Archive pour la catégorie ‘Philippe Quesnot’

Tout Glougueule à Paris

mercredi 4 juillet2018

 

Mylène Pratt Maroquinerie – 14 Rue Duguerry – 75011 Paris

Grande nouvelle : désormais nos abonnés parisiens pourront se procurer directement et à un prix vegan, puisque sans porc – huhuhu ! – la plupart* des produits iconiques qui ont fait notre renommée au-delà du périphérique et plus loin encore : l’intégralité de nos affiches ainsi que la collection complète de nos œuvres littéraires au 14 rue Deguerry dans le XIème chez Mylène PRATT Maroquinerie. L’Atelier-Boutique est ouvert du mardi au samedi de 12h à 19h sans interruption mais il est toujours préférable de téléphoner auparavant afin de s’assurer de la présence de notre amie.

MYLENE PRATT MAROQUINERIE – 14 Rue Deguerry – 75011 Paris – tél : 06 16 85 56 41

* Sauf les t-shirts qui se commandent sur le site. Paiement sur place par chèque ou espèces, ou pré-commande par paypal sur le site + retrait à Paris

Laguiole de l’autre.

lundi 14 mai2018

Était-ce le tressaillement de ma cuisse, mon grand couturier, ce muscle sublime assidument sculpté par la pratique intensive du tennis de table à haut niveau ? Le vibreur de mon téléphone ? Ou une manifestation inappropriée ? Deux petites notes étouffées, caractéristiques, éliminent ma première hypothèse, une rapide analyse en fait de même pour la troisième car même lorsque je m’agite frénétiquement, les sons que j’émets et aime toujours d’ailleurs, n’appartiennent pas à ce registre.

« 21h – Michel Bras – Toto »

 

Alors que, timorée, la presse officielle détourne le regard, le comité de lecture de Glougueule est unanime.

Voilà qui valide mes supputations, pas d’ambiguïté possible et que l’on ne s’y trompe pas, ces quelques mots à l’allure sibylline mais d’une concision chirurgicale, étaient un pur message d’amitié, la pensée matinale d’un être attentionné, entièrement mobilisé, dont la volonté unique était le partage d’un immense bonheur à venir, une invitation à communier durant toute cette sainte journée, à l’accompagner jusqu’au pied de l’autel. Une incitation à tenir le voile pendant qu’il honorerait furtivement la mariée, n’oubliant pas de les agiter de concert afin que mon olfactif en profitât, une délicate attention.

Mais que ne ferait-on pour un ami ? Les amis c’est sacré, la réussite d’une vie, tes souvenirs pour l’éternité, au terme tu les comptes autour de la boite, moins de quatre te condamnerait à une sortie ridicule. Il faut être attentionné et prévenant avec ses amis. Pour eux je prends soin tout au long de l’année de rester en permanence le nez au vent à la recherche de ce petit cadeau personnalisé qui leur ira droit au cœur et leur rappellera combien ils sont importants à mes yeux.

Alors pour lui dire combien j’étais touché par tant de sollicitude, je lui répondais « Je t’em… ! » hésitant un instant à lui ouvrir les bras. Il voulut dissiper ce léger doute : « Tu m’embrasses ? » Pas le temps de lui confirmer mon attachement profond : « Tu m’encourages à me régaler ! »

Bien sûr que je t’encourage, si tu savais comme cela me fait plaisir de te savoir à Laguiole et moi à Grasse, couvert de poussière, ruisselant au fond de mon épicerie à pousser les chariots. Je suis ravi de sentir ton cœur à ce point chargé d’allégresse, tout ton être tendu vers ces instants de félicité gastronomique, de jouissance extatique, bienheureux béat. Alors en moi s’est posé la question de savoir comment participer à distance à cet événement, le magnifier, apporter modestement ma contribution à l’édification de ce mémorial culinaire, t’aider à le graver à jamais dans ta petite tête de piaf scrofuleux et mesquin.

Outre ses talents de graphiste, Michel Tolmer est un prestidigitateur de haut vol. Admirez l’entourloupe.

