The Real Alternative Wine Glossary by Doug Wregg

13 novembre 2020

On ne peut pas lutter contre Doug Wregg. Les capacités calembouriques de son esprit appartiennent à une catégorie inconnue, hors de portée. Vous ne me croyez pas ? You don’t believe me? Voici quelques échantillons de ce glossaire pour wine geeks ceinture noire troisième dan :

You can’t beat Doug Wregg, erstwhile member of Les Caves de Pyrene UK’s crazy gang. His mind’s punning “abilities” operate at a different level to most. You don’t believe me? Here are a few examples from his glossary for those with a black belt third dan in wine geekery:

Bourboulenc – The bulging of your Adam’s apple when you swallow an excess of white Châteauneuf-du-Pape.

Pinot-cchio – A red Burgundy with a very long nose.

Ventoux – The expression of the desire to drink southern Rhône wine in solitude. As Greta Garbo said: “I Ventoux to be alone.”

Cet ouvrage qui s’adresse à un public des litres est vendu au prix modique de 17€ et le produit de la vente est intégralement reversé au WWF.

This slender volume which fully caters to its target audience of wine liter-ates is for sale at the modest price of 17€, with part of the proceedings donated to the WWF.

100% pur bluff

31 octobre 2020

Nous, les petits libraires indépendants, franchement c’est pas trop notre truc. Alors dans le cadre de notre stratégie d’hyper-croissance, afin que très bientôt on ne dise plus GAFA, mais GGAFA*, nous avons décidé de multiplier notre rayon librairie par 1,888, comme ça, d’un coup ! Mais attention, des trucs sérieux, bouffe et boisson uniquement. Vous allez donc pouvoir meubler vos loisirs, si vous en avez, avec 8 titres bluffants, savants et gourmands des kopin-e-s de l’excellente Maison NOURITURFU. Comment s’instruire en salivant !

* à savoir GLOUGUEULE, G… oh ça va, vous les connaissez les autres.

Youpi, une affiche de Lefred-Thouron !

8 octobre 2020

Ceux qui s’intéressent aux secrets de fabrication de leurs cuites le savent, le phylloxéra est un puceron (Daktulosphera Vitifoliae) qui bouffe les racines des vignes, il a entraîné la quasi-totale disparition du vignoble européen dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Il n’a épargné que les terroirs sableux dont il craint le pouvoir abrasif.

Contrairement à certaines rumeurs, Philippe Quesnot n’est pas pré-phylloxérique mais lui aussi a horreur de rester sur le sable. Les porte-greffes américains qui ont sauvé notre beau vignoble, il s’en fout comme de sa première caisse-enregistreuse, peut-être a t-il vaguement entendu causer de vignes en Franc de pied, le seul truc qui compte, c’est ce qui coule dans son verre, et que ça coule bon et souvent.

Mais il a aussi quelques belles qualités, par exemple ses amis. Par exemple Lefred-Thouron, qu’il a initié avec abnégation aux vins naturels. Ceci dit sa tâche fut facilitée par les capacités hors-normes du dessinateur nancéien, Lefred est un être naturellement doué.

La Mercos’ à Dadd’

21 septembre 2020

Les tempes cendrées, le cheveu rare, un léger relâchement de la sangle abdominale, le geste à peine plus lent, font souvent oublier aux jeunes que nous aussi, à notre époque, nous étions de sacrés rebelles qui se permettaient de parler à table sans y être invités, qui disaient « vachement » à tout bout de champ, rappelant à leurs parents que le temps de « bath » avait disparu avec les dinosaures du musette. Nous avons eu les cheveux longs et gras, des jean’s moulants avec des feux de plancher, des chemises fleuries et  « Woodstock » était notre référence absolue en terme de musique…Mais passons à une époque un peu plus récente : début des années 2000.

Ce jour-là Frankie avait emprunté la rutilante Mercedes de son père qui lui avait recommandé d’y faire plus qu’attention en des termes qui ne laissaient aucune équivoque. J’avais bien une poubelle ambulante, mais aurait-elle accepté de nous porter jusqu’à Ampuis et son Salon de la Côte Rotie?

