Archive pour janvier 2011

En Dive Brézé…

mercredi 19 janvier2011

Au soleil,

sans la pluie,

à midi ou à minuit,

il y a tout ce que vous buvez au château de Brézé!

Tu m’as dit : “j’ai rendez-vous, dans un sous-sol, avec des fous, qui vivent la bouteille à la main, du soir au matin”

Alors je t’ai accompagné, on a chanté, on a dansé… (suite…)

Le Duc des longs bars – Part 3

mardi 18 janvier2011

Ce qui est fascinant (ou franchement horripilant), chez Ponpon, c’est l’étendue de son érudition dans un très grand nombre de domaines, le vin bien sûr, dans tous ses aspects y compris la pratique* mais aussi la cuisine, l’agriculture, la botanique, la géographie, l’histoire,  l’architecture encore plus particulièrement (en incluant tous les métiers de l’artisanat qui y sont associés, mais aussi ceux qui ne le sont pas), le design, le mobilier, la musique, la haute fidélité…bon, j’arrête l’énumération, mais disons qu’à notre connaissance, il est TOTALEMENT ignare dans les domaines suivants :

1) Les dynasties bagratides d’Arménie (par exemple, il ignore totalement les dates du règne de l’anti-roi Ashot le Sparapet, fils de Chapouh, le frère de Smbat 1er : 914 – 920)

2) Il a de très grosses lacunes en médecine ayurvédique, demandez-lui d’énoncer les 3 dosha** dans la doctrine de l’Ayurveda et il fera moins le malin.

Pour le reste, évitez en sa présence de tenter de vous faire mousser auprès d’une femme par l’étalage de vos connaissances, il risque d’en souligner cruellement les limites, bilan, vous passerez pour un cuistre. Et les femmes savent écarter les cuistres.

Comment une telle somme de savoir peut-elle loger dans un espace aussi réduit que celui qui sépare ses deux oreilles, c’est un mystère. Mais cette exceptionnelle capacité à accumuler les connaissances est à rapprocher d’une autre caractéristique de Ponpon : sa capacité à se mettre dans le cornet des quantités de raisin fermenté étonnantes pour un mec gaulé comme un coureur de demi-fond, sans donner le moindre signe de faiblesse.

D’où cette hypothèse : il existerait peut-être une corrélation directe et scientifiquement démontrable entre la soif d’apprendre et la soif tout court, entre la picole et l’école! Conclusion : allez plus au bistrot, vous deviendrez plus savant!

In vino veritas!

* Actuellement, Ponpon est complice en vinifs saumuroises de Sébastien Bobinet et Laurent Lebled.  Et si vous croisez une bouteille de saumur blanc Château Yvonne 2004, cédez-lui la priorité, vous ne le regretterez pas.

** Vata (vent/esprit/air), Pitta (feu/bile), Kapha (terre/eau/mucus)

Le Duc des longs bars – Part 2

samedi 15 janvier2011

Attardons-nous un peu sur le cas remarquable que constitue Ponpon, que nous n’avons fait jusqu’à présent qu’effleurer superficiellement.

Comme le prouve la photo ci-dessous, Ponpon a été doté par la nature de certains organes plus développés que la moyenne, à l’aide desquels il est en mesure de détecter très finement la moindre trace de connerie dans son entourage.

Opérant avec la sensibilité des plus puissants radio-télescopes qui fouillent l’Univers à la recherche de signaux de vie extra-terrestre,  ces organes ont en revanche beaucoup plus de succès et rapportent quotidiennement une vraie moisson de résultats.

Dès qu’un signal de connerie est capté, un sourire sardonique s’affiche sur son visage, précédant le verdict : “Ah ben tiens, encore une belle tête de con, celui-là!”. Et on sent quelque chose comme la satisfaction du pêcheur ligérien qui sort de l’eau un sandre de belle taille.

Néanmoins, cette allergie à la connerie lui est manifestement pénible malgré son dévouement à la recherche scientifique. Elle peut également rendre légèrement nerveux ceux qui l’approchent. En effet, qui peut s’en croire tout à fait exempt, même à l’état de traces? De même que le vigneron sans soufre le plus puriste se doit d’afficher sur ses bouteilles la mention “sans sulfites ajoutés”, nul ne peut affirmer à l’avance qu’il saura passer l’épreuve d’un détecteur aussi fin.

En ce qui me concerne, je crains de l’avoir plus d’une fois exposé à des doses massives, mais il a presque toujours eu la charité d’attendre pour réagir que je sois parti pisser. N’empêche, Ponpon, c’est quand même une belle langue de pute!

Le Duc des longs bars – Part 1

samedi 8 janvier2011

S’il existait un Prix Nobel de Bistrologie, le jury n’aurait pas l’ombre d’une hésitation. Hélas, l’Académie suédoise se cantonne à des domaines subalternes comme la médecine ou la physique, ignorant, les pauvres, à quels sommets un homme comme Bernard Pontonnier, dit Ponpon, a pu porter cette discipline à la fois sportive (lever de coude), sociale et culturelle. Ah les cons! Le Georges Charpak du comptoir, le Pierre-Gilles De Gennes du limonadier, l’Albert Schweitzer de la cuite, ils le méconnaissent!

Jeunes gens qui insouciamment biberonnez des boissons naturellement fermentées, vous ignorez tout ce que vous devez à Ponpon, et d’ailleurs il ne tiendrait pas particulièrement à ce que vous le sussiez. Le vin avant Ponpon, c’est un monde qu’on a du mal à se figurer, mais essayons quand même, pour cela, il faut remonter au Haut Moyen-Âge :

A la fin de l’Empire romain, le vignoble passe aux mains des moines. Mais l’un d’eux, Ponponus,  décide de faire sécession. Il ouvre sur la Montagne Sainte Geneviève, lieu sacré s’il en est, un petit débit de boisson, le Novum Pretorium (qu’aujourd’hui on traduirait par Nouvelle Mairie), petit par la taille, mais considérable par la quantité, et encore bien plus par la qualité des boissons qui y coulent. Ponponus parcourt la Gaule à la recherche des meilleurs pinards, encourage les vignerons à mettre en bouteille plutôt qu’à livrer des pièces de vin qu’il faut protéger par une adjonction massive de soufre, comme c’était l’usage en ces temps anciens dans les bistrots de Lutèce. Ses explorations privilégient les appellations peu reconnues : Loire (si vous voulez l’énerver, parlez-lui de “petits vins de Loire”), Rhône ou Beaujolais, où il commerce avec Jules Chauvet. Et derrière le comptoir, ses clients et potes s’appellent Bob Giraud ou Roland Topor.

Ses talents exceptionnels de gestionnaire (n’oublions pas qu’il est titulaire d’un MBA*) lui permettent de fermer assez rapidement le Café de la Nouvelle Mairie et de passer à d’autres aventures, qu’il n’acceptera de vous narrer que de vive voix, si une nuit vous le croisez au comptoir du Baratin. Fervent partisan de la tradition orale, authentique griot de bistrot, il oppose une fin de non-recevoir à ceux qui souhaiteraient l’entraîner vers l’écrit.

D’ailleurs, en dehors de ses qualifications bistrologiques, Ponpon fait plus que se distinguer dans l’exercice de la Langue De Pute, c’est même un Grand Maître de dimension internationale, qui mériterait de se voir décerner quelque chose comme la médaille Fields de la LDP. Si vous vous trouvez à table avec lui, évitez de vous absenter pour aller pisser, vous risqueriez de le regretter…

*Meilleure Biture de l’Année

Meilleurs voeux aux femmes et aux hommes de glou

samedi 1 janvier2011