Mimi, Fifi & Glouglou – Vieux cons

5 mars 2018

Vingt en Vrac, prochainement, enfin bientôt aux Éditions de l’Épure.

19 février 2018

Le 12 avril sortira aux Éditions de l’Épure “Vingt en Vrac” recueil de nouvelles toutes vraiment plus les unes que les autres. En arriver à un tel niveau de finesse d’écriture et de drôlerie caustique ne fut pas une sinécure pour l’auteur. J’ai dû des mois durant au fond d’une cave humide sur les murs de laquelle ne ruisselait que de l’eau, trimer sous la férule impitoyable de Sabine Bucquet-Grenet, dite La Patronne. Vous avez ci-dessous une des cinq recalées, à ce point excellente qu’il vous sera difficile, voire impossible d’imaginer le registre des vingt retenues.

Kenobama par Marc Demuseau

Château Machepro

Il en est du monde du vin comme du reste, pas d’exception, on y rencontre de tout, de tous horizons, jusqu’au rustre de concours. Pourquoi cet univers dérogerait-il à la règle ? En croiser un beau, un vrai ne laisse jamais indifférent et marque son homme, voire le laisse hébété, pantois devant la performance du discourtois.

Deux fois par an a lieu à Cagnes sur Mer dans l’enceinte de l’Hippodrome un grand raout où producteurs de tous horizons s’agglutinent pendant trois, quatre jours pour célébrer la grand-messe du manger et du boire, l’occasion de réelles découvertes et de belles déconvenues. On rencontre là, fin des années 90, les Muscadets et la moustache de Jo Landron, cette autre, non moins belle de Philippe Chatillon descendu de son Jura, les alcools de poire, de reine-claude et derrière une mèche rebelle, Laurent Cazottes, le gras fondant de l’échine du porc noir de Bigorre de Pierre Matayron mais aussi bon nombre de liquides insipides et de solides indignes. C’est aussi l’opportunité au beau milieu du printemps et de l’automne d’aérer les ancêtres ou de les préparer à l’hibernation, les maisons de retraite ne s’y trompent pas qui les déversent par cars entiers. Celui de mai est reconnaissable aux effluves de naphtaline survolant le troupeau en mouvement. Dans un raffut de déambulateurs, de prothèses de hanches et de caddies, les portes s’ouvrent à dix heures pétantes sur cette meute de retraités avides, prêts à dilapider leurs pensions pour retrouver des bribes de leur enfance et se charger de souvenirs pour l’éternité.

Plan en main, on déambule dans les allées, le bout du nez mené par les odeurs. En entrant à droite au fond, c’est devenu une habitude, je bave sans retenue sur ce pain d’épices aux parfums de réglisse. À l’idée de le déguster, associé à un beurre demi-sel, mon cholestérol s’envole. Toutefois son passage sur la balance me rappelle qu’il se vend au poids et qu’en l’occurrence sa densité proche du mercure devrait m’inciter à la retenue, pour peu que je cède à la tentation et ajoute une ou deux douzaines de ces macarons dont la croute s’effondre pour libérer une purée d’amande délicieusement amère.