L’aller fut à l’image des recommandations du père. Pas d’excès.

Comme c’était sur la route, nous avions pris rendez-vous chez Hervé et Isabelle Souhaut du Domaine Romaneaux Destezet pour y* déguster leurs vins. Fallait-il y voir un présage? Nous y retrouvâmes Cyril Bordarier et Pierre Aimé. La ferme fortifiée d’Hervé à Arlebosc, la dégustation des rouges et de son deuxième millésime de blanc, le froid hivernal, la vue superbe sur la vallée, cet énorme bloc de granit qui sert de table à l’entrée et sur lequel nous avons bu une Mémé 90 et un chenin 99 de Poirel. Emmitouflés, le corps au chaud et le nez dans le verre. On aurait dû se méfier, cela démarrait trop bien.

Nous étions en janvier, période particulièrement néfaste à la gente porcine. Quelques jours auparavant, un de ses représentants s’était jeté sur la lame aiguisée d’un membre de la famille Souhaut. Embarrassés par la situation et afin d’éviter tout tracas avec la police, ils transformèrent le suicidé en boudins, saucisses et autres dérivés délectables. Il nous fut gentiment demandé de participer à la veillée funèbre. Rapidement nous avons compris que le disparu devait occuper une position hiérarchique importante tant les bouteilles qui accompagnaient les larmes étaient nombreuses et de toutes régions.

La vérité, je ne sais plus si nous dormîmes sur place ou bien?.. Toujours est-il que nous constatâmes que nous avions avec le couple de parisiens un deuxième rendez-vous commun, à Tupins-Semons chez Jean-Michel Stéphan, à une heure quelque peu identique. Chez Jean-Michel, seule la taille est petite car pour ce qui est du reste, le bonhomme a de la ressource et du talent. Il nous fit déguster l’ensemble des barriques avant de nous emmener manger pas loin de là dans un lieu où il souhaitait nous faire déguster une large palette de Cornas. A ce stade-là, j’avais déjà la jauge au maximum.

Une fois terminé le tour de France des Cornas, Jean-Michel dit : « Il me semble qu’il y a des barriques que vous n’avez pas goûtées, celles du fond ! Allez on y retourne ! » Tous les cinq dans la Mercedes, c’était Goran Brégovic en vallée du Rhône, manquaient que quelques unités du sexe opposé et encore. Ce n’était pas vraiment le but de l’excursion et puis surtout on voulait une bonne ambiance, alors…. Les deux kilomètres qui nous séparaient du restaurant parcourus, Frankie mit au point mort et laissa la Mercedes grimper la petite pente sur son élan pour aller se garer tout près du poteau en ciment.

A peine immobilisés,  les portières s’ouvrirent, ne laissant malheureusement à Frankie pas suffisamment de temps pour consulter le manuel d’utilisation et d’y trouver à la rubrique « frein de parking » que celui de la Mercedes se situe à côté de la pédale d’embrayage et non entre les deux sièges comme il essayait désespérément de l’y trouver.

Il est remarquable de constater comme le bruit d’une portière qui se retourne au contact d’un poteau en béton armé a la faculté de dégriser dans l’instant tous les membres d’une assemblée de joyeux camarades. Les éthylomètres perso furent remis à zéro. Pas une vanne, pas un jeu de mots, rien. Normal aussi, quand on voit 130kg d’amitié très, très énervée, cette réaction d’éviter les phrases alambiquées et les mots inutiles. Notre ami sortit lentement, fit le tour, constata les dégâts, essaya de refermer la portière, d’abord doucement ensuite fermement puis en force. Face à l’échec, il se recula d’à peine un mètre et soudainement mit un violent coup de pompe qui laissa son empreinte dans le métal mais eut le mérite d’obstruer la béance.