« Ah Bernard, bonjour! J’aurais besoin de ton aide, que tu me rendes un petit service. Pourrais-tu téléphoner à ton ami Michel BRAS et lui demander s’il serait possible de … ?»

« Écoute, j’essaie de le joindre et je te tiens au courant!” Ce qui fut fait.

Vers 21h30 j’envoyais « Bon appétit ?» qui eut un « Whaouuuuuuuuuu ! » pour seul écho à minuit passé. Cette simple interjection me faisait brutalement comprendre que mon plan avait échoué. J’étais dépité. Comment était-ce possible? Bernard est un homme fiable, je savais qu’il ne pouvait être à l’origine de cette faillite, il avait sollicité à coup sûr l’aide de Sergio, le sommelier, et de la réceptionniste.

 Tant de plaisir et de joie mêlés en un seul mot, alors que j’attendais tout autre chose. J’étais effondré.

Si tout avait bien fonctionné, à 21h précises mon Ami accompagné de sa créature de rêve, se présentait à la réception du trois macarons, tout en ajustant ses boutons de manchettes en ivoire prohibé, d’une voix suave et profonde, il s’annonçait “Bonsoir!.. J’ai réservé une table pour deux au nom de TOLMER.” Et là, NORMALEMENT, la réceptionniste consultant son registre, de l’index exécutait plusieurs allers et retours en répétant “Monsieur TOLMER, Monsieur TOLMER,……TOLMER avec un T comme dans TREMOL…. Quand avez-vous réservé?…..” Elle tournait les pages par acquis de conscience puis elle s’arrêtait soudain, blême et disait “Monsieur TOLMER! Mais oui, nous vous attendions jeudi dernier!” Elle appelait fébrile « Monsieur Sergio! » Puis un peu plus fort parce que Monsieur Sergio n’aurait pas entendu. « Monsieur Sergio ! » C’est bien vous qui me disiez il y a tout juste une semaine “Quel dommage  que ce Monsieur TOLMER ne soit pas venu! Sur recommandation de M. PLAGEOLES, Monsieur BRAS avait élaboré un menu tout spécialement à votre intention! Votre venue était chaleureusement attendue… Et là, quelle déveine ! Nous sommes complets…. Je ne vois vraiment pas comment nous pourrions faire?» Et Monsieur Sergio de renchérir « ! Vous jouez vraiment de malchance Monsieur TOLMER. La 5, une de nos plus belles tables, dont la réservation a été annulée en début de soirée, nous venons de l’attribuer il n’y a pas cinq minutes à un couple de petits commerçants Grassois.”

Le plan que j’avais échafaudé n’avait pas fonctionné, le dernier rouage en était la cause. Au dernier moment notre réceptionniste avait craqué, trop jeune pour mentir sans avoir le sentiment de faillir.

Quel dommage, j’aurais tellement aimé que cette soirée soit inoubliable !

Nouvelle extraite de “Vingt en Vrac” aux Éditions de l’Épure.

https://www.epure-editions.com/collection-mise-en-appetit/vingt-en-vrac-195-45.html

Mimi a pris un dernier cap.

vendredi 13 avril2018

Mimi, un capitaine sévère avec l’ensemble de l’équipage mais juste malgré tout. Le petit personnel garde un excellent souvenir de cet homme dur au regard d’acier.

Tu seras parti un jeudi matin aux aurores, un jeudi LDP pas comme les autres. Partir plus tôt que prévu était dans tes habitudes, il fallait que soudainement on plie bagages pour rentrer à La Seyne suite à la découverte d’un rendez-vous hyper- important avec ton chien, la réalisation d’une sculpture monumentale en bronze ou l’impérieuse nécessité de déambuler dans ton jardin, t’occuper de tes plants de tomates. Mais là, Mimi, tu nous as laissés sur place alors qu’il y avait encore tant à faire. Nous sommes désemparés.  Qu’en est-il de la transmission ? Du partage des savoirs ?

