La boutique de ticheurtes
Frais de port :
- Particuliers : frais d’envoi forfaitaire de 7€ (pour l’étranger nous consulter)
- Professionnels : nous consulter
Contact aux heures décentes : 06 11 23 16 30
Carnet de Vigne II
Voici la nouvelle édition, mieux et moins cher. Pour la présentation vous relisez en y ajoutant quelques adjectifs dithyrambiques.
Ceci n’est pas un guide. Il donne à goûter du bonhomme (et souvent même de la bonne femme) avant de mettre le nez au vin. Et pour que vous l’y gardiez, il tente d’expliquer le pourquoi du comment c’est bon. Il ne prétend pas juger ce qu’un vigneron V a fait d’une année A dans une parcelle P, ni noter une bouteille B ouverte à un instant T …pas toujours approprié. La nature est leur maître et la chair est faible. Tant mieux.
Il ne vous aidera pas à remplir des caddies pour entasser des cartons dans le noir. Face aux flots de vins éteints pour durer (ou par peur qu’ils ne racontent un jour ce qu’ils ont subi ?), ceux-là disent la luminosité d’un fruit tiré par les racines et tenu par la pierre. Combien de temps ça peut vieillir ? Aussi longtemps que vous résisterez à l’ouvrir.
Vignerons en voix d’apparition
La galerie de portraits qui suit dévoile de bons hommes. Parfois même, ils sont beaux. Les plus mûrs ont creusé un sillon alternatif au progrès productiviste. Les plus jeunes défrichent un terrain stérilisé par des décennies de chimie salvatrice. Y en a pas un sur cent mais pourtant ils se multiplient. En marge d’une viticulture qui berce le consommateur sous une façade bucolique, ils disent ce qu’ils font et font ce qu’ils disent. En face d’une politique qui les veut plus gros et plus contrôlables, ils se font petits et autonomes. En conflit avec des banques qui ne misent pas un sous sur l’engagement écologique, ils bataillent constamment.
Attention, vin vivant.
Ils sont souvent bio, parce que c’est le chemin du bon. Parfois sans soufre, parce que ce peut en être l’issue. Quelquefois biodynamistes, parce que la dégustation leur en ouvre l’appétit. La tendance actuelle les cataloguera « natures » sans avoir préalablement défini les règles du jeu. Si le cahier des charges interdit les levures de vinification en sachet et limite les doses de sulfites au minimum digestible, alors les voilà estampillés. Mais l’étiquette ne fait pas le moine. Disons les seulement « matures ». Comme le fruit, juste à point, qui porte en lui le vin. S’il faut leur attribuer une religion, c’est celle du dehors. Si on les cherche, c’est là qu’on les trouvera. A la cave, il s’en passera le moins possible. Ça vous paraît le minimum garanti par Jean-Pierre Pernot ? Ces gens-là sont les derniers mohicans qui fuient les plaines productives pour les coteaux où la vigne peine. Ils vendangent manuellement quand le coût de la main d’œuvre a fait plier l’immense majorité du pays. Ils labourent et piochent quand la France s’affiche premier consommateur européen de pesticides. Ils balancent des hectolitres à l’égout plutôt que de se noyer dans la pharmacopée œnologique. Ça vous tire des larmes ? Faut pas pleurer comme ça. Je viens vous chanter la ballade des gens heureux. Chez ces gens-là, on n’envisage pas de faire son métier autrement que passionnément. Et c’est contagieux. Un pas dans leur univers et vous ne boirez plus jamais comme avant. Il faut parfois le faire de côté, prendre les chemins de traverses, lâcher les belles appellations aux vins dormants, oublier les repères qu’on vous a inculqué, fuir les autoroutes sécurisées, esquiver les vignes bétonnées, se perdre pour se retrouver.
Ce Carnet de Vignes est le fruit de longues années d’errances dans ces caves, de beaux jours à y travailler aussi, de grandes rencontres consignées dans une ribambelle de…carnets. En les ouvrant, la soif des vins de chacun revenait. En les rappelant, l’envie d’y retourner démangeait. Elle vous piquera.
Chargement...