Un rouleau de bon vieux scotch marron à large bande et deux mètres de corde plus tard, la réparation faisait illusion. « Dadd’ » n’y verrait que du feu. Pendant cinq minutes les pensées furent au recueillement puis Jean-Michel lança : « Bon on y goûte ? » On y goûta et y goûtûmes, je me souviens très bien que Monsieur Stéphan père faisait de délicieux jus d’abricot et qu’il y avait quelque part dans la cave une ou deux barriques d’eau de feu qu’ils y goûturent, qu’à une heure que nous définirons comme avancée, Frankie et moi fîmes une certaine distance pour trouver un lieu où mettre nos petits corps dans une position horizontale plus appropriée à notre état.

Je vins en aide à mon ami quand le digicode de l’hôtel voulut jouer avec lui à « Questions pour un pochetron » lui posant de perfides questions, tel le numéro de son département et celui de sa carte bleue, que je garde désormais précieusement. Vers midi, après avoir décollé nos yeux à l’eau chaude, nous avons pu nous rendre compte, aux trainées marronnasses qui couraient de leur voiture au bâtiment, que Cyril et Pierre étaient bien rentrés eux aussi et avaient pu atteindre sans trop de dommage l’un la porte d’entrée de l’hôtel, l’autre, quant à lui, nous laissa perplexe quant à sa destination finale, le trajet étant marqué de preuves d’hésitations multiples et certainement soudaines à en juger par les jolis dessins que l’on aurait dit exécutés au pochoir à vomi.

Les premières heures du lendemain matin furent occupées à chercher un carrossier qui accepterait de prendre la voiture et une jolie poignée de billets dès notre retour puis de prévenir Dadd que le séjour se prolongeait quelque peu, ne nous restait plus que 500 kms à faire, dans un blizzard permanent. Voilà comment nous n’atteignîmes jamais Ampuis et comment Frankie s’est fait soulager de quelques belles coupures qui l’encombraient.

* Avez-vous remarqué comme moi cette tendance naturelle à rajouter des « y » dans toutes les phrases à l’approche de la région lyonnaise ? On y fait sans le vouloir.

Liste des vins : Domaine Romaneaux-Destezet – Domaine Gramenon – Château de Suronde – Domaine Auguste Clape – Domaine Thierry Allemand – Domaine Alain Voge – Domaine du Tunnel – Domaine du Coulet

Extrait de Trente nuances de gros rouge, aux Éditions de l’Épure, par Philippe Quesnot, évidemment.

Placez votre argent chez Glougueule !

6 juillet 2020

Collet de vachette pleine fleur, teinture végétale, 12,5 cm fermé, 24×15 ouvert. Deux pochettes intérieures et 4 pochettes pour cartes. 100% faite main, cette merveille a été créée par Mylène Pratt Maroquinerie pour Glougueule. En temps de crise, vous pourrez y enfermer vos derniers précieux billets, et même vide, sa beauté vous consolera.

Objectif Lune.

10 juin 2020
Équipé pour la conquête de l'Est

1969 Année Hérétique.

Y poser le pied, telle était l’ambition affichée par la NASA. La petitesse d’esprit ! Quel manque d’envergure ! Sans l’avoir jamais parcourue, moi je la connaissais, je savais tout d’elle, de ses contours émouvants, de sa délicate géographie, imaginant sa partie la plus intime grâce à une iconographie empruntée sur la pointe des pieds au rayon dédié du marchand de journaux. Nuitamment je la célébrais. Sous mon chapiteau improvisé j’en avais dressé d’une main mal assurée de nombreuses cartes détaillées et mis en place un programme d’études ambitieux où la témérité des options techniques retenues pallierait le manque de crédit.

La question du Module Lunaire et plus spécifiquement son mode de propulsion y apparaissait sans objet, absolument vierge de tout usage, les batteries seraient à pleine charge. Le plan de vol était intentionnellement élémentaire, pas question de passer par une phase d’approche via une orbite elliptique aussi inutile que chronophage, mes calculs confirmaient l’option rectiligne, pas de préliminaire, à ce point certain de mon fait qu’aucune correction de trajectoire n’était planifiée. Il n’en était pas de même pour l’approche finale et l’alunissage, j’avais compulsé bon nombre d’ouvrages spécialisés, mais un grand flou subsistait quant à cette phase ultime, souvent évoquée comme un grand mystère.

