Lundi 16 juillet2012
Je ne sais pourquoi certaines fois, heureusement rares, je me dis dès le placement Ă table : « Mais P…! KĂ©no t’es vraiment trop c..! Tu le savais et tu as acceptĂ©!…Tu ne la ramènes pas, tu t’escamotes dès que possible en t’excusant de partir si tĂ´t mais tu te lèves Ă 4h et vieux comme t’es, tu ne le supportes plus, bla bla bla…. »
…. »Bon alors : RaphaĂ«l entre les deux AndrĂ©, Luc en face d’Alain et toi Philippe, ici Ă cĂ´tĂ© de moi!…. Comme mon petit bristol vous l’annonçait, je vous ai rĂ©uni ce soir pour que nous Ă©voquions le mystère de l’eau et subsĂ©quemment son concept inhĂ©rent : »S’il est soluble dans le vin, Dieu l’est-il dans l’eau? »….Et afin d’Ă©clairer nos esprits et pour ĂŞtre en osmose parfaite avec notre thème, nous allons accompagner notre vĂ©gĂ©tal repas d’une sĂ©lection d’eaux minĂ©rales! »…. Cela devait bien faire vingt minutes qu’Enthoven parlait, je voyais en surimpression apparaitre les mots-clĂ©s de son discours et je ne comprenais toujours rien. Pourtant Finkielkraut et Glucksmann avaient bien tentĂ© de me l’introduire mais dĂ©cidĂ©ment je n’arrivais pas Ă intĂ©grer ce concept. Bien trop gros pour un si petit QI. Ferry et Comte-Sponville atterrĂ©s se demandaient ouvertement ce que je faisais lĂ parmi eux. Puis l’image s’est brouillĂ©e, tout est devenu flou autour de moi, je changeais de monde, Ă mesure que leurs voix s’Ă©vanouissaient dans le nĂ©ant surgissait de ce brouhaha une voix qui me paraissait familière et amicale.

Il a souvent Ă©tĂ© dit par ceux qui ont vĂ©cu cette Ă©trange expĂ©rience que seule leur farouche envie de vivre les avait sauvĂ©s du nĂ©ant qui les appelait au bout de ce tunnel Ă©blouissant. Mon dĂ©sir de vivre fut, ce jour-lĂ , le plus fort. D’un filet tĂ©nu, la voix devint plus prĂ©cise et je finis par discerner quelques bribes significatives ou du moins suffisamment Ă©vocatrices pour que je revienne Ă la vie. Car il s’agit bien ici d’une expĂ©rience mystique Ă laquelle j’ai participĂ© bien malgrĂ© moi. Cette voix disait : »Philippe, rĂ©veille toi sinon t’auras pas de saint jacques Ă la crème et le jero de MĂ©mĂ© 90 est presque vide, alors tu arrĂŞtes ta sieste et tu te pointes Ă table! »
DĂ©cidĂ©ment on n’Ă©chappe pas Ă son destin et vouloir absolument se dĂ©marquer du commun des Ă©piciers en regardant exclusivement Arte ne me vaut rien.
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PubliĂ© dans Philippe Quesnot | 3 commentaires »