5 septembre 2011
Publié dans Michel Tolmer | 4 commentaires »
31 août 2011
Il peut, malheureusement, en être des amitiés comme des amours, avec le temps tout fout le camp. La confiance trahie, l’absolue, la totale est, me semble-t-il, la plus insupportable. Comme souvent c’est au détour d’un geste, d’un regard, que l’on découvre la vraie nature de l’autre. Jusqu’ici je m’étais laissé éblouir, le cœur bercé par l’insouciance de cette grande amitié née de passions communes, d’appartenance à une même communauté d’ancêtres venus du Grand Nord. Ce signe de reconnaissance, cette appartenance je la porte au visage comme autant de médailles conquises depuis mon enfance en affrontant les froids normands de la Plaine de Caen. La morsure profonde de cette rigueur hivernale a dessiné sur mes joues des cartes qui permettent aux initiés d’y lire mon parcours. Telle une cartomancienne, un chirurgien esthétique rencontré au détour d’un comptoir, m’avait reconstitué le passé et su y voir ma passion pour les Vallées du Rhône et de la Loire. Il me proposa d’effacer ces traces, de gommer ce passé, en gros de me refaire une virginité faciale, mais alors quid de tous ces polos, chemises et pulls achetés en total coordonné avec cette teinte (ref : RAL 3018). Je ne pus m’y résoudre, on ne s’affranchit pas si facilement de le rubiconde.
Un beau matin de ce mois de juillet, à l’heure où les grands fauves s’apprêtent à ne rien faire en attendant que les femelles fourbues rentrent tranquillement de la chasse, j’ai surpris celui que dorénavant je nommerai « Ze Félon » appliquer furtivement sur ses joues une substance pâteuse qui soudainement lui procura un éclat extravagant, un incroyable réseau sanguin révélant de somptueuses veinules purpurines. J’avais tout à coup sous les yeux un inuit pur jus à la silhouette fine et élancée, seule sa trousse de graisse de secours stockée au niveau de la ceinture lui donnant l’allure du parfait touriste affublé d’une banane de saindoux. Je venais de découvrir le pot au couperose, celui qui se faisait passer pour un pur viking n’est en réalité qu’un produit de la capitale qui pour se la jouer nature use d’artifices. C’est lamentable, de plus je ne suis même pas sûr que son intention première ait été d’obtenir un faciès rubicond et que la première zone sur laquelle il se la soit appliquée ait été le visage car cette préparation pharmaceutique se nomme : Rozex.
Lamentable je vous dis.
Tags : couperose, michel tolmer, normands
Publié dans Philippe Quesnot | 3 commentaires »
7 août 2011
Tout est affaire de circonstance. Pour une journée harassante je préconise après la douche régénérante un Tout’en Bulles de Gramenon ou un Mauzac Nature de Bernard Plageoles. Après une longue balade automnale sur la plage dans la véranda face à la mer les pieds en éventail sur le radiateur un Larmandier-Bernier Vieille Vignes de Cramant 2005. En fin de soirée avec ta fiancée, Les Béguines de Jérôme Prévost que tu auras oubliées quelques années au fond de ta cave afin qu’elles te libèrent ces arômes de brioche beurrée. 
Mais alors pour un divorce, n’ayant jamais pratiqué ce sport de combat rapproché si particulier appelé « mariage » je me retrouverais fort déconfit. La réponse à ce problème métaphysique m’a été apportée par Rénato qui a eu la bonne idée de divorcer récemment et pour fêter sa libération Rénato a débouché un Extra Brut d’Anselme Selosse dégorgé en 2004. A chaque gorgée un anneau de la chaine qui le marquait à l’annulaire disparaissait. A l’inverse de son mariage les années lui avaient beaucoup apporté. Espérons qu’il ne sera pas nécessaire qu’il se remarie pour fêter sa sœur.