Mais je m’égare, j’étais parti pour dégoiser, médire sur mon prochain et voilà que je digresse….de cheval. Je sais, je sais, désolé mais le lieu m’y autorise. Bon donc, revenons à mon malappris. Proche voisin du stand de Laurent Cazottes, j’avais fait sa connaissance et goûté les vins, l’homme était jovial, très volubile et franchement sympathique. Les années passent et récemment au hasard de mes déambulations je retombe sur lui. La conversation reprend là où nous l’avions laissée, j’achète quelques bouteilles, je traine, je regoûte, et finis par l’inviter le soir même avec sa collaboratrice. Le salon ferme à 20h, la maison est à deux pas. Cela tombait bien nous avions ce soir-là nos hôtes permanents : Jo, Guillaume et le beau Rénato. Elevés à l’ancienne, nous avons tenu à ne rien entamer, ne rien toucher, ne rien boire tant que nos invités d’un soir n’étaient pas là. L’exercice était difficile, d’autant plus que nous ne sommes pas habitués d’ordinaire à moduler, à jouer sur la retenue, nous avons la pédale d’embrayage susceptible. Parfois le moteur s’emballe sans que nous le voulions. Généralement dès que les premiers se pointent, on déclenche les hostilités avec un petit coup de blanc, immanquablement les autres invités arrivent avant que la deuxième ne soit vide. 20:30 arrive, le frein à main est bloqué, au taquet, mais résiste. 21:00 ça sent le caoutchouc brulé, on récrimine dans les rangs. Un certain, d’ordinaire si mâle, simule l’inanition. Craignant que ne s’y mêle l’amertume devant mon attitude qu’il juge si molle, je compose. 21:30 Ils sont perdus, je les guide par téléphone, ils ne devraient plus tarder. Rénato redevient fréquentable. 21h45 Je sors dans la rue pour les accueillir. Il est presque 22h00 lorsque la voiture se gare sur le parking. Mon vigneron et son assistante en descendent et là lui me regarde quelque peu surpris, voire interloqué, je lis une forme de déconvenue sur son visage. Il jette un regard alentour. « Il y a un problème ? » lui dis-je. « C’est toi, Philippe ? » « Ben oui ! Pourquoi ? » « Parce que nous sommes bien invités à manger ce soir chez un Philippe, mais ce n’est pas toi… Tu n’es pas motard ? » « Ben non ! Pourquoi ? » « Parce que celui de Philippe chez qui nous devons manger ce soir est motard. » « Et alors ? » « Ben alors faut qu’on y aille parce que je lui ai promis que nous mangerions ensemble ce soir. Excuse ! » Ça je ne suis pas certain qu’il l’ait dit. Et mon  bonhomme est remonté dans sa voiture et a filé vers Antibes là où habitait Philippe le motard. J’ai refait les 50m qui séparent la rue de la maison, même pas énervé ni fâché. J’ai dû me dire « Ben merde alors ! Il est magnifique celui-là ! J’aurais dû le mesurer avant de le relâcher » Subjugués par l’énormité du gag, nous nous sommes appesantis quelques instants sur le malotru avant de décréter que la période de sevrage avait suffisamment duré, que le frein à main pouvait être lâché et que les hostilités étaient ouvertes. « Allez Guillaume ! Fais péter un coup de blanc ! »

Mimi, Fifi & Glouglou – Tout faux

14 février 2018

L’heure où les glands fauves sont noirs.

25 janvier 2018
La dernière création de Glougueule, la semaine dernière sur machine chez ICI, notre imprimeur

Il est bien facile d’accabler les petites mains en leur assénant d’acerbes réflexions et leur reprocher leurs négligences si minimes soient-elles. Il m’a sévèrement été reproché de ne pas avoir mis en avant dans le texte de présentation de La Dive la première mise en vente MOOONDIALE de notre nouvelle affiche en format 50 x 70 pour le prix dérisoire de 18€, plus port. Depuis cette bévue, les pires tâches, les plus humiliantes, me sont réservées et je n’ai eu d’autre choix que de me mortifier profondément les chairs afin de satisfaire mon Maître et qu’il daigne diminuer l’étreinte de mon collier. J’espère cette fois avoir bien fait tout comme il le souhaitait sinon j’aurai à nouveau droit au fouet. De ce magnifique fouet en cuir fauve avec ses boules de plomb, il a promis de m’en donner vingt coups bien placés. Pffft, je me demande si je ne préférerais pas travailler chez Amazon.

Glougueule à La Dive 2018.

17 janvier 2018

Même si les vieux saumons que nous sommes ont de plus en plus de mal à remonter la Loire à la seule force de leur appendice caudal, et ce malgré l’entretien et la persévérance qu’ils y consacrent, nous aurons le plaisir de vous retrouver à Saumur les dimanche 4 et lundi 5 février fidèles au poste derrière notre stand de La Dive. Vous pourrez y découvrir notre dernière production présentée en décembre et qui a déjà fait notre renommée au sein de nos familles, j’ai nommé “À l’heure où les grands fauves vont boire” magnifique affiche en 50×70 issue du cerveau de mon camarade de jeu Michel Tolmer. Vous aurez aussi la possibilité de vous arracher à prix d’or les derniers exemplaires de Mimi, Fifi et Glouglou, épisode 1 ainsi que ticheurtes, polos et tabliers découverts récemment lors de fouilles impromptues.

