Archive pour mars 2009

Chacun cherche son Chave

samedi 28 mars2009

Boire du Chave à Venise et mourir. Le nirvana vinique tient à ses Hermitages mais le domaine mythique se nourrit seulement de l’humilité d’une famille. Pour vinifier heureux, vinifions cachés.

Ah les beaux coteaux du Rhône d’en haut ! Perchés comme des Hollywood, les noms des grandes maisons s’accrochent à l’adulée colline d’Hermitage. 130 hectares que le monde entier nous envie. Gérard et Jean-Louis Chave en ont un dixième. Ils n’y ont pas affiché leurs cinq lettres. Pour entrer en Chave, il faut prier, franchir le barrage de la patiente secrétaire qui passe son temps à excuser le patron trop sollicité et bien se rappeler du numéro dans la rue quand on a l’accréditation. (Moi, c’est fait, je peux raccrocher mon tablier.) Façade anonyme, petite caméra, sonnette, tremblement. La porte baille. Cartons, palettes, apaisement. Une vraie cour de vigneron. Même qu’il est encore au boulot et qu’on le surprend en petit tenue traditionnelle : polaire et chaussures de marche. Voilà Jean-Louis Chave tout entier, posé là, sans chronomètre ni portable pour brouiller les ondes. Le fluide, l’évidence, la limpidité qu’on avait goûtés et qu’il suffit maintenant d’écouter. Il tend le verre et amorce la descente au vin, sous terre, dans l’ombre pour en boire la lumière. Silence, Hermitage parle. On entend juste derrière la voix de son père, venu faire un tour de terroir avec le maire. Le fils pique la pipette dans les murs de barriques muettes. Couvercles immaculés. Le bois ne dit pas d’où il vient ni ce qu’il contient. Et le bois ne marque pas les pierres. Jean-Louis Chave sait leur place. Il la laisse à chacune. Argiles, silices, loess, pouding, granites vivent leur élevage en solitaire jusqu’à l’assemblage unitaire. « On construit le vin dans les fûts. On poursuit en foudre (plus grands volumes de bois) pour affiner les tanins s’ils en ont besoin. » Pas plus compliqué que ça. Au final, une cuvée de blanc et une cuvée de rouge dont on aura écarté « ce qui ne va pas ». Rien que ça. «  Mais on est Hermitage avant d’être Chave. Le vigneron fait partie d’une histoire. Il interprète un terroir et une origine selon des usages loyaux, locaux et constants. Autrefois, on ne parlait pas de qualité, mais de fidélité. » Le fin mot de l’appellation. Jean-Louis Chave était président de la sienne. Il avoue ne plus croire au système. « Plus la peine de se battre, tout est déjà joué. Mieux vaut cultiver son jardin. » Et la culture, même si c’est dur, reste la base du sien. « Le grand vin, c’est probablement celui du vigneron pauvre sur un petit terroir mais c’est aussi celui du vigneron riche parce qu’il peut se permettre de le valoriser. On fait un tel travail dans le vignoble que si on pouvait s’en passer, je le ferai pour épargner les gens. Ce qui ne serait pas juste, c’est qu’on ne pioche pas alors qu’on en a les moyens. Bien sûr qu’il faut être bio dehors, évidemment qu’il faut être naturel en cave. » La pipette égraine les jus non sulfités.chave Mais Jean-Louis Chave fuit le catalogue. « Ça me touche parce que je le vis. Je me surprends à apprécier des vins dans lesquels je reconnais des défauts, probablement par réaction à la standardisation. Mais je ne pourrais pas les livrer. Pour laisser faire, il faut un gros travail, une surveillance assidue, un contrôle absolu. Même si nous sommes proches du « sans-soufre », on s’en écarte pour rester fidèle au terroir. La question n’est pas « qui fait des vins natures ? » Mais « qui fait des vins vrais par rapport à une origine ? » » La maison réajuste gentiment à la mise en bouteille parce que la concentration et les élevages longs n’en demandent pas tant. « Nous sommes responsables du devenir du vin. La vérité est dans les vieilles bouteilles. » Et l’avenir dans la minéralité. « Sur cinquante ans, on a eu des moyennes de degrés autour de 12,5. Désormais c’est 14. Il n’y a que la minéralité qui tiendra le vin face au réchauffement. Même les Américains nous ramènent à ça, ils se lassent des grosses structures. On arrive sur des vins de cracheurs, nous aspirons à des vins de buveurs. C’est probablement aussi pour cela que le vin a du mal à s’accrocher à la cuisine. » Les Chaves côtoient les toques depuis des générations. Jean-Louis devine une scission. «  Mon père a connu l’époque des cuisiniers fascinés par le vin. Les deux sont montés en même temps mais aujourd’hui, il y a décalage. S’il n’y a pas le dialogue à table entre les mets et le vin, on en est réduits à faire des vins de dégustation. » Le grand vigneron d’Hermitage se dit seulement interprète et imagine le cuisinier créateur. La terre ramène à l’humilité. Mieux vaut la toucher.