Publié dans Philippe Quesnot, Qui a bu quoi | Aucun commentaire »
28 juillet 2011

De l’observation de la nature, savoir tirer les enseignements, étudier attentivement l’ordre des choses et modestement essayer d’en extraire la substantifique moelle, voilà la voie de la sagesse. Encore faut-il ne pas s’égarer lors du choix des sujets. Sinon que dire de ceux de Barbelivien, Obispo et Lara Fabian ?
Lorsque, grâce à Laurent Cazottes, j’ai rencontré Jack-Michel Chasseuil au Pré en Bulle à Albi, on peut dire que peu de choses nous réunissaient. Ce monsieur à l’allure distinguée, cravaté, rasé de près, à l’élocution facile, co-propriétaire avec son fils de Château Feytit-Clinet à Pomerol est à peu de choses près mon contraire. Après une brillante carrière au sein de la Société Dassault, il profite de sa retraite pour assouvir sa passion de collectionneur de grandes bouteilles aux noms illustres et ce, si possible, dans des millésimes et des contenants exceptionnels. Moi, au terme d’une carrière d’épicier de quartier, je prends toujours soin d’être mal rasé de trois jours, ne possède pas de cravate, et surtout je suis co-propriétaire avec Michel Tolmer de Glougueule, c’est dire.
De sa somptueuse collection j’avais entendu parler mais jamais rien vu, pas une goutte. Je profitai de la séance de dédicaces de ce premier salon albigeois pour lui acheter son livre « 100 bouteilles extraordinaires », dans lequel il détaille les plus belles pièces de sa collection. Je me disais qu’un investissement de quarante cinq euros pouvait m’être largement bénéfique s’il m’arrivait d’être à nouveau enlevé par les furieux Niçois au 4×4 noir. « Un joli présent peut améliorer ton avenir » comme je me disais toujours.

Si par malheur tu avais l’intention de te la jouer « Viendez voir ma cave qu’elle est belle! », dès les premières pages Jack-Michel te calme. Des centaines de caisses aux noms prestigieux entassées dans une pièce souterraine immense avec éclairage, hygrométrie, système d’alarme et au sol un gravier immaculé. Tel « petit scarabée » de la série des années 70 « Kung Fu » j’ai bien observé la grotte d’Ali Chasseuil et je me suis construit exactement la même.

Pour la structure j’ai récupéré une vieille chambre de congélation dont j’ai assemblé les parois comme un Meccano. Quant à l’exposition de mes grandes bouteilles, étant contre la déforestation, je me suis adapté et j’ai choisi le plastique, mais massif, le plastique, la classe en plus. Avantage majeur : 150€ les 150 casiers, accès à chaque bouteille dans la seconde et au sol une résine grise du plus bel effet.
Ind’nao, Jack-Michel, ouate dou you say?
Tags : albi, château feytit-clinet, gramenon, jack-michel chasseuil, laurent cazottes, le pré en bulle, plageoles, pomerol
Publié dans Philippe Quesnot | 3 commentaires »
9 juillet 2011
Dans le cadre d’une recherche permanente de la qualité optimale, Christophe Lorenzoni, créateur de mobilier, s’est adjoint les services d’Antoine et Jean-Baptiste Arena. Le confort et la finition étaient déjà reconnus de tous, mais cela ne suffisait pas. Dans ce marché mondial, Christophe a compris que seuls ceux qui pousseraient à l’extrême leur désir d’une qualité absolue s’en sortiraient, il a profité du Salon de Chateau Moulin Pey Labrie pour faire tester ses meubles par les deux vignerons de Patrimonio. Ils ont mis dans cet exercice la même exigence qu’ils mettent dans la réalisation de leurs vins.

