Archive pour mai 2010

Les deux rondelles sont de retour *

vendredi 21 mai2010

Avec le printemps reviennent les hirondelles. Au premier coup d’œil les experts d’entre vous auront reconnu, chez nos deux spécimens, un magnifique couple d’origine africaine(les européennes sont plus menues et surtout inaptes au transport de lourdes charges).  Le poids, l’envergure, le plumage rayé du mâle, les lunettes fumées de la femelle qui masque ainsi les traces des nombreux assauts subis à la sortie de l’hiver et surtout la taille de la noix de coco, de la demi-coque devrai-je dire, sont des signes qui ne trompent pas. Dans l’immensité du port de La Napoule, tels les manchots empereurs sur la banquise, elles reconnaissent leur nid à l’odeur. Seule  Galinette, leur gourbi flottant, développe des vapeurs de gasoil et d’huile savamment combinées que l’on pourrait définir de persistantes. La femelle n’ayant pas toujours l’humeur à la gaudriole, il devra la jouer fine. Afin de la séduire tous les subterfuges sont bons, mais le mâle de cette variété utilise ce que les ornithologues appellent la technique du leurre. Le principe en est simple. Afin de parvenir à ses fins le mâle se doit d’offrir à la femelle un présent d’une telle beauté qu’il la fera tomber en pâmoison, lui  laissant ainsi le temps de la besogner sauvagement avant qu’elle ne se rende compte de la duperie. Dans le cas présent nul besoin de se compliquer la tâche, le chemin le plus court pour parvenir au cœur de la jouvencelle passe par l’estomac. Une tranche de jambon, un bout de pain et surtout une ou deux belles bouteilles. La donzelle ne se laisse plus culbuter facilement pour un verre de Valfruité ou de Margnat Villages, madame exige en ce moment de l’Ultime 2005 mais se laissera, néanmoins basculer sur le côté pour un joli blanc frais de Loire ou un mauzac nature du gaillacois. Pour le grand jeu prévoyez de la Mémé dans un beau millésime. Si par hasard il vous restait par devers vous une bouteille de cette merveille de 1990 je suis sûr que vous pourriez lui suggérer d’inviter sa sœur.

* Rappelons qu’il faut trois couples pour valider l’arrivée du printemps. Ce qui doit faire approximativement six individus.

Sometimes I feel like a motherless child.

samedi 15 mai2010

C’est le rouge aux joues et la honte au front, tel le père du Petit Poucet, que je me rends tard le soir au container de mon quartier. Et pourtant je ne devrais pas culpabiliser car tout ça c’est un peu pour la fin de mon avenir. Si plus tard j’ai un meilleur cancer ce sera grâce au verre fourni durant toute ma carrière qui aura permis à la recherche de progresser et donc de m’assurer une fin de vie plus agréable.

“Je bois bien pour mourir mieux” tel est mon adage.

Malgré ça je ne me résous que difficilement à la séparation. Je les range dans un placard et attends qu’elles soient suffisamment nombreuses pour les évacuer. Durant le trajet je leur parle car des bouteilles stressées fournissent une mauvaise matière première et se réincarnent en verres qui échappent.

Et un verre qui casse est un mauvais présage, souvent annonciateur de visite impromptue de belle-mère ou de projet de vacances incontournables dans le

Maine et Loire.

Gasp !

Very goude tripe!

jeudi 6 mai2010

La judicieuse Sabine des Editions de l’Epure a eu l’idée lumineuse d’entremettre sur papier une de nos triplettes préférées.

Sébastien Lapaque est aux mots.

Yves Camdeborde au bout de la queue des casseroles.

Et voilà notre Michel Tolmer aux couleurs! D’un jet d’encre brune, il recadre les grands hommes de lettres, les affuble parfois de litres, les macules de sang coupable, les chausse de pied de porcs… On arrache les tétines à la vache, les yeux au veau, le groin au cochon, la langue au boeuf… mais l’appétit n’en pâtit pas et l’âme n’est pas un abat.

Des Tripes et des Lettres, éditions de l’épure- 20€