Les Grands Fauves vont boire sur les bords de Loire.

 

Mimi, Fifi & Glouglou – Mercato

9 janvier 2018

Bonne année aux femmes et aux hommes de glou !

4 janvier 2018

Issu de notre centre de recherches,
voici l’outil pensé et développé à votre attention exclusive.
Glougueule vous souhaite une très belle année 2018

Mimi, Fifi & Glouglou – Indulgence

11 décembre 2017

Sur un scénario de Pierre Mortel

Tout ça pour Dufau.

27 novembre 2017

Depuis le début de l’année Toto, me le rabâche, me le surine : “Ne te précipite pas, fais-toi désirer, ne te montre pas trop, c’est pour toi cette année ! Qui d’autre pourrait te ravir le Graal ? Quand Pivot se brosse la tignasse de la main gauche, c’est toujours pour sortir une énorme surprise du chapeau et là tu as bien remarqué qu’il l’a fait à plusieurs reprises à La Grande Librairie. A nulle autre pareille ton écriture est comparable, elle marquera ce début de XXIème siècle, crois-moi. Malraux l’avait dit, le XXIème sera quesnaldien ou ne sera pas!” Ne pas trop se montrer, se faire désirer, bon d’accord, ça je sais faire, en gros glander en attendant le gros lot. Sauf que onze mois plus tard, les grands prix littéraires ont été attribués et la sonnerie de mon turlu est restée mouette de pouette.

Bien calés nous attendons le décollage.

Nous sommes prêts à décoller. Cap’tain Dufau’s speaking! On coupe les liaisons avec le sol.

Alors quand ce matin, Monsieur Polpo et Mademoiselle Jeanne m’ont dit que nous étions attendus aux Bacchanales et que je devais me faire beau, enfin, présentable, je me suis repris à espérer et me suis entrevu un destin hors-normes, quasi suédois. Je me suis vu à Stockholm anxieux dans mon costume de pingouin en attendant l’heure de la remise du Nobel et surtout de son pactole qui me permettrait de creuser dans la roche cette cave où je pourrai mettre à l’abri de la fournaise sudiste mes quilles tant chéries, un paquet de couronnes convertibles en euros trébuchants. Pour me déstresser nous avons tutoyé une Bodice 2015 de Hervé Villemade accompagnée de chips de pois chiche avant de rejoindre l’ami Christophe Dufau. Aller chez Christophe, ce n’est pas aller au restaurant, c’est aller manger chez un ami qui a, le hasard, un restaurant, il aurait pu être éleveur de faucons ou enfant de chœur, c’eut été la même chose. Quoique le pape me  dit que non. Je serais incapable de vous rappeler par le menu tout ce que nous avons mangé, mais cela a été un très bel après-midi. Mademoiselle Jeanne qui ne connaissait pas le lieu et notre hôte, en est ressortie toute guette, agréablement surprise par tant d’innovations délectables.

Scusez si je bave mais je ne peux faire autrement, rien qu’à y penser.

Côté vin, nous n’avions pas fait les choses à moitié, outre la Bodice 2015, nous avons largement entamé un Crémant du Jura des brozère and sistère Ganevat, une Grandes Jorasses 2015 de Belluard qui au terme de sa courte vie nous a révélé tout le potentiel, mais bon, trop tard, nous ne lui avons pas laissé le temps d’exprimer son sublime moi profond. Ensuite sur le tartare de chevreuil nous avons enquillé une Mémé 2006, absolument parfaite, nickel ! Mémé sait se tenir à table ! Et pour finir nous avons ouvert une bouteille de blanc de ce domaine de la plaine orientale Corse appelé à devenir mythique : I vini di Bapo. On dit dans certains milieux parisiens plus ou moins autorisés des hauteurs clodoaldiennes qu’il serait appelé à côtoyer, voire supplanter certaines productions transalpines hors de prix. Je ne sais si cette fin d’année 2017 me verra couronné enfin d’un prix littéraire qui depuis longtemps aurait dû justement me revenir mais à coup sûr 2018 va devoir me subir, à commencer par les lecteurs de Glougueule. Tant pis pour vous, je suis de retour.

Mimi, Fifi & Glouglou – Flair

6 novembre 2017