Archive pour la catégorie ‘Qui a bu quoi’

Le Secret du Pot au Feu

Dimanche 15 novembre2009

Le secret du pot au feu réside dans la savante composition des viandes qui le constituent. Elles devront être trois, ni deux, ni quatre. Trois est le nombre parfait. pot au feu 006De la joue, de la queue et surtout de la troisième qui donnera toute la saveur. On préférera un ensemble tendre et gélatineux et donc sera délaissé le plat de côte, si souvent recommandé, à tort. Mais tout le succès reposera sur le choix des liquides que l’on aura retenus pour accompagner cet en-cas.

Adeptes fervents et pratiquants intègres, voire intégristes aux yeux de certains, nous avions la chance d’avoir parmi nous hier soir deux solides magnums représentant Messieurs METRAS et THEVENET. (Je profite de cette occasion pour regretter publiquement la propension du second nommé à distribuer auprès d’un public non averti mais extrêmement féminin ses dernières bouteilles de 1990, alors que le comité central de Glougueule est prêt à toutes les vilenies possibles pour obtenir, ne serait-ce, qu’un ou deux cols.) pot au feu 018Le 2003 de Jean-Paul T., dit Monsieur Polpo, avait des notes florales et délicates. Le 2004 d’Yvon METRAS, dit Monsieur L’Avion, plus puissant, long et rond mit un peu de temps à s’ouvrir mais nous régala tout autant. Ma fiancée en fit une parfaite synthèse :  » Derrière tous ces arômes, je ressens comme des notes joyeuses et légèrement enivrantes, mon bel et unique Amour, obsession permanente de ma vie, toi qui illumines chaque seconde de mon existence, O oui ! toi ! toi je te veux, tout de suite, sois mien maintenant, RRrrrhhâaaa ! Lovely !…..*** »pot au feu 011 s’ensuivent quelques considérations sur les différences évidentes qui existent entre les terroirs des appellations Fleurie et Morgon.

De même que les immigrants, parvenus en contrées hostiles, se hâtent de stocker d’importantes provisions de nourritures et bois pour passer l’hiver, chaque année je prends soin de rentrer de belles quantités de gamay afin qu’Elle m’aime toujours au printemps.

*** Expression empruntée à Monsieur Marcel GOTLIB, en hommage à HITCHCOCK.

Adieu Brazil ! Bonjour Cellettes !

Vendredi 30 octobre2009

L’obsession  irrépressible du corps parfait a souvent poussé de pauvres esprits à des choix sans retour. L’image imposée par les magazines est incontournable, on se doit de ressembler à l’Icône, alors pour continuer à plaire la facheûne victime sacrifie à la norme. Direction le Brésil et ses cliniques spécialisées qui vous implantent, vous réduisent, vous raffermissent, vous allongent, vous amincissent, vous injectent le produit miracle. Souvent insatisfaite et jamais remboursée.loire octobre2009 002

Eh bien, Mesdames, le laboratoire scientifique de GLOUGUEULE, en étroite collaboration avec Isabelle et Hervé VILLEMADE, a découvert et mis au point le produit miracle. Ce produit, dont on peut affirmer sans risque aucun d’être démenti par les plus hautes instances scientifiques, vous rendra plus belle de jour en jour, surtout de l’intérieur. Avec La Bodice, c’est plus qu’hier et moins que demain jusqu’aux bouts de les temps infinis du mOooooonde. Subtil assemblage de sauvignon pour 70% et 30% de chardonnay « La Bodice 2006″ a produit des résultats au-delà de nos espérances. Mademoiselle D. B., notre blonde, dont on attend toujours le retour de la soeur jumelle *, s’est fort complaisamment prêtée à notre expérience.

Attablée au Restaurant Les Côtelettes (4 Impasse Guéméné – Paris IV – Tel : 01 42 72 08 45) il lui a suffi de deux verres de La Bodice pour se retrouver illico dotée d’une superbe paire de pectoraux. Alors on dit quoi ?loire octobre2009 003

Merci les VILLEMADE ! Merci La Bodice ! Merci GLOUGUEULE !