Cette méthode de dressage canin dont tu ne nous laisses que les bases ? Une approche toute personnelle des rapports entre maître et chien. Le boxer définissant le périmètre dans lequel il autorise son maître à se mouvoir et marquant l’ensemble de ses vêtements du sceau de sa bave afin de bien le lui rappeler et prévenir d’éventuels intrus que cet homme n’est pas libre et lui appartient.

Qui saura recréer la recette de la Bouillabaisse à la Mimi, corriger au jugé la trajectoire de ces poissons surgelés que tu prenais soin de capturer hors-saison sur l’étal de ton poissonnier-bijoutier et d’un geste auguste, d’un seul, éclabousser sur un rayon de plusieurs mètres une assemblée médusée par tant de dextérité ?

Et l’Art de la bougnette ? Qui saura nous en enseigner les préceptes fondamentaux ? Bien au-delà du tachisme, tu auras su porter au zénith ce noble art trop ignoré. Quelle couleur de ticheurte avec du curry ? Le tissu idéal pour une sauce au vin ? La longueur du cordon des lunettes pour ne rien perdre d’un plat succulent ?

Une trace sur le papier et quelques-unes sur tes voitures comme autant d’indices pour apprendre de toi, de ta maestria automobilesque. Par chance nous avons parmi nos amis des adeptes inconditionnels de ta technique qui sauront transmettre aux générations futures les rudiments de ton approche toute particulière de la conduite des véhicules roulants dotés de moteur à explosion.

Et le mannequinat ? Qu’allons-nous faire ? Il y a bien Grégoire et Fred, mais qu’en est-il de la relève à plus long terme ? Là pour le coup tu ne nous as rien laissé, pas de consignes ni suggestions. Espérons que Karl aura gardé trace de ton passage et pourra nous transmettre les vidéos de vos défilés mémorables. Sinon nous solliciterons Inès, je suis certain qu’elle aura su à ton contact collecter de précieux renseignements et noter ces recommandations que tu lui as prodiguées et lui ont permis d’atteindre perfection et notoriété.

Comment parler de toi sans évoquer ton immense amour de la mer ? J’ai retrouvé dans mes archives un feuillet isolé d’un traité de stratégie nautique que tu envisageais de rédiger, ce premier chapitre consacré entièrement à l’abordage statique laisserait pantois bien des tacticiens.

Constat à l’amiable entre deux véhicules dont un terrestre.

Nous rappellerons aux béotiens que tu es le premier, et à notre connaissance le seul, à avoir su repousser l’attaque d’un navire, repéré B sur le plan, en mobilisant judicieusement toute la capacité résistive de la lunette arrière de ta voiture, repérée A. Celle-ci cédant malencontreusement sous l’infernale pression tu as su grâce à ton approche instinctive de la résistance des matériaux solliciter en urgence ton rétroviseur central qui te permit de stopper l’avancée du mât de beaupré du vaisseau et ainsi t’assurer la victoire. Ce haut fait d’arme faisant l’objet d’un constat dûment authentifié sur le registre de la capitainerie du Port de La Seyne sur Mer et de ta compagnie d’assurance.

Je ne sais pas si c’est l’idée de devoir ingurgiter la salade de pois chiches du Grofé mais tu nous as quittés ce matin alors que nous nous apprêtions à te rendre visite. Tu as emprunté  une ultime tangente te menant je ne sais où ? Alors Mimi pour te faire pardonner de nous faire tant de peine, en nous attendant tu vas tourner dans le coin et nous trouver une petite cantine ombragée au bord de l’eau avec une cuisine généreuse et une cave honnête, nous ne saurions trop tarder. Ah ! Vérifie quand même la qualité des liquides et demande, s’il le faut, un approvisionnement en Calva, Rhum, Poire et Reine-Claude, et puis réserve une grande table ronde que nous puissions nous parler. Nous t’embrassons affectueusement.  Putain Mimi ! Tu nous manques déjà.     

Toto et ton PQ.

PS : Si tu trouves que les vins manquent de volatile, préviens-nous, nous t’apporterons des vinaigres de chez Vincent.