Bruno SCAVO, mon Bon Sauveur

samedi 21 mars2009

Bon Sauveur, c’Ă©tait un institut psychiatrique Ă  Caen. Je ne sais si c’est valorisant en tout cas c’est une des formules idĂ©ales pour dĂ©finir mon ami Bruno SCAVO. scavo-chez-gourdon-882Bruno est sommelier dans un paradis fiscal proche de la frontière italienne, dont je tairai le nom afin de lui Ă©viter des problèmes avec les autoritĂ©s monĂ©gasques. Alors je sais, certains d’entre vous sont dĂ©jĂ  en train de faire la fine bouche en disant : ” Oui, Eeuuuh! Alors lĂ Ă Ă Ă eeeuh! Si maintenant il nous aborde le thème des copains sommeliers pour en arriver Ă  nous faire la promo des Bordeaux, on change de crèmerie !”. Je vous rĂ©pondrai, illico, que Bruno a la grande qualitĂ© de ne pas s’intĂ©resser qu’aux sempiternels Bordeaux et Bourgogne, et qu’en plus il y a des vignerons bordelais qui ont compris depuis longtemps qu’une approche “nature” de la culture de la vigne ne pouvait pas ĂŞtre pire que ce qu’ils voyaient autour d’eux. caramel-et-labarde-8871Lundi et mardi derniers, lâchement abandonnĂ© par un restaurateur que je pensais ĂŞtre un ami, qui a prĂ©fĂ©rĂ© un compagnon de dĂ©gustation, plus jeune et plus chauve, je suis parti avec Bruno au Salon de la Remise Ă  NĂ®mes, suivi des ToquĂ©s des Dentelles Ă  Jonquières pour finir le lendemain Ă  Avignon au Salon DĂ©couvertes en VallĂ©e du RhĂ´ne pour goĂ»ter les Chateuneuf du Pape et les Cairanne. DĂ©guster avec lui c’est apprendre, tout ce que je sens confusĂ©ment, il l’exprime simplement. Toujours chaleureusement accueilli par les vignerons, il m’a permis d’accĂ©der Ă  des crachoirs que je n’osais mĂŞme pas envisager.

Laurent CHARVIN et Bruno Ă  l'ombre d'un pied de vigne

Il remplit ses carnets Ă  spirales de notes trĂ©s dĂ©taillĂ©es avec les arĂ´mes perçus, le potentiel de garde, une note sur vingt, l’accord gastronomique que ce vin suggère, enfin tout comme moi sauf que je ne note pas, je mĂ©morise.

Quand un vigneron me demande d’un signe de tĂŞte ce que je pense de telle cuvĂ©e Ă  laquelle il semble trĂ©s attachĂ©, plutĂ´t que de le froisser en ne trouvant pas les mots qu’il attend je lance mon Ă©trange regard d’Ă©pagneul abandonnĂ© un quinze aoĂ»t vers Bruno qui a la dĂ©licatesse d’embrayer sur son analyse personnelle et de m’y associer. Quand je vous disais que Bruno SCAVO est mon Bon Sauveur.

