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Je suis un petit oiseau et Chaval avait raison.

mercredi 6 novembre2013

 

J’aimerais bien connaitre le nom du crétin qui a dit : “Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse!” De même que le verre, son volume et l’épaisseur de sa lèvre sont importants lorsque l’on boit, il en est de même pour moi quant à la bouteille. Donc ce matin je trainais mes claquettes avec à l’intérieur une purée de doigts de pieds, tant il y avait de touristes sur le Cours Saleya, lorsque je tombai en arrêt devant le stand d’une charmante Niçoise au nom taillé dans le granit : Nicolle Le Goff. Parmi son ensemble de flacons anciens, mon regard fut tout de suite attiré par une très jolie bouteille XIXe soufflée au verre épais et légèrement bullé avec un cachet sur lequel figurait la mention “Litre N.P.F.”Détail de ce qui n'est plus une bouteille. Ceci n'est plus une bouteille.J’en étais à négocier ardemment mon achat quand ma fille pointa son museau pour me signaler qu’elle était tombée en pâmoison devant, je ne sais trop comment la définir, une petite bonbonne, une mini dame-jeanne située à une trentaine de centimètres sur ma gauche. Enfin, toujours est-il que Lucile avait raison, cette bouteille était superbe. Du coup, renégociation pour les deux, nous trouvons un terrain d’entente, j’emprunte 20€ à court terme et me voilà parti, tout content de moi, terminer mon tour de marché. Et alors, c’est en montant dans la voiture, en faisant je ne sais trop quoi, que j’ai voulu vérifier laquelle des deux avait le verre le plus épais, s’ensuit un corps à corps intense, bref et définitif avec en apothéose ce petit bruit mesquin de l’ampoule qui explose.

Si la vie est une alternance de joies profondes et de dépressions intenses, je venais de prendre ma dose pour la journée. Mon Litre NPF avait implosé. Je profitais de cet instant pour me redéfinir, me resituer à l’intérieur de ce monde cruel, dans cet univers sidéral qui n’avait d’égal que mon incommensurable bêtise et si Chaval affirmait que les oiseaux sont des cons, là je me sentais voler toutes plumes au vent. Et le vainqueur est............S’il y a parmi vous un spécialiste en bouteilles anciennes, pourrait-il le cas échéant m’indiquer quelle était approximativement la valeur ou non de mon Litre N.P.F.? Je connais dans le Vieux Nice une confrérie de Flagellants, qui avait hébergé l’ami Touvier dans sa fuite, prête à m’accueillir et m’aider afin que je me mortifiasse profondément les chairs comme je me le dois.

Là, respirez, soufflez, je vous évite le coup de la comparaison avec la robe et la jolie dame, qu’elle serait été plusse belle que si elle aurait porté des haillons.

Olive

vendredi 22 mars2013

Olive et moi, c’est une vieille histoire. Il devait encore lui rester quelques cheveux sur le crâne et c’est sur le stand des Landron à l’hippodrome de Cagnes sur Mer que Jo me l’a présenté : “Tiens! Olivier!  Il va ouvrir un bar à vins à Nice!”. L’homme n’était déjà pas bien grand mais on sentait bien toute la détermination derrière la chauvitude du schtroumpft. A cette époque, dans le coin, le choix nous obligeait à pratiquer une forme d’ascèse volontaire, chacun se piquant la ruche à domicile; alors un lieu où il serait possible de boire en troupeau, forcément, cela m’intéressait.

Et fectiv’ment quelques semaines plus tard ouvrait La Part des Anges au 17 de la Rue Gubernatis à Nice.

Il y eut les mercredis de la Part où régulièrement une jolie tablée de dix se réunissait, chacun apportant ses plus belles bouteilles, il y avait là des artisans du bâtiment, quelques profs, un dessinateur, un arracheur de dents; toute la fine fleur de la boivitude locale du moment. En 2002,” la soirée lunettes Picsou” draina de nombreux vignerons qui jusqu’à l’aube firent durer le plaisir. Grotonio, Yvon Métras, les Valette et bien d’autres. Les premiers jours de juin de cette année là étant très favorables à l’expression corporelle, certains s’entretinrent avec lui jusqu’au petit matin. 2003 et la seule exposition de Michel Tolmer en région PACA, partagée entre 20/20 et Part des Anges. Énorme succès commercial qui permit à l’artiste d’acquérir une magnifique notoriété avec vue mer.