Vingt en Vrac, prochainement, enfin bientôt aux Éditions de l’Épure.

lundi 19 février2018

Le 12 avril sortira aux Éditions de l’Épure “Vingt en Vrac” recueil de nouvelles toutes vraiment plus les unes que les autres. En arriver à un tel niveau de finesse d’écriture et de drôlerie caustique ne fut pas une sinécure pour l’auteur. J’ai dû des mois durant au fond d’une cave humide sur les murs de laquelle ne ruisselait que de l’eau, trimer sous la férule impitoyable de Sabine Bucquet-Grenet, dite La Patronne. Vous avez ci-dessous une des cinq recalées, à ce point excellente qu’il vous sera difficile, voire impossible d’imaginer le registre des vingt retenues.

Kenobama par Marc Demuseau

Château Machepro

Il en est du monde du vin comme du reste, pas d’exception, on y rencontre de tout, de tous horizons, jusqu’au rustre de concours. Pourquoi cet univers dérogerait-il à la règle ? En croiser un beau, un vrai ne laisse jamais indifférent et marque son homme, voire le laisse hébété, pantois devant la performance du discourtois.

Deux fois par an a lieu à Cagnes sur Mer dans l’enceinte de l’Hippodrome un grand raout où producteurs de tous horizons s’agglutinent pendant trois, quatre jours pour célébrer la grand-messe du manger et du boire, l’occasion de réelles découvertes et de belles déconvenues. On rencontre là, fin des années 90, les Muscadets et la moustache de Jo Landron, cette autre, non moins belle de Philippe Chatillon descendu de son Jura, les alcools de poire, de reine-claude et derrière une mèche rebelle, Laurent Cazottes, le gras fondant de l’échine du porc noir de Bigorre de Pierre Matayron mais aussi bon nombre de liquides insipides et de solides indignes. C’est aussi l’opportunité au beau milieu du printemps et de l’automne d’aérer les ancêtres ou de les préparer à l’hibernation, les maisons de retraite ne s’y trompent pas qui les déversent par cars entiers. Celui de mai est reconnaissable aux effluves de naphtaline survolant le troupeau en mouvement. Dans un raffut de déambulateurs, de prothèses de hanches et de caddies, les portes s’ouvrent à dix heures pétantes sur cette meute de retraités avides, prêts à dilapider leurs pensions pour retrouver des bribes de leur enfance et se charger de souvenirs pour l’éternité.

Plan en main, on déambule dans les allées, le bout du nez mené par les odeurs. En entrant à droite au fond, c’est devenu une habitude, je bave sans retenue sur ce pain d’épices aux parfums de réglisse. À l’idée de le déguster, associé à un beurre demi-sel, mon cholestérol s’envole. Toutefois son passage sur la balance me rappelle qu’il se vend au poids et qu’en l’occurrence sa densité proche du mercure devrait m’inciter à la retenue, pour peu que je cède à la tentation et ajoute une ou deux douzaines de ces macarons dont la croute s’effondre pour libérer une purée d’amande délicieusement amère.