Dès la fin du repas ils se sont installés, l’un dans le fauteuil suspendu, l’autre dans la chaise longue et ont entamé une longue séance d’étude approfondie, multipliant les positions, y compris les plus inconfortables. Alors que bien d’autres auraient trouvé un prétexte fallacieux pour abandonner cette tâche ingrate et reprendre en douce leur travail, ils n’ont pas hésité à prolonger la séance afin d’être certains des résultats qu’ils avanceraient. Anxieux, Christophe attendait le verdict de leurs analyses. Ils notèrent un ou deux détails d’éléments de confort à améliorer ou modifier, telle la recommandation d’employer un velours plus dense à la coupe plus longue pour le coussin appuie-tête afin de ne pas se blesser les joues quand on se tourne et la préconisation d’un arc de courbure de deux degrés inférieurs sur la pièce testée.
Un cahier des charges aux
exigences si pointues ne pouvait rester longtemps inconnu des autorités de Bruxelles. C’est pourquoi nous avons l’immense plaisir de vous annoncer en avant-première la reconnaissance du Label Arena par les instances européennes. Dorénavant, lors de vos achats de mobilier de repos de grande qualité, vous devriez trouver apposé à côté du célèbre C.E. une seconde étiquette avec le tampon « Arena’s tested » qui vous garantira un meuble indémodable à la finition irréprochable, fait pour vous durer toute la vie.
Christophe Lorenzoni – Tél : 06 10 68 36 07
http://www.225litres.com/225_litres/Bien_le_bonjour_!.html
Tags : 225 litres, antoine arena, chaise longue, christophe lorenzoni, jean-baptiste arena, mobilier recyclé, nacelle
Publié dans Kopin, Philippe Quesnot | 2 commentaires »
30 juin 2011
Décidément les rues de Nice ne sont plus sûres du tout, le maire a beau prôner le tout sécuritaire en installant des caméras partout, le compte n’y est pas. Jacfé et moi nous sommes encore faits enlever samedi dernier et ce, incroyable, par les mêmes malades.
Dans un premier temps nous avons bien essayé de leur expliquer : « Mais messieurs, vous nous avez déjà enlevés la semaine dernière. Nous avons très bien compris. Y’a pas que les vins « nature » qui soient bons. Les grands Bordeaux quand ils ont atteint leur apogée après de longues années de vieillissement sont vraiment excellents…. Oui tout à fait… Il en est de même pour les Bourgognes… Aucun problème! » Essayant de prendre l’accent corse, le petit Marseillais nous dit : « Je crois que vous n’avez pas bien compris! Vos vins, même pas vous prononcez le nom devant moi. Ils n’existent pas. Ça vous ne l’avez toujours pas assimilé. Alors on va refaire une petite séance de rattrapage….Antoine, envoie! »
Un type tout en noir au léger embonpoint, avec une cagoule brodée « Patrimonio » et dessous « Offert par l’Office de Tourisme » nous présente les bouteilles.
Pfffuittttt ! Jamais nous ne pourrons boire tout ça. Et là cette fois je les sens énervés, pas question de discuter. Ils ont décider d’enfoncer le clou. Chateau Giscours 1989, Trottevieille 1961, Ducru-Beaucaillou 1984, Branaire 1995. « Et pour finir nous vous avons mis de côté un petit Chateau d’Yquem 1999! »
Deux heures plus tard, le 4×4 noir aux vitres aussi fumées que nous, nous déposait devant la gare de Nice. La vitre s’abaissa et le marseillais nous regardant goguenard nous dit : « Hé les gauchos, prochain enlèvement samedi, même endroit, même heure, j’ai comme l’impression que vous n’allez pas tarder à y prendre goût. Bientôt vous me supplierez pour y revenir, nous on a tout notre temps, on a l’argent! »
Kéno et son Jack pote auront-ils la volonté nécessaire pour résister à la tentation de boire des coups même s’il y a du soufre? Leur seule passion n’est-elle pas de picoler plutôt que de déguster ?
Vous aurez les réponses à ces questions dans le prochain épisode de notre saga de l’été qui s’intitule : La Saga de l’été
Tags : chateau d'yquem, chateau ducru-beaucaillou, chateau giscours, chateau trottevieille, nice, patrimonio
Publié dans Philippe Quesnot | 2 commentaires »