Même si les aléas du temps ont quelque peu espacé ces moments, Olivier reste pour moi un des piliers indétrônables de mes amitiés bachiques. Et c’est par hasard, chez une amie commune de la Vallée du Rhône, que nos liens se sont resserrés. Au cours de ce marathon gastronomique, la température s’est élevée de plusieurs degrés et comme deux vieux masaïs nous nous sommes retrouvés dans les bras l’un de l’autre, secouant nos sagaies en se promettant de renouveler cette antique tradition des mercredis.

C’est pourquoi ce matin je suis descendu dans mon antre afin d’y choisir une bouteille qui soit à la hauteur de l’événement. Rhône Nord, Côte-Rotie 1999 des Frères Jamet : “Bingo!” Juste la bouteille idéale que je lui avait échangée début des années 2000. Géraldine, la charmante petite demoiselle qui y effectue son stage, s’est chargée de l’ouverture et de la mise en carafe une bonne heure avant. Pour préparer le terrain, une bouteille de Jean-François Ganevat “Les Enfants terribles”  absolument renversante de gourmandise et de fluidité. Même pas dix minutes à quatre. Un risotto au jus d’ortie avec ses  artichauts piquants d’Albenga et petits brocolis poêlés avec un Sylvaner Zellberg 2001 de Julien Meyer (30 mois de barrique sans soufre, issu de raisins légèrement botrytisés) pour nous mettre sur les rails. Et là, un joli boudin, sa purée de pommes de terre, pile-poil avec la Côte-Rotie des Jamet : le bonheur.

En nous quittant Olive et moi nous sommes promis de remettre le couvert dans un avenir très proche. En attendant vous pouvez aller vous promener sur son site tout récemment créé :

http://www.la-part-des-anges-nice.fr/

Olive! Longue vie à nous et à notre amitié.

Mais que fait la Police ?

jeudi 30 juin2011

Décidément les rues de Nice ne sont plus sûres du tout, le maire a beau prôner le tout sécuritaire en installant des caméras partout, le compte n’y est pas. Jacfé et moi nous sommes encore faits enlever samedi dernier et ce, incroyable, par les mêmes malades.

Dans un premier temps nous avons bien essayé de leur expliquer : “Mais messieurs, vous nous avez déjà enlevés la semaine dernière. Nous avons très bien compris. Y’a pas que les vins “nature” qui soient bons. Les grands Bordeaux quand ils ont atteint leur apogée après de longues années de vieillissement sont vraiment excellents…. Oui tout à fait… Il en est de même pour les Bourgognes… Aucun problème!” Essayant de prendre l’accent corse, le petit Marseillais nous dit : “Je crois que vous n’avez pas bien compris! Vos vins, même pas vous prononcez le nom devant moi. Ils n’existent pas. Ça vous ne l’avez toujours pas assimilé. Alors on va refaire une petite séance de rattrapage….Antoine, envoie!”

Un type tout en noir au léger embonpoint, avec une cagoule brodée “Patrimonio” et dessous  “Offert par l’Office de Tourisme” nous présente les bouteilles.

Pfffuittttt ! Jamais nous ne pourrons boire tout ça. Et là cette fois je les sens énervés, pas question de discuter. Ils ont décider d’enfoncer le clou. Chateau Giscours 1989, Trottevieille 1961, Ducru-Beaucaillou 1984, Branaire 1995. “Et pour finir nous vous avons mis de côté un petit Chateau d’Yquem 1999!”

Deux heures plus tard, le 4×4 noir aux vitres aussi fumées que nous, nous déposait devant la gare de Nice. La vitre s’abaissa et le marseillais nous regardant goguenard nous dit : “Hé les gauchos, prochain enlèvement samedi, même endroit, même heure, j’ai comme l’impression que vous n’allez pas tarder à y prendre goût. Bientôt vous me supplierez pour y revenir, nous on a tout notre temps, on a l’argent!”

Kéno et son Jack pote auront-ils la volonté nécessaire pour résister à la tentation de boire des coups même s’il y a du soufre? Leur seule passion n’est-elle pas de picoler plutôt que de déguster ?

Vous aurez les réponses à ces questions dans le prochain épisode de notre saga de l’été qui s’intitule : La Saga de l’été