Mais je m’égare, j’étais parti pour dégoiser, médire sur mon prochain et voilà que je digresse….de cheval. Je sais, je sais, désolé mais le lieu m’y autorise. Bon donc, revenons à mon malappris. Proche voisin du stand de Laurent Cazottes, j’avais fait sa connaissance et goûté les vins, l’homme était jovial, très volubile et franchement sympathique. Les années passent et récemment au hasard de mes déambulations je retombe sur lui. La conversation reprend là où nous l’avions laissée, j’achète quelques bouteilles, je traine, je regoûte, et finis par l’inviter le soir même avec sa collaboratrice. Le salon ferme à 20h, la maison est à deux pas. Cela tombait bien nous avions ce soir-là nos hôtes permanents : Jo, Guillaume et le beau Rénato. Elevés à l’ancienne, nous avons tenu à ne rien entamer, ne rien toucher, ne rien boire tant que nos invités d’un soir n’étaient pas là. L’exercice était difficile, d’autant plus que nous ne sommes pas habitués d’ordinaire à moduler, à jouer sur la retenue, nous avons la pédale d’embrayage susceptible. Parfois le moteur s’emballe sans que nous le voulions. Généralement dès que les premiers se pointent, on déclenche les hostilités avec un petit coup de blanc, immanquablement les autres invités arrivent avant que la deuxième ne soit vide. 20:30 arrive, le frein à main est bloqué, au taquet, mais résiste. 21:00 ça sent le caoutchouc brulé, on récrimine dans les rangs. Un certain, d’ordinaire si mâle, simule l’inanition. Craignant que ne s’y mêle l’amertume devant mon attitude qu’il juge si molle, je compose. 21:30 Ils sont perdus, je les guide par téléphone, ils ne devraient plus tarder. Rénato redevient fréquentable. 21h45 Je sors dans la rue pour les accueillir. Il est presque 22h00 lorsque la voiture se gare sur le parking. Mon vigneron et son assistante en descendent et là lui me regarde quelque peu surpris, voire interloqué, je lis une forme de déconvenue sur son visage. Il jette un regard alentour. « Il y a un problème ? » lui dis-je. « C’est toi, Philippe ? » « Ben oui ! Pourquoi ? » « Parce que nous sommes bien invités à manger ce soir chez un Philippe, mais ce n’est pas toi… Tu n’es pas motard ? » « Ben non ! Pourquoi ? » « Parce que celui de Philippe chez qui nous devons manger ce soir est motard. » « Et alors ? » « Ben alors faut qu’on y aille parce que je lui ai promis que nous mangerions ensemble ce soir. Excuse ! » Ça je ne suis pas certain qu’il l’ait dit. Et mon  bonhomme est remonté dans sa voiture et a filé vers Antibes là où habitait Philippe le motard. J’ai refait les 50m qui séparent la rue de la maison, même pas énervé ni fâché. J’ai dû me dire « Ben merde alors ! Il est magnifique celui-là ! J’aurais dû le mesurer avant de le relâcher » Subjugués par l’énormité du gag, nous nous sommes appesantis quelques instants sur le malotru avant de décréter que la période de sevrage avait suffisamment duré, que le frein à main pouvait être lâché et que les hostilités étaient ouvertes. « Allez Guillaume ! Fais péter un coup de blanc ! »

L’heure où les glands fauves sont noirs.

jeudi 25 janvier2018
La dernière création de Glougueule, la semaine dernière sur machine chez ICI, notre imprimeur

Il est bien facile d’accabler les petites mains en leur assénant d’acerbes réflexions et leur reprocher leurs négligences si minimes soient-elles. Il m’a sévèrement été reproché de ne pas avoir mis en avant dans le texte de présentation de La Dive la première mise en vente MOOONDIALE de notre nouvelle affiche en format 50 x 70 pour le prix dérisoire de 18€, plus port. Depuis cette bévue, les pires tâches, les plus humiliantes, me sont réservées et je n’ai eu d’autre choix que de me mortifier profondément les chairs afin de satisfaire mon Maître et qu’il daigne diminuer l’étreinte de mon collier. J’espère cette fois avoir bien fait tout comme il le souhaitait sinon j’aurai à nouveau droit au fouet. De ce magnifique fouet en cuir fauve avec ses boules de plomb, il a promis de m’en donner vingt coups bien placés. Pffft, je me demande si je ne préférerais pas travailler chez Amazon.

Glougueule à La Dive 2018.

mercredi 17 janvier2018

Même si les vieux saumons que nous sommes ont de plus en plus de mal à remonter la Loire à la seule force de leur appendice caudal, et ce malgré l’entretien et la persévérance qu’ils y consacrent, nous aurons le plaisir de vous retrouver à Saumur les dimanche 4 et lundi 5 février fidèles au poste derrière notre stand de La Dive. Vous pourrez y découvrir notre dernière production présentée en décembre et qui a déjà fait notre renommée au sein de nos familles, j’ai nommé “À l’heure où les grands fauves vont boire” magnifique affiche en 50×70 issue du cerveau de mon camarade de jeu Michel Tolmer. Vous aurez aussi la possibilité de vous arracher à prix d’or les derniers exemplaires de Mimi, Fifi et Glouglou, épisode 1 ainsi que ticheurtes, polos et tabliers découverts récemment lors de fouilles impromptues.