Domaine du Moulin

Isabelle et Hervé VILLEMADE

97 r Moulin Neuf – 41120 CELLETTES

Tél : 02 54 70 41 76

* : « Retour de la 2eme D.B. » Marche militaire célèbrant la division blindée du Mal LECLERC, première à entrer dans Paris en août 1944. C’est dingue ce savoir que vous accumulez gratuitement grâce à GLOUGUEULE.

Un ami nous résume.

Lundi 5 octobre2009
Blanquette de veau
de Maman
avec bergerac blanc
Moulin des Dames 1999
de la Famille Conti.
Nom de dieu
de bordel de merde.
bergeracblanquette

Déglustés pour vous

Dimanche 13 septembre2009

roses-de-lete

Il n’est pas trop tard pour applaudir deux rosés qui nous ont extasiés

cet été, alors qu’ils n’ont rien à voir avec le prototype du rosé sudiste,

et même pas grand chose à voir l’un avec l’autre.

A ma gauche, le Tavel d’Eric Pfifferling,

dont la couleur, déjà, ne joue pas dans la même palette

que le maquilleur de raisins de base,

un rose foncé trouble et troublant venu de nulle part

qui vous allume déjà les papilles à l’avance

avant de les mettre en joie par sa fraîcheur de raisin croquant et pulpeux.

A ma droite, les vignes métissées de Marjorie Gallet

n’ont de rosé que l’état civil qui les inclut de force

dans l’appellation Côtes du Roussillon rosé

alors qu’il faut un oeil attentif pour distinguer

une subtile nuance rosâtre, ce vin étant le résultat

du pressurage direct de 15 cépages blancs, gris et noirs,

provenant d’une même parcelle centenaire

et vinifiés ensemble. Il faudrait plus le considérer

comme un vin blanc,

un grand vin complexe qui, heu…

bon, je ne suis pas Sylvie Augereau,

moi, but I do my best.

Synchrobuvologie – Parte Ouane

Mercredi 3 juin2009

nancy-anniv-lucile-003Lucile, ma fille chérie, plus belle des filles de leur papa du monde, s’est retrouvée convoquée à Nancy le jour même de ses 20 ans pour passer un concours. Nous ne pouvions à la fois la laisser affronter ce double stress, le concours et la bascule irrémédiable dans le troisième âge. Père attentionné et dévoué je l’ai donc accompagnée. Un mail puis un coup de fil à l’antenne locale de Glougueule, je savais que nous serions accueillis entre de bonnes mains. Premier jour : houiteures de train, arrivée 18h. Au môment de charger la valise diplomatique dans le coffre de son Opel Kadett l’ami Fred faillit se démettre l’épaule. Deux magnums, neuf bouteilles, une brosse à dents et un slip propre, sur les conseilsnancy-anniv-lucile-011 de ma grand-mère. En préambule nous avons baptisé la cave de cette nouvelle maison avec Substance d’Anselme SELOSSE dégorgée en 2004, sur mon carnet de dégustation j’ai noté : *** Ah la V…, P… ce que c’est bon !!! . A table, juste aprés le benedicite, apéro avec de jolies bulles de Jacky BLOT de La Taille aux Loups, puis nos filles étant nées en 89 Domaine de Mont Redon qui s’est avéré magnifique au fil du temps, les Rouannières 95 du Chateau Pierre Bise sur la tarte. Fin de la Parte Ouane.

L’ivresse décîme et la peur du verre vide.

