Archive pour décembre 2014

A force, est-ce que Bach agace ?

jeudi 25 décembre2014

En ce jour de NoĂ«l, je vous conseille sans retenue l’Ă©coute prolongĂ©e et rĂ©pĂ©titive de ce Jean-SĂ©bastien Bach interprĂ©tĂ© par Les Basses RĂ©unies, dirigĂ©es par Bruno Cocset. Une merveille que j’Ă©coute en boucle depuis plusieurs semaines dĂ©jĂ  et dont je n’arrive pas Ă  me lasser. Cet Ă©trange phĂ©nomène d’accoutumance musicale ne m’est arrivĂ© que peu de fois par le passĂ© et pour chacun d’eux j’en ai fixĂ© l’instant par l’image du lieu oĂą je me trouvais.

Une merveille pour Noël.

Bruno Cocset et Les Basses Réunies interprètent J-S Bach

En 68, planquĂ© sous les draps pour ne pas me faire piquer pour le pion j’Ă©coute le Pop-Club de JosĂ© Artur, le plombier de Sheffield, Joe Cocker, me met un petit coup derrière la cafetière avec “With a little help from my friends”. James Marshall Hendrix va me claquer le beignet dans la foulĂ©e puis ce sera “Portrait of a romantic” de John Surman qui m’obligera Ă  garer ma voiture sur le bord de la route et ouvrir toutes grandes mes oreilles. Et lĂ , voilĂ  ce CD N° 139 Ă©ditĂ© chez Alpha, que j’emprunte un peu au pif, un vieux fan Ă©coute automatiquement toute production de ses idoles, je pose la galette dans le bousin et m’installe bien dans l’axe, seul Ă  la maison j’ai mis Ă  feu moyen histoire d’en profiter. Bien m’en a pris, l’orgue d’entrĂ©e t’envahit les tripes, suivent contrebasse et alto pour un trio mĂ©lodieux et lancinant, entĂŞtant, magique. La programmation de ce CD est judicieuse, alternant chorals, sonates et trio. Indispensable je vous dis, Ă  mettre entre toutes les mains. Quel lien avec le vin me demanderez-vous? Et bien, très bonne question, comme le cigare voici un complĂ©ment qui ne fera qu’ajouter Ă  votre plaisir, car le gĂ©nie de cette galette est bien que l’on peut boire de tout en l’Ă©coutant. J’ai essayĂ© les bulles, facile, les blancs se laissent entrainer dans le tourbillon, les rouges s’y retrouvent très bien Ă  table. Mais ce que j’ai prĂ©fĂ©rĂ©, c’est alangui dans le vieux fauteuil de la terrasse, face aux rayons d’hiver, un Bolivar d’un cĂ´tĂ© et le Vin de MĂ©ditation de l’autre pour Ă©quilibrer. Instants de bĂ©atitude parfaits, personne ne bouge, j’attends le 31.

 

SĂ©lection de Groins Nobles Ă  La Cartonnerie.

lundi 15 décembre2014

En dĂ©cembre 2013, sous la houlette de Charlotte SĂ©nat avait lieu Ă  La Cartonnerie de notre belle Capitale Française un salon rĂ©unissant un joli bouquet de vignerons tendance “Nature”. RĂ©mi Dazin aux manettes de l’engin photographique, Michel Tolmer au racolage dans les travĂ©es et votre serviteur au hochet pour faire sourire le captif au moment oĂą l’oiseau mort sort de la boite.

Sur la toile Emrys.

lundi 1 décembre2014

VoilĂ  des gens, que sais-je, des jeunes je crois, qui par le truchement de la boite Ă  lettres Glougueule sollicitaient notre conseil d’expert. Ils souhaitaient que nous leur donnions notre avis sur leur vin. Dans un premier temps, je tentais de les dissuader d’investir dans une aventure aussi hasardeuse, car qui nous connait un tant soit peu sait Ă  quoi s’en tenir sur nos qualitĂ©s de fins dĂ©gustateurs. MalgrĂ© cela j’ai reçu deux bouteilles de Emrys cuvĂ©e Hocus 2013, juste accompagnĂ©es d’une photocopie retraçant histoire et technique du domaine. Pas un mot, pas de numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone, pas de trace dans les pages jaunes et blanches.

LA quille de Drutti et Gonzales

Hocus 2013 la cuvée de Driutti et Gonzales, vignerons mystérieux du Domaine Emrys .

Question immĂ©diate : “De quoi t’est-ce qu’il s’agit?” Sont-ce de joyeux drilles qui auraient dĂ©cidĂ© de se moquer en crĂ©ant tout spĂ©cialement pour Glougueule un vin fait de fonds de crachoirs ou une nouvelle approche du monde de la publicitĂ©. Se faire connaitre en ne disant rien, ne donner aucun indice, avais-je Ă  faire Ă  un fils de SĂ©guĂ©la? Et puis deux bouteilles? Je serais censĂ© en envoyer une Ă  mon compère parisien? Imaginez qu’Ă  la dĂ©gustation j’aie un doute, un vague liège, un goĂ»t dĂ©viant. Que fais-je, si je me suis sĂ©parĂ© de la jumelle? Pire, imaginez que cela soit bon, mĂŞme très bon, voire excellent et lĂ  ce serait la version crapaud-buffle avec option nĹ“ud papillon. Vous vous ĂŞtes rĂ©galĂ©s, vous avez Ă©tĂ© Ă©tonnĂ©s. Vous avez choisi un jour oĂą vous vous trouviez dans un bar Ă  vins entourĂ© d’un ami vigneron Corse venu vous livrer quelques cartons, du tenancier connu, outre par son appendice nasal et sa calvitie, par ses compĂ©tences indĂ©niables de goĂ»teur et d’autres attirĂ©s lĂ  par l’odeur du niellucciu frais. Ouverte sans cĂ©rĂ©monial, j’ai irriguĂ© mes camarades de ce vin sans mot dire. Chacun a relevĂ© le nez et nous sommes tombĂ©s d’accord pour dire que c’Ă©tait bon, après un certain temps d’ouverture cela aurait mĂŞme pu ĂŞtre excellent, mais nous avons oubliĂ© de lui en laisser le temps. Donc bravo Jean François et consorts, ce vin m’a emballĂ©, je dois mĂŞme reconnaitre en ce jour du seigneur, avant vĂŞpres et avouer mon lot de pĂ©chĂ©s de la semaine que j’y ai pris du plaisir et peut-ĂŞtre plus que je n’aurais dĂ» mais maintenant la plaisanterie assez durĂ©. Comment fais-je pour en obtenir quelques bouteilles? Sachez que tant que je n’aurai pas de rĂ©ponse je resterai avec mon tire-bouchon posĂ© sur le goulot de la survivante qui ne sera transfĂ©rĂ©e vers la capitale chez Monsieur Tolmer qu’Ă  rĂ©ception d’une rĂ©ponse concrète avec date de livraison dument enregistrĂ©e par un agent assermentĂ©. Non mais faudrait pas croire que l’on peut me mettre la bave aux lèvres sans en subir les consĂ©quences. Non je n’ai pas changĂ©, j’ai juste modifiĂ© mon champ d’investigation, les bouteilles courent moins vite et ne s’enfuient pas en criant.