Archive pour juin 2009

Scandale à Chateau Moulin Pey-Labrie

samedi 27 juin2009

Je savais qu’il ne fallait pas trop trainer, l’événement étant d’importance nous retrouverions toute la fine fleur de la vinothérapie naturelle. En 2007 Grégoire et Bénédicte m’avaient réservé une des chambres les plus recherchées, à deux pas de la dégustation, le soir venu carrément sur la piste de danse. Des malfaisants ont colporté qu’il s’agissait plutôt d’une volonté de m’éloigner afin que les autres puissent dormir, qu’il ne fallait pas prolonger les décibels qui font se trémousser par ceux qui empêchent de se reposer. pey-labrie-111Je rappellerai que le seul document en leur possession sur lequel figure le vague chiffre de 85 quelque chose date de plusieurs années et qu’aucun lien formel entre cet homonyme parfait et moi n’a pu être établi. Toujours est-il que lorsque j’ai voulu réintégrer cette chambre samedi dernier, celle-ci était occupée. Renseignements pris il se serait agi d’un certain Vincent CANTIE, vigneron copropriétaire du Domaine de la Tour Vieille à Collioures.chateau-moulin-pey-labrie-2009-016 Ses cheveux blancs ont plaidé pour lui, je me suis dit qu’il n’aurait pas été chrétien de déplacer ce vieux monsieur qui avait déjà pris ses repères pour les nuits à venir. Trois jours à le cotoyer m’auront appris à mieux le connaitre, tout d’abord qu’il était plus jeune que moi de deux ans (j’oublie trop souvent que la nature m’a dôté d’un physique avantageux), sa compagnie s’est révélée fort agréable particulièrement à l’heure du cigare quand il nous fit déguster ses excellents banyuls. J’en vins même à regretter la séparation. Et c’est à cet instant que j’ai compris pourquoi je n’avais aucune chance dés le départ de récupérer cette chambre, sur son gilet étaient brodées ses armoiries sur lesquelles j’ai pu lire sa devise “CANTIE t’y restes”.

Ras le goulet

mardi 23 juin2009

passage-aJ’ai parmi mes amis un homme fort sage qui a choisi sa tannière sous un angle hautement stratégique. Son nid douillet est sis au milieu d’un passage qui ne peut tolérer la médiocrité et implique, subséquemment, la prouesse au quotidien. Velocyclopédiste dans l’âme, il a choisi sa monture à la force de l’encolure, guidon plat de 55cm d’envergure maximum était le critère de sélection pour l’étalon. Afin de rejoindre la civilisation notre ami doit emprûnter soit le passage de 65cm de large, que nous appellerons A, soit celui de 80cm que nous dénommerons “Soir de Tempête”. Nul souci à l’aller. Ce qui lui tourneboulle la rectilignité bicyclédique ce sont ces séances impromptues dans ses cafés philosophiques. Expert d’envergure, notre ami est sans cesse sollicité pour passage-bdonner son avis sur tel ou tel millésime, cuvée, ou vigneron. Ne voulant, au grand jamais décevoir son auditoire il  se sent obligé de répondre à ces attentes. A-t-il un doute qu’il renouvellera la dégustation, la perception infime d’un arôme liégeux en fin de bouteille, il en fera ouvrir une seconde. Heureusement sa société de service : “SOS Bouteille à Boire” rencontrant un énorme succés, au dela de ses espérances, sera sans nul doute sa planche de salut. Son voisin, excédé par le bruit que ferait chaque nuit un individu avec une tige qu’il pense être de métal et que celui-ci frotterait consciencieusement sur toute la longueur de son mur et même sur sa porte, a décidé de vendre sa maison. Aux dernières nouvelles notre ami envisagerait, outre l’achat de la maison, l’élargissement du passage B d’un demi-guidon.

