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De la bougnette considérée comme un des beaux-arts

dimanche 2 décembre2012

L’influence de notre mannequin sur la course du monde et plus particulièrement celle des arts est incommensurable. Karl L. nous l’a rappelé pour la haute couture. Nous savions pour la sculpture et la peinture, mais pour la littérature? Qui savait?

La parution prochaine aux Éditions de l’Épure de son roman autobiographique :”Les Particules Alimentaires” nous révélera les origines profondes de sa quête obsessionnelle de la tache parfaite et la raison pour laquelle il a choisi “Houellebecq” pour pseudonyme. D’après C. sa femme, qui tient à garder l’anonymat, il semblerait que cela remonte à sa petite enfance lorsque sa mère, fort sévère, lui hurlait :”Michel, où est le bec? Où est le bec?” à chaque fois qu’il s’emplâtrait la devanture.

Mimi, profession mannequin

lundi 10 septembre2012

Un jour vient le temps du désamour. Alors, plus rien ne compte, on est prêt à tout pour tourner la page. On ne recule devant aucune bassesse.

Il s’en est fallu de peu ce matin-là. Cinq minutes, cinq petites minutes et la face de la mode en eût été changée à tout jamais. Il eût suffi que Karl ne prenne pas ce dernier café-calva pour se donner du courage avant de reprendre la route, pendant que Mimi attendait, tête basse, dans la mercedes. Sans ces cinq minutes, l’accident n’aurait pas eu lieu, Mimi se serait inéluctablement acheminé vers un lugubre destin.

Mais on ne se sépare pas si facilement de son mannequin emblématique, toutes ces années, ces défilés, ces moments de gloire.

1976 et cette collection intitulée : “Taille Unique”, caractéristique principale : les mensurations requises 90-100-90.  “La Ligne Tonneau”.

1981 : Mimi qui menait en parallèle sa carrière de sculpteur, proposa à Karl le thème de l’emmaillotement. Les doigts éclatés habillés de bandelettes sanguinolentes inspirèrent Karl. “La mariée accidentée” fut incontestablement le clou de cette collection.

Et puis l’arrivée de l’éblouissante Inès de la Fressange, sa jeunesse, sa fraicheur et lentement, insidieusement Karl en vint à envisager la séparation.

Toujours est-il que par ce froid matin de janvier, lorsque vers 8h, Karl, parfumé au calva, percuta l’arrière de ma voiture, il était sur la route de la maison de retraite. Mimi, le nez éclaté, essayait tant bien que mal de contenir le flux sanguin, pendant que la Walkyrie lui braillait “Achhh! Mimi! Zaitu qué zai imbozible de vaire bartir du zang zur du guir blanc! Mimi ! ché déviens vou akozdédoi!  “. Touché par le désarroi du mannequin, je proposais mon aide. “Achh! Foubouvais pien en vaire zeguefoufoudrez, léméner à labattoir ou à la maizon de redraite! Bais tanzekala foutefrez brévoir eine tétomagement!”

C’est donc au poids et contre quelques billets de 100 que je sauvais Mimi d’une fin triste et longue comme un jour sans vin.

Depuis cet épisode, Monsieur Tolmer et moi-même le soignons, il a repris goût à la vie, son poil est à nouveau brillant et soyeux. Ah! il faut le voir gambader dans les caves la crinière au vent, marquant du pied les barriques où il décèle la moindre trace de volatile et de s’en délecter. Quand dans ses beaux yeux innocents, vous lisez cette joie de vivre, vous vous dites que votre passage sur terre n’aura pas été vain. Alléluia au très haut des cieux, Mimi est parmi nous!

Heavy méthane

samedi 14 avril2012

A quoi bon vieillir si l’expérience ne nous apporte pas au moins une once de lucidité ? Mais moi, crétin que je suis, j’aurais dû m’en douter, le parcours était balisé, les indices pullulaient et je n’ai rien vu venir. Le fourbe avec sa petite face de poupon à bouclettes m’a bien berné.

Deux fois de la salade de pois chiches aurait déjà dû m’alerter, une pleine assiettée de gratin de choux-fleur et pour couronner le tout, ma fiancée qui lui prépare ces petits beignets de farine de châtaigne dont il raffole, il avale ça comme des cacahuètes. Pour avoir une idée de ce qu’il en ingurgite, il faudrait installer un compteur à l’entrée du gouffre. Content et repu, l’infâme m’a souhaité une bonne nuit et surtout de bien en profiter car “Demain la route sera longue!”

En effet J.C. avec ses treize stations peut remonter sur sa croix, moi c’est le trajet entier qui fut un calvaire. L’homme, sous prétexte qu’il entend mal, a nié toute production personnelle. “Si tel était le cas je l’aurais quand même bien entendu! Faut pas exagérer! PQ, tu énerves à la fin!” Certains lui trouvent la mine légèrement couperosée, soyez attentif ! Surveillez-le bien ! Ce sourire béat, la face qui rougeoie et cette décompression des joues, suivie d’un souffle d’aisance infinie. Cela ne vous rappelle rien ? Souvenez-vous de bébé dans son berceau, sa face réjouie et empourprée, le petit rictus qui apparait soudain, la crispation des muscles puis l’infernal fumet et le relâchement lumineux de sa face d’ange. Ça y est, vous y êtes ? Eh bien pour moi, Poupon la Peste a renouvelé la performance durant toute une journée entre Nice et Bourgueil. Je suis sûr qu’à plusieurs reprises, j’ai involontairement battu des records d’apnée.

Mimi, homme de voile, fils d’Eole, roi du vent.

A ce niveau de production, il ne faut plus gaspiller. Un gazoduc La Seyne – Fos serait d’un excellent rendement, joli complément de retraite. Pendant un temps, j’ai craint pour ma santé. Les yeux me brulaient. La gorge irritée,  je vacillais. Monsieur mange exclusivement des produits bio, cela pose problème et demande indubitablement réflexion. Quel peut être le parcours interne de ces aliments? Y-a-t-il une dérivation qui leur ferait emprunter un trajet inconnu de la science? Un passage secret qui passerait par l’enfer du décor ? Comme dit son ami Karl Lagerfeld “Archhh! Mimi quel immenze myztère!”