J’avais dix-sept ans et me sentais très en retard sur le programme habituel des garçons de mon âge. Il arrive un moment où la théorie ne suffit plus, elle doit laisser le pas à la pratique. Peu importaient mes connaissances et la somme de travaux produits, je devais passer à l’action. Les ingénieurs de la NASA ne s’y trompaient pas, qui avaient vu en juillet une fenêtre de tir idéale. D’ici là je devais recruter, sélectionner et retenir celle des filles de mon village qui serait la première spationaute française.
Dès mes dix-douze ans, j’avais inscrit la fille du boucher sur mes tablettes, je nous avais imaginés sillonnant l’espace infini. La température n’excédant jamais les quatre degrés requis, j’aurais carrelé le sol de la navette et répandu quelques poignées de sciure afin qu’elle ne soit pas dépaysée durant notre éternel voyage. Malheureusement je n’ai jamais pu lui exposer mon projet, surveillée en permanence par une mère faisant office de cerbère et un père dont la stature colossale suffisait à me dissuader de toute prise de contact, même furtive.

Pour les autres candidates, je ne sais où j’ai péché ? Le manque de clarté dans la communication ? Ces petits mouvements de bassin pendant l’exposé ? Toujours est-il que courant mai, j’ai compris que le succès de mon entreprise passerait par une délocalisation, je n’avais suscité aucune vocation dans le bourg, seule ma connaissance de la topographie lunaire avait progressé grâce à la poursuite de mes travaux nocturnes.

Une opportunité s’offrit enfin lorsqu’une amie souhaitant rejoindre son amoureux en Tchécoslovaquie me proposa de l’accompagner. Fin des années 60, USA et URSS se livraient une guerre sans merci pour la conquête spatiale, tellement occupés à se surveiller qu’ils ne prendraient garde à ce petit français venu de nulle part. Et si durant ce bel été 1969, déjouant tous les pronostics, l’érection de notre drapeau français sur le sol lunaire se retrouvait à la Une de la presse mondiale grâce à l’ingéniosité et l’opiniâtreté d’un jeune chercheur normand ? J’intégrais discrètement un camp de travail en Moravie où nous posions pour la plus grande gloire du Parti Communiste Tchécoslovaque des bordures de trottoir en granit entre deux villages de montagne.
Woodstock était dans l’air du temps, 68 encore tout proche. « Don, partage et amour, mes sœurs ! Aimons-nous sans entrave ! » J’avais les éléments de langage. Deux semaines d’un intense lobbying autour des feux de camp et des soirées guitare n’y suffirent pas, aucune volontaire, zéro décollage.

Dans la nuit du 21 juillet, humiliation suprême, sur le seul écran de télévision du village j’assistais en direct à ma défaite dans cette course impitoyable. Les Américains foulaient de leurs pieds immondes l’objet de mon culte.

Sur la route du retour je m’arrêtai à Brno, où pour me remercier, une spationaute suédoise à qui j’avais prêté un prototype de casque mou en feutre me proposa de l’accompagner sur son pas de tir. Échafauder un plan de vol précis dans son bureau d’études, peinard sous ses draps, est une chose, mais improviser au débotté avec de nouveaux paramètres, dans une langue étrangère, nécessite une présence d’esprit qui me fit défaut. Pourtant mise à feu et décollage se déroulèrent sans encombre, c’est lors de la phase ultime d’approche que je perdis le contrôle de ma navette. Émotion et précipitation de novice. Par chance, il ne s’agissait pas là d’un vol inaugural pour ma partenaire. Elle fit preuve de patience dans les manœuvres et guida mon module de si parfaite manière qu’à la fin je pratiquai un alunissage dont elle me félicita ardemment dans sa langue natale.

Aboutir après tant d’années de recherche, de mise à l’épreuve, de doute et d’échecs, prouvait une fois de plus qu’un travail mené avec passion et obstination finit toujours par être récompensé.

Seul regret, la discrétion imposée par la bienséance, ne pas pouvoir le clamer, le crier sur les toits et surtout à travers les rues de mon village.

Un trop bref fragment du temps.

2 juin 2020

Rencontre au bord du lac de Charavines avec Pascal Perino et son équipe.

