous dirait pas tout ? Ben voilà qui me surprend fort.

Lundi 18 juillet2011