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Les dessus de Table. La Galerie du Miam

mardi 16 avril2013

Il ne suffit pas de stocker la matière, multiplier les repas, en amonceler les photos, encore faut-il avoir du goût, et franchement ce n’était pas gagné. (suite…)

Mimi, profession mannequin

lundi 10 septembre2012

Un jour vient le temps du désamour. Alors, plus rien ne compte, on est prêt à tout pour tourner la page. On ne recule devant aucune bassesse.

Il s’en est fallu de peu ce matin-là. Cinq minutes, cinq petites minutes et la face de la mode en eût été changée à tout jamais. Il eût suffi que Karl ne prenne pas ce dernier café-calva pour se donner du courage avant de reprendre la route, pendant que Mimi attendait, tête basse, dans la mercedes. Sans ces cinq minutes, l’accident n’aurait pas eu lieu, Mimi se serait inéluctablement acheminé vers un lugubre destin.

Mais on ne se sépare pas si facilement de son mannequin emblématique, toutes ces années, ces défilés, ces moments de gloire.

1976 et cette collection intitulée : “Taille Unique”, caractéristique principale : les mensurations requises 90-100-90.  “La Ligne Tonneau”.

1981 : Mimi qui menait en parallèle sa carrière de sculpteur, proposa à Karl le thème de l’emmaillotement. Les doigts éclatés habillés de bandelettes sanguinolentes inspirèrent Karl. “La mariée accidentée” fut incontestablement le clou de cette collection.

Et puis l’arrivée de l’éblouissante Inès de la Fressange, sa jeunesse, sa fraicheur et lentement, insidieusement Karl en vint à envisager la séparation.

Toujours est-il que par ce froid matin de janvier, lorsque vers 8h, Karl, parfumé au calva, percuta l’arrière de ma voiture, il était sur la route de la maison de retraite. Mimi, le nez éclaté, essayait tant bien que mal de contenir le flux sanguin, pendant que la Walkyrie lui braillait “Achhh! Mimi! Zaitu qué zai imbozible de vaire bartir du zang zur du guir blanc! Mimi ! ché déviens vou akozdédoi!