Sur le Sinaï, Moïse n’a pas hésité longtemps quand le Patron lui a proposé de choisir entre les Tables de la Loi et la Carte des Vins de l’Hôtel des Bains. Ce n’est pas que le barbu ne jouait plus de la gourde ou qu’il préférait se démonter l’épaule avec ses deux plaques de marbre. Non, tout simplement le parchemin bien trop long se prendrait à coup sûr dans les plis de sa robe, rendant toute descente digne improbable. Se vautrer devant ses condisciples et leur exposer son intimité, non merci, d’autant que notre prédicateur était un adepte du tout plein air et des tatouages confidentiels.
Cet extrait du Lagarde et Michard consacré aux premiers temps de la Chrétienté illustre bien l’image que je me faisais de l’Hôtel des Bains, une liste étourdissante et exhaustive imprimée sur papier bible, tant elle renfermait de références.
Toto, cet autre prosélyte, sans y être jamais allé m’avait décrit méticuleusement le lieu et confirmé l’extrême importance que nous avions de nous y rendre impérativement dès que possible par tous moyens de locomotion aériens, fluviaux ou terrestres dont nous pourrions disposer y compris par la violence la plus extrême. « Charavines c’est le St Graal disait-il, Bethléem et La Mecque réunis, pour les croyants intégristes tendance écolo que nous sommes c’est l’assurance de pratiquer notre religion et respecter ses préceptes avec une empreinte carbone réduite au minimum ».

Le salon des vignerons d’Albiez que Marcel Richaud organisait était l’occasion parfaite pour nous dévoyer. Deux heures de route nous mettraient en appétit avec une arrivée planifiée vers midi trente, idéalement pour le coup de blanc et la leçon de natation synchronisée des goujons du lac dans leur bain de friture. A la demie pile, les graviers sous les ombrages bruissaient de nos pas, on se doit d’être à l’heure à un premier rendez-vous. Détendu, le sourire aux lèvres, la mèche au vent et la sécurité du holster libérée, Pascal nous attendait prêt à dégainer le tire-bouchon. Le protocole des présentations d’usage fut escamoté au profit de chaleureuses poignées de main suivies de fraternelles embrassades, le temps était compté, il nous fallait bruler les étapes. Sans nous connaitre, nous avions la sensation confuse d’appartenir à une même famille, réunie pour le repas dominical traditionnel sous les platanes de la maison de l’ancêtre. Cinq assiettes de friture et un Château des Tours blanc atterrirent en entame suivis de deux côtes de bœuf persillées accusant chacune largement le kilo sur la bascule accompagnées de frites maison croustillantes et d’une salade, alibi choisi pour attester d’un contact avec un légume. Tout en orchestrant le service Pascal nous accompagna sur le registre du liquide, envoyant un blanc de Laurent Combier puis pour clore la rare cuvée « Parisy » assemblage de grenache et cinsault de E. Reynaud. Malheureusement deux impératifs nous entravaient le gosier depuis le début, à 17h nous devions déposer Philippe à la gare de Grenoble, puis reprendre la route jusqu’à Sisteron. Autant dire que ce repas s’était déroulé sous le haut patronage de Saint Ethylotest. D’ordinaire, lorsque nous jouons à domicile, Philippe et moi sommes capables de facilement démontrer les liens existants entre attraction terrestre et évaporation des liquides, mais là, pas question de déroger. Sages nous n’avons même pas terminé le Parisy, ce qui en d’autres circonstances aurait pu être pris pour un affront par notre hôte. Afin de nous imprégner du lieu et graver ces instants nous avons terminé par une visite complète de l’établissement en omettant la cave, c’eut été trop douloureux. Il y a des rencontres qui ne devraient se faire que dans la durée, sur le temps long, seule l’heure d’arrivée serait connue. Peu de choses auraient alors de l’importance, ce qui se fera la prochaine fois, qu’aucun de nous n’en doute.

On meuble…

8 mai 2020

Scénario et dialogues de Pierre Mortel

Mimi, Fifi & Glouglou – Androïde

7 mai 2020

Jeûne

2 mai 2020