Les Grands Fauves vont boire sur les bords de Loire.

 

Bonne année aux femmes et aux hommes de glou !

jeudi 4 janvier2018

Issu de notre centre de recherches,
voici l’outil pensé et développé à votre attention exclusive.
Glougueule vous souhaite une très belle année 2018

Tout ça pour Dufau.

lundi 27 novembre2017

Depuis le début de l’année Toto, me le rabâche, me le surine : “Ne te précipite pas, fais-toi désirer, ne te montre pas trop, c’est pour toi cette année ! Qui d’autre pourrait te ravir le Graal ? Quand Pivot se brosse la tignasse de la main gauche, c’est toujours pour sortir une énorme surprise du chapeau et là tu as bien remarqué qu’il l’a fait à plusieurs reprises à La Grande Librairie. A nulle autre pareille ton écriture est comparable, elle marquera ce début de XXIème siècle, crois-moi. Malraux l’avait dit, le XXIème sera quesnaldien ou ne sera pas!” Ne pas trop se montrer, se faire désirer, bon d’accord, ça je sais faire, en gros glander en attendant le gros lot. Sauf que onze mois plus tard, les grands prix littéraires ont été attribués et la sonnerie de mon turlu est restée mouette de pouette.

Bien calés nous attendons le décollage.

Nous sommes prêts à décoller. Cap’tain Dufau’s speaking! On coupe les liaisons avec le sol.

Alors quand ce matin, Monsieur Polpo et Mademoiselle Jeanne m’ont dit que nous étions attendus aux Bacchanales et que je devais me faire beau, enfin, présentable, je me suis repris à espérer et me suis entrevu un destin hors-normes, quasi suédois. Je me suis vu à Stockholm anxieux dans mon costume de pingouin en attendant l’heure de la remise du Nobel et surtout de son pactole qui me permettrait de creuser dans la roche cette cave où je pourrai mettre à l’abri de la fournaise sudiste mes quilles tant chéries, un paquet de couronnes convertibles en euros trébuchants. Pour me déstresser nous avons tutoyé une Bodice 2015 de Hervé Villemade accompagnée de chips de pois chiche avant de rejoindre l’ami Christophe Dufau. Aller chez Christophe, ce n’est pas aller au restaurant, c’est aller manger chez un ami qui a, le hasard, un restaurant, il aurait pu être éleveur de faucons ou enfant de chœur, c’eut été la même chose. Quoique le pape me  dit que non. Je serais incapable de vous rappeler par le menu tout ce que nous avons mangé, mais cela a été un très bel après-midi. Mademoiselle Jeanne qui ne connaissait pas le lieu et notre hôte, en est ressortie toute guette, agréablement surprise par tant d’innovations délectables.

Scusez si je bave mais je ne peux faire autrement, rien qu’à y penser.

Côté vin, nous n’avions pas fait les choses à moitié, outre la Bodice 2015, nous avons largement entamé un Crémant du Jura des brozère and sistère Ganevat, une Grandes Jorasses 2015 de Belluard qui au terme de sa courte vie nous a révélé tout le potentiel, mais bon, trop tard, nous ne lui avons pas laissé le temps d’exprimer son sublime moi profond. Ensuite sur le tartare de chevreuil nous avons enquillé une Mémé 2006, absolument parfaite, nickel ! Mémé sait se tenir à table ! Et pour finir nous avons ouvert une bouteille de blanc de ce domaine de la plaine orientale Corse appelé à devenir mythique : I vini di Bapo. On dit dans certains milieux parisiens plus ou moins autorisés des hauteurs clodoaldiennes qu’il serait appelé à côtoyer, voire supplanter certaines productions transalpines hors de prix. Je ne sais si cette fin d’année 2017 me verra couronné enfin d’un prix littéraire qui depuis longtemps aurait dû justement me revenir mais à coup sûr 2018 va devoir me subir, à commencer par les lecteurs de Glougueule. Tant pis pour vous, je suis de retour.