Mercredi 29 avril2009

L’altitude, les plaisirs de la glisse et de la vitesse, dupasquier-003ces sensations que je n’ai jamais ressenties, j’ai décidé de les éprouver au moins une fois. Parti ce matin de la cave je comptais atteindre le camp de base vers 12/13h,  et après une légère collation attaquer la montée de l’escalier du grenier avant la nuit. Seulement voilà, ne tutoie pas l’extrême qui veut. La météo s’est mise de la partie, le pain a croustillé, le comté 48 mois et les rillettes se sont mis en travers de ma route et j’ai essuyé des trombes de Marestel 2003 de chez DUPASQUIER. Il est des moments dans la vie où il est plus courageux de renoncer, tous les exploits du monde ne valent pas la mise en danger d’un seul sauveteur. Du coup je suis redescendu me coucher en me promettant bien de retenter dés que possible. Il est desastreux pour le moral de rester sur un échec, quel que soit le domaine.

Première sortie de Printemps

Vendredi 24 avril2009

meme-90-008Dimanche dernier il faisait beau comme partout à Villeneuve-Loubet et comme parfois à Paris. Ma promise et moi avions des fourmis dans le gosier. J’avais ressorti table et fauteuils afin d’annoncer officiellement la reprise des hostilités. Beignets de poutine avec le Macon-Villages 2006 du Consortium VALETTE pour régler la foulée, quelques pâtes aux fruits de mer avec une Hermine d’Or de Jo LANDRON, petit gratin de pommes de terre aux cèpes et roti de boeuf avec Grange des Pères 1998 et 2002 pour la rétro-olfaction. En transition pour ne pas rater la sieste le délicieux Morgon Vieilles Vignes 2003 de Jean-Paul THEVENET. Certains d’entre vous se diront que cinq bouteilles à deux n’est pas raisonnable. Qu’ils se rassurent nous n’étions pas seuls. Nos enfants aussi boivent.

Lenoir est une couleur

Lundi 20 avril2009

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Si son étiquette ressemble à un délire retro-moderniste années 70, le contenu de cette bouteille est totalement en dehors des modes, il est juste le résultat d’une vraie tradition qui n’est jamais passée par la case chimie, qui respecte le temps nécessaire à la révélation d’un terroir. Ce résultat est tout en douceur, en délicatesse, en finesse. Quand on boit ce vin, on se pince à l’idée que le cabernet franc puisse passer pour un cépage ingrat.

Ca valette le coup d’attendre

Samedi 4 avril2009

vire-clesse-valette-20041

Si c’était toujours comme ça, la Bourgogne,

on surfe sur un plaisir renouvellé à chaque gorgée

jusqu’à la dernière goutte.

Qui arrive juste un petit peu trop tôt.

Wenesday, sunny wenesday !