Wenesday, sunny wenesday !

jeudi 19 mars2009

J’aurais du m’en douter Ă  voir la lueur d’Ă©nervĂ© au fond de ses yeux. L’arracheur de dents Ă©tait en forme. Quelques coups de hallebarde entre dents et gencives pour tester mon sens de l’amitiĂ©. “MĂŞme pas mal!” j’ai dit. “Bon, c’est pas le tout mais on va ĂŞtre en retard ! Tiens, regarde! j’ai pris une Confiance 97 de la Soumade, on verra bien comment cela a vieilli”. AprĂ©s un footing apĂ©ritif nous avons rejoint le restaurant distant d’une bonne centaine de mètres. Notre camarade n’ayant pas fini son service nous avons dĂ©goupillĂ© le Rasteau qui s’est rĂ©vĂ©lĂ© fruitĂ©, puissant et fort agrĂ©able. Ce garçon en avait encore sous le pied sans contest. mercredi-bloody-wenesday-016Le beau Mario, notre ami italien d’Albenga, n’a pas tardĂ©, suivi de près par Olivier. Olivier est protestant mais tendance franchement Calvin. On sent bien que pour lui Luther c’est pas du plaisir. Franck attaqua d’entrèe “On va commencer par du vrai vin, dit-il, en posant dĂ©licatement sur la table un Clos des Goillotes 2000 de PrieurĂ© Roch”. La claquasse d’entrèe de jeu. mercredi-bloody-wenesday-021-1Ah P***** j’en ai pas goĂ»tĂ© souvent mais Ă  chaque fois la mĂŞme sensation. C’est le printemps avant l’heure. Des arĂ´mes de vieilles roses, fleurs fânĂ©es presqu’entĂŞtantes et cette fluiditĂ©. Histoire d’en remettre une couche aux deux adeptes de grandes Ă©tiquettes, Franck envoya la deuxième lame avant que nos papilles ne se rĂ©tractent avec Clos des Corvèes 2004 du mĂŞme Henri FrĂ©dĂ©ric ROCH. Quelle piqure de rappel ! J’envisageais la fausse pâmoison afin de me faire humecter les lèvres avec les dernières gouttes que tout le monde convoitait du regard. Pas besoin de simuler, une Substance de SELOSSE annonçait son entrèe en gare. Que dire ? Que dire d’autre que ” Ah la V…..vraiment la vie est belle aujourd’hui” (Ne pas oublier de penser Ă  noter : voir si cela existe en magnum, en jĂ©roboam s’il le faut). mercredi-bloody-wenesday-0273Le soleil printanier, la bonne compagnie, l’enchainement Ă  la table parfait, tout nous poussait inconsciemment Ă  prolonger ces instants magiques. L’Ă©nervĂ© de la première heure lança, soudain : “J’ai les clĂ©s de la cave ! Ca vous dit ?” S’il le faut, mais seulement s’il le faut, nous irons avec toi Ă  la cave, tout de suite mais maintenant. Le trajet piĂ©tonnier dura un bon quart d’heure pendant lequel nous avons restructurĂ© l’INAO, vĂ´tĂ© les lois, promulguĂ© les dĂ©crets nĂ©cessaires pour contrer les gommeux de Bruxelles. “PQ qu’est-ce qui te ferait vraiment plaisir de boire?” Alors ça, c’est la question redoutable. mercredi-bloody-wenesday-031-1Moi je sais bien ce que j’aimerais boire et dont je n’ai bu qu’une gorgèe il y a fort longtemps, c’est Henri JAYER. La gorgĂ©e, c’Ă©tait Vosne-RomanĂ©e. Mais c’est pas de la quille Ă  deux euros que tu ouvres subrepticement sur un coin de table pour te rincer le carrelage de l’arrière-boutique. J’ai donc Ă©mis les sons nĂ©cessaires : ” Henri JAYER !”. ” Oh P….. ! C..! lui ! y’s’mouche pas avec le dos d’la cuiller ! JAYER, dis donc tu t’fais pas caguer ! CarrĂ©ment JAYER !” Pendant une minute j’ai presque regrettĂ© avoir formulĂ© mon voeu, mais pour qui connait bien le lascard, celĂ  fait partie du scĂ©nario. L’homme a quelque peu trainĂ© sa jeunesse pas loin de la Canebière et toute absence de cette sĂ©quence du film devrait ĂŞtre prise pour un signe avant-coureur de maladie grave. Un peu comme la scène de l’achat de la fausse barbe sur le marchĂ© dans La Vie de Brian des Monthy Python, tu ne peux pas simplement acheter, tu dois marchander. Eh bien lĂ  il faut absolument qu’il nous fasse le coup du coĂ»t. Moi j’aime bien, j’en rajoute, je lui dit que pour lui c’est que dalle, que c’est pas ça qui va desĂ©quilibrer son budget. Selon ma forme je peux aller jusqu’Ă  lui porter le fond de teint jusqu’Ă  pivoine violacĂ©e. Et lĂ , normalement, si j’ai Ă©tĂ© bon, j’ai le droit Ă  mon crĂ©do : “P….. de gaucho de M…., tu peux voter Ă  gauche!” Pour moi c’est comme une mĂ©daille de plus sur le plastron, ou une bougnette sur le ticheurte de Mimi, notre mannequin vedette, l’homme dont les mains ne sont faites qu’Ă  base de pouces de mains gauches. mercredi-bloody-wenesday-107” Bon allez ! On ouvre JAYER !” Ouverture respectueuse, carafage dĂ©licat opĂ©rĂ© de main de maitre par Bruno, super sommelier monĂ©gasque. La patience fut largement rĂ©compensĂ©e. Le pinot grandiose, suave, croquant de fruit, puissant, persistant, frais. Enfin tout ça pour vous dire que c’Ă©tait superbement bon. Le liquide annonçé par les Ă©tiquettes que m’avait envoyĂ©es Antoine ARENA, tant attendu, venait d’entrer Ă  jamais dans ma pauvre mĂ©moire. Nous n’en Ă©tions Ă  ce mĂ´ment prĂ©cis qu’Ă  la moitiĂ© de notre voyage. Je vous conterai la suite de cette aventure lors d’une autre veillĂ©e bachique.

Au sujet de la petite délinquence parisienne.

mercredi 11 mars2009

Tranquillement attablĂ©s, nous avons Ă©tĂ© violemment pris Ă  partie par cet Ă©nergumène qui s’est emparĂ© de notre plateau de fruits de mer au cri de “Fuck the shrimp!”. Il semblerait que ce personnage, bien connu des services de police, soit un Ă©minent reprĂ©sentant de ce mouvement alternatif prĂ´nant la bisexualitĂ©, qui a adoptĂ© la crevette rose pour emblème : “Pink Peace”.

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Les premiers secours nous ont Ă©tĂ© prodiguĂ©s sous forme d’une bouteille de champagne La Closerie, cuvĂ©e Les BĂ©guines de JĂ©rĂ´me PREVOST, une pure merveille 100% pineau meunier. JĂ©rĂ´me fait, malheureusement, partie de ces vignerons qui refusent tout net le magnum, le volume serait en inadĂ©quation avec la nature mĂŞme de son vin. Une autre version nous a Ă©tĂ© rapportĂ©e par une certaine S. A., habitant Cunault dans le 49, selon laquelle JĂ©rĂ´me dĂ©testerait porter les bouteilles Ă  bout de bras. Nous avons eu beau souligner l’aspect peu charitable de son humour, elle fit fi de notre remarque. “De mon humour, seul l’arĂ´me prĂ©vaut”. Diantre, quelle bougresse !

Alors LEFRED-THOURON, ce week-end ?

lundi 9 mars2009

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Fred de la Quincave

samedi 7 mars2009

La confraternitĂ© des gens de mer n’est pas un vain mot. La Quincave, 17 rue de BrĂ©a dans le VIeme , est un batiment de haute mer capable d’affronter les pires tempĂŞtes.quincave-184-9 A la barre Cap’tain FRED nous guide dans la tourmente, assistĂ© d’Emeline, subtil touche fĂ©minine indispensable qui permet au marin perdu de garder une lueur d’espoir en se noyant dans l’immensitĂ© de son tendre regard. emeline calvez la mignonne vigneronne-quincave-184-14Toto, fidèle moussaillon, ne rate jamais une occasion de venir Ă©couter Cap’tain FRED  raconter ses exploits passĂ©s et Ă  venir, Ă©voquer la mĂ©moire de ses anciens compagnons d’infortune, seuls, perdus en mer, obligĂ©s de s’hydrater avec des vins de mauvais nĂ©goce, toto-et-fred-quincave-184-10GREG le bordelais, dit Double Magnum Ă  cause de cette prothèse en verre, seul ustensile susceptible de venir combler l’absence de ce membre emportĂ© par un boulet ennemi,  MIMI la Bougnette au visage burinĂ© par les embruns de comptoir, PIERROT  le Barreau aussi Ă©pais que ses cigares, JACFE dit Garde-manger, aux mollets si charnus qu’il aurait pu assurer deux jours de pitance Ă  la chiourme, Le FRED dit LE Quintal, la terreur des bascules, capable d’essuyer un jĂ©roboam de gamay tout en jouant de la mandoline avec Mademoiselle Anosporum. Que de voyages passĂ©s sur ce bout de trottoir, trois mètres carrĂ©s de bitume pour tout tapis volant, l’immobilitĂ© comme un art. quincave-184-11Avec Cap’tain FRED, ce jour-lĂ , c’Ă©tait escapade dans les chenins de traverse. Nous avons dĂ©butĂ© par “You are So Happy” de la Maison Gaubicher et Chaussard pour finir par la rebaptiser “You are So Vide”. Qui dira la souffrance des marins en bordĂ©e.

Yves GOT : du Baron Noir au Ballon d’Rouge.

mercredi 4 mars2009

Trente ans sans se revoir, me reconnaitra-t-il ? Nice 1978, nous Ă©tions dĂ©ja jeunes et beaux. Yves dĂ©dicaçait le volume II du Baron Noir. Les aventures du majestueux volatile paraissaient dans le Matin de Paris, quotidien aujourd’hui disparu. Il tenait la partie dessin, celle du scĂ©nario revenant à RenĂ© PETILLON. Cette bande dessinĂ©e ayant toujours fait partie de mon PanthĂ©on, j’avais rendez-vous pour lui arracher un stripe ou une planche. Pu…unaise!!! six Ă©tages sans ascenseur, les retrouvailles s’annoncent mal. Pour survivre à une telle altitude l’homme a dĂ» conserver des aptitudes physiques exceptionnelles. VĂ©lo, marche, silhouette svelte, un peu le Michel TOLMER de l’Ă©tape, ce genre de personnage qui ingurgite de prĂ©fĂ©rence surtout de tout, mais en grande quantitĂ© et ne prend pas un gramme. Le voyage est tellement long que j’ai le temps de l’imaginer, mais une fois vautrĂ© sur le palier du sixième c’est la vieille fan de BD frĂ©missante qui frappe à l’huis de son logis. Je m’abstiens de lui infliger ma blague favorite et trĂ©s pointue, Ă  n’utiliser qu’avec les personnes rencontrĂ©es pour la deuxième fois, aprĂ©s un grand laps de temps, qui consiste Ă  entâmer la conversation par un joyeux : “Salut …, c’est encore moi !”. Dommage, je l’aime bien. A peine le temps de reprendre mon souffle qu’Yves nous ouvre la porte. Simple et chaleureux la discussion dĂ©marre par un Montlouis pĂ©tillant de Damien DELECHENAUX. L’ami Michel Tolmer, conseiller image et liquide de GLOUGUEULE, discute technique picturale avec Yves pendant que je fouille dans le tas d’originaux Ă  la recherche du stripe idĂ©al. Celui sur lequel figureront le Baron Noir et un mouton, mais surtout qui pourra encore m’Ă©mouvoir dans quelques annèes par son graphisme et l’humour de ces trois cases. AprĂ©s quelques centaines d’hĂ©sitations j’arrĂŞte mon choix, je crois avoir trouvĂ© LE stripe qui illustre le mieux le Baron Noir. De toute manière il est trop tard, nous avons rendez-vous dans dix minutes au Baratin qui se trouve Ă  une portĂ©e de fusil…………….