A l’heure où les grands fauves vont boire

vendredi 13 octobre2017

La raison nous a bien trop souvent portés vers la parcimonie, la retenue contrainte, l’oeil rivé sur l’horloge, guettant LE moment où il ne sera plus nécessaire de se justifier, où l’on pourra quitter sur le champ toute activité entamée sans préavis, bousculer l’ordre établi, envoyer paître ses chefs. Cet instant c’est “L’heure où les grands fauves vont boire” Alors, rien que pour vous, Glougueule éditera bientôt ce mot d’ordre en affiche 50 x 70 que vous pourrez exhiber comme ticket de sortie sous le nez de votre hiérarchie pour partir rejoindre vos camarades de jeux au bar à vins du coin.

Triplette et Coups de Fourchette

lundi 7 août2017

Il y a des invitations qui ne se refusent pas. Quand Michèle Aubéry m’a proposé de passer la soirée chez ses Kopines à Fontlargias, le temps dédié à l’hésitation n’a pas dû excéder celui que je mets d’ordinaire à dire une bêtise au cours d’une dégustation. Mais Fontlargias, je m’en souviendais très bien pour y avoir dormi en tas dans le dortoir après une rude matinée de vendange chez ma Mémé adorée, puis m’être attablé avec en face de moi un casier de 6 Sierra du Sud 1995 extrêmement provocantes. Et quand on me provoque, pas d’équivoque, j’estoque. Bon là, pas sûr que je sois sorti vainqueur du duel, enfin c’est ce que les bonnes âmes présentes ont bien voulu m’en rapporter.

La Triplette infernale de Fontlargias.

Marie-Jeanne, Catherine et Béatrice. Bonne humeur et bonne table, les ingrédients idéaux pour un séjour détendu.

Après avoir grimpé en voiture une piste suffisamment longue pour vous mettre en appétit, s’il en était absolument besoin, on arrive à cette altitude bien particulière, aux alentours de 600m, où les pressions s’équilibrent, tout devient léger, votre estomac se détend idéalement, prêt à engloutir le moindre sanglier. Et cela tombe très très bien car nos hôtesses ont en commun une joie de vivre, un plaisir de vous accueillir qui éclabousse au premier contact et supplément gratuit non négligeable, elles possèdent de réels talents culinaires. En gros c’est un endroit parfait pour se retirer du Monde et réfléchir à son sort. Et rappelez-vous que les kilos pris en altitude sont plus légers et ne vous suivent pas à la descente.

De cette expérience à trois, elles en ont tiré un livre, reflet exact de leurs personnalités, qui relate en partie leur aventure et vous permettra à travers de nombreuses recettes de vous remémorer dans la grisaille de vos grandes villes ce temps où vous étiez si bien, assis à la table commune, à tenter d’échanger quelques mots avec ces touristes étrangers tout en les aidant charitablement à terminer leur bouteille de Poignée de Raisin. Vous avez jusqu’à fin novembre pour vous créer de beaux souvenirs en compagnie de notre triplette.

Le crapaud charmant

Il est arrivé comme ça, sans prévenir, sans une quille et il aurait voulu qu’on l’embrasse sur la bouche. Quel manque d’éducation chez le batracien moyen !

En toute fin de soirée nous avons été rejoints par un crapaud charmant qui, en vain, a tenté sa chance en nous tendant ses lèvres visqueuses, mais nos hôtesses n’ont pas semblé intéressées.

Triplette et coups de fourchette – Editions des 3 Toquées – 23€ à commander chez votre libraire ou en direct à Fontlargias

Gîte de Fontlargias
Marie-jeanne Rige
825 Chemin du Pègue
26770 Roche Saint Secret – Béconne

00 33 (0)4 75 53 68 10

http://www.gitedefontlargias.com/contact.php

gite.fontlargias@orange.fr