Jeudi 19 mars2009

J’aurais du m’en douter à voir la lueur d’énervé au fond de ses yeux. L’arracheur de dents était en forme. Quelques coups de hallebarde entre dents et gencives pour tester mon sens de l’amitié. « Même pas mal! » j’ai dit. « Bon, c’est pas le tout mais on va être en retard ! Tiens, regarde! j’ai pris une Confiance 97 de la Soumade, on verra bien comment cela a vieilli ». Aprés un footing apéritif nous avons rejoint le restaurant distant d’une bonne centaine de mètres. Notre camarade n’ayant pas fini son service nous avons dégoupillé le Rasteau qui s’est révélé fruité, puissant et fort agréable. Ce garçon en avait encore sous le pied sans contest. mercredi-bloody-wenesday-016Le beau Mario, notre ami italien d’Albenga, n’a pas tardé, suivi de près par Olivier. Olivier est protestant mais tendance franchement Calvin. On sent bien que pour lui Luther c’est pas du plaisir. Franck attaqua d’entrèe « On va commencer par du vrai vin, dit-il, en posant délicatement sur la table un Clos des Goillotes 2000 de Prieuré Roch ». La claquasse d’entrèe de jeu. mercredi-bloody-wenesday-021-1Ah P***** j’en ai pas goûté souvent mais à chaque fois la même sensation. C’est le printemps avant l’heure. Des arômes de vieilles roses, fleurs fânées presqu’entêtantes et cette fluidité. Histoire d’en remettre une couche aux deux adeptes de grandes étiquettes, Franck envoya la deuxième lame avant que nos papilles ne se rétractent avec Clos des Corvèes 2004 du même Henri Frédéric ROCH. Quelle piqure de rappel ! J’envisageais la fausse pâmoison afin de me faire humecter les lèvres avec les dernières gouttes que tout le monde convoitait du regard. Pas besoin de simuler, une Substance de SELOSSE annonçait son entrèe en gare. Que dire ? Que dire d’autre que  » Ah la V…..vraiment la vie est belle aujourd’hui » (Ne pas oublier de penser à noter : voir si cela existe en magnum, en jéroboam s’il le faut). mercredi-bloody-wenesday-0273Le soleil printanier, la bonne compagnie, l’enchainement à la table parfait, tout nous poussait inconsciemment à prolonger ces instants magiques. L’énervé de la première heure lança, soudain : « J’ai les clés de la cave ! Ca vous dit ? » S’il le faut, mais seulement s’il le faut, nous irons avec toi à la cave, tout de suite mais maintenant. Le trajet piétonnier dura un bon quart d’heure pendant lequel nous avons restructuré l’INAO, vôté les lois, promulgué les décrets nécessaires pour contrer les gommeux de Bruxelles. « PQ qu’est-ce qui te ferait vraiment plaisir de boire? » Alors ça, c’est la question redoutable. mercredi-bloody-wenesday-031-1Moi je sais bien ce que j’aimerais boire et dont je n’ai bu qu’une gorgèe il y a fort longtemps, c’est Henri JAYER. La gorgée, c’était Vosne-Romanée. Mais c’est pas de la quille à deux euros que tu ouvres subrepticement sur un coin de table pour te rincer le carrelage de l’arrière-boutique. J’ai donc émis les sons nécessaires :  » Henri JAYER ! ».  » Oh P….. ! C..! lui ! y’s'mouche pas avec le dos d’la cuiller ! JAYER, dis donc tu t’fais pas caguer ! Carrément JAYER ! » Pendant une minute j’ai presque regretté avoir formulé mon voeu, mais pour qui connait bien le lascard, celà fait partie du scénario. L’homme a quelque peu trainé sa jeunesse pas loin de la Canebière et toute absence de cette séquence du film devrait être prise pour un signe avant-coureur de maladie grave. Un peu comme la scène de l’achat de la fausse barbe sur le marché dans La Vie de Brian des Monthy Python, tu ne peux pas simplement acheter, tu dois marchander. Eh bien là il faut absolument qu’il nous fasse le coup du coût. Moi j’aime bien, j’en rajoute, je lui dit que pour lui c’est que dalle, que c’est pas ça qui va deséquilibrer son budget. Selon ma forme je peux aller jusqu’à lui porter le fond de teint jusqu’à pivoine violacée. Et là, normalement, si j’ai été bon, j’ai le droit à mon crédo : « P….. de gaucho de M…., tu peux voter à gauche! » Pour moi c’est comme une médaille de plus sur le plastron, ou une bougnette sur le ticheurte de Mimi, notre mannequin vedette, l’homme dont les mains ne sont faites qu’à base de pouces de mains gauches. mercredi-bloody-wenesday-107 » Bon allez ! On ouvre JAYER ! » Ouverture respectueuse, carafage délicat opéré de main de maitre par Bruno, super sommelier monégasque. La patience fut largement récompensée. Le pinot grandiose, suave, croquant de fruit, puissant, persistant, frais. Enfin tout ça pour vous dire que c’était superbement bon. Le liquide annonçé par les étiquettes que m’avait envoyées Antoine ARENA, tant attendu, venait d’entrer à jamais dans ma pauvre mémoire. Nous n’en étions à ce môment précis qu’à la moitié de notre voyage. Je vous conterai la suite de cette aventure lors d’une autre veillée bachique.