De la bougnette condidérée comme un art majeur.

jeudi 18 juin2009

13-06-2009-0041Une récente visite chez Mimi, notre mannequin vedette, m’a permis de constater à quel point cet homme remarquable maitrisait l’art du camouflage. Installez-vous en bout de table, à l’affût, et rapidement vous le verrez disparaitre dans le paysage culinaire. Justement ce jour là  il nous avait mitonné sardines à l’escabèche et une 13-06-2009-013daube de poulpe, animal marin qui, à son image, possède cette capacité à se fondre dans le décor. Il avait choisi son polo préféré “Tu peux r’boire”, choix judicieux, accord parfait tonal avec sa couperose Made in Normandie. On préparera la surface dès l’apéritif avec une sous couche de vin effervescent, puis une première couche de sauce, trés importante car fondatrice et seule garantie pour la stabilité dans le temps des vraies taches, ensuite on alternera par quantités, si possible, égales liquides et solides. Et, à l’image des Stradivarius, le secret de la patine résidera 13-06-2009-027entiérement dans la qualité des cigares dont on prendra soin d’en bien répartir les cendres sur les zones à lustrer.13-06-2009-029 On fixera le tout à la bave de boxer, seule reconnue par la faculté. Mais le seul signe qui vous permettra de passer pour un expert, la signature de Mimi, le secret génial qui le rattachera à tout jamais à l’histoire universelle de la bougnette c’est la goutte de Calvados qui donne cette touche inimitable, ce léger fumet qui le distingue des autres productions, mineures pour la plupart. Longue vie à toi, Mimi, notre Inés de la Fressange, à nous.

Synchrobuvologie – Parte Tou

dimanche 14 juin2009

nancy-anniv-lucile-056La deuxième journèe Monsieur Fred me l’avait vendue sur plan :  Diégo vient nous rejoindre puis nous filons en Opel Rekord jusqu’au studio du Guillaume. (REKORD et non Kadett comme je l’avais affirmé dans le premier tôme de cette saga, je tiens à rectifier car je fus vertement tancé par le propriétaire de l’auguste véhicule). Là, je participe en tant que guest tare au roman photo de cette célèbre revue de bandes dessinées. Je dois reconnaitre que cela me fait briller l’égo et qu’il m’arrive un phénomène que l’on pourrait assimilerantoine109 à un vague début d’érection. Retour au bercail, préparation des destriers de métal qui nous transporteront jusqu’au lieu de notre rendez-vous. Equilibrage savant des sacoches, sachant qu’un magnum vaut deux bouteilles et que chaque sacoche a un volume de 3.5 litres, quelle sera la différence de pression des pneus entre l’aller et le retour ? Grâce aux commentaires pendant la traversée cyclopédique de Nancy  je sais, si je me perds, qu’il faut à partir du pâtissier, qui est un des meilleurs, aller tout droit jusqu’au boucher qui est top et fait des saucisses à tomber, rejoindre l’excccccccellent boulanger, de là tu es à deux pas de la maison.nancy-anniv-lucile-090 Nous arrivons comme prévu à la fin du service, Yves est vite rejoint par l’Alex, propriétaire du lieu de perdition l’Echanson, suivi de peu par le couple SCHUELLER, vignerons aux pieds alsaciens à tête méditerranéenne. Et à partir de là Monsieur le Commissaire je ne me souviens plus de tout. Je sais que le premier à avoir dégainé c’est Yves avec un couple de bouteilles slovènes, un blanc, un rouge. Je me souviens que c’était Cotar le nom puisque nous nous sommes demandés s’il s’agissait du célèbre abbé qui se serait reconverti. Ensuite Alex a sorti une vieille cuvèe d’OSTERTAG qu’il nous a faite goûter à l’aveugle. Gérard a dégoupillé ses échantillons du millésime et quelques quilles de riesling. gerard-schueller-083Entre temps Antoine, propriétaire de ce magnifique endroit qu’est ” Au Grand Sérieux”, nous avait servi un carpaccio de bœuf pour homme qui m’a bousculé les papilles. Tout ce que j’aime était là dans mon assiette. Le goût et l’odeur, la complexité des arômes et leur persistance, l’aspect, la quantité. Savoir que vous allez vous délecter et longtemps, en plus. J’aime. J’ai rendu mon assiette avec un sans faute, pas une trace. Dire que j’ai aimé cette entrée est peu dire. Deuxième acte : queue et joue de boeuf en cocotte accompagné de légumes croquants, petites pommes de terre nouvelles au beurre, sauce moutarde. Là j’ai tendu l’autre joue.  A cet instant Monsieur le Commissaire je me suis dit qu’il était l’heure de régler nos comptes et j’ai sorti le magnum d’Ultime 2003 d’Yvon, ils n’ont pas fait un pli. Plus nous en buvions, meilleur c’était et à ce jeu le redoutable la-belle-gamelle-101Nancéen n’a pas son pareil. Heureusement la sacoche renfermait une autre surprise, une Sagesse 2001 de Michèle AUBERY qui nous a permis de faire la transition avec le dessert. Antoine nous avait préparé des fraises, mais pas que, avec une pointe de menthe fraiche sur lesquelles Gérard nous a ouvert sa bulle “Naturellement Refusé”. Puis est venue l’heure de nous séparer, mais déjà je savais que ce repas comptait parmi les plus intenses. Antoine, si tu lis ces lignes sache l’étendue de ma gratitude pour ce fabuleux repas, pour renouveler un tel plaisir je serai capable de vilénies.

Juste dis-le !le-grand-serieux085-1

Les démaquiseurs du Nebbio

mardi 9 juin2009


Il faut parfois traverser la mer pour retrouver la terre. La Méditerranée a longtemps materné l’île Corse. En son cœur, les remparts de montagnes couvent le jardin du Nebbio. Là, le cliché azuré berce d’illusions mais quelques consciences s’animent pour exhumer le patrimoine afin d’ y garder les vivants.

Le bateau accoste. Bastia s’éveille. Ses plus vieux habitants se postent dans l’enfilade des terrasses de bistrot. Seuls, ils scrutent. Groupés, ils s’apostrophent et se raillent affectueusement. « Dépêche-toi de partir qu’on dise du mal de toi. » Des yeux plissés perce toujours la lumière. Les rides s’en échappent comme des rayons de soleil. Les Corse sont beaux. Des marins latins mâtinés de montagnards. Un ancien gardien de phare raconte la solitude, la peine des absents que les guerres ont pris, l’isolement des reliefs, la mer qui ne pardonne pas, la force de l’île, les travers de ses patriotes. « Il ne faut pas écouter la haine. Moi je suis Corse et Français. Où c’est que je bois, je crache pas. » Les Corses ne demandent qu’à parler. Ils soufrent des bruits qui parviennent au continent. Leur île dit bien autre chose…

Patrimonio,terroir en vue (suite…)

Synchrobuvologie – Parte Ouane

mercredi 3 juin2009

nancy-anniv-lucile-003Lucile, ma fille chérie, plus belle des filles de leur papa du monde, s’est retrouvée convoquée à Nancy le jour même de ses 20 ans pour passer un concours. Nous ne pouvions à la fois la laisser affronter ce double stress, le concours et la bascule irrémédiable dans le troisième âge. Père attentionné et dévoué je l’ai donc accompagnée. Un mail puis un coup de fil à l’antenne locale de Glougueule, je savais que nous serions accueillis entre de bonnes mains. Premier jour : houiteures de train, arrivée 18h. Au môment de charger la valise diplomatique dans le coffre de son Opel Kadett l’ami Fred faillit se démettre l’épaule. Deux magnums, neuf bouteilles, une brosse à dents et un slip propre, sur les conseilsnancy-anniv-lucile-011 de ma grand-mère. En préambule nous avons baptisé la cave de cette nouvelle maison avec Substance d’Anselme SELOSSE dégorgée en 2004, sur mon carnet de dégustation j’ai noté : *** Ah la V…, P… ce que c’est bon !!! . A table, juste aprés le benedicite, apéro avec de jolies bulles de Jacky BLOT de La Taille aux Loups, puis nos filles étant nées en 89 Domaine de Mont Redon qui s’est avéré magnifique au fil du temps, les Rouannières 95 du Chateau Pierre Bise sur la tarte. Fin de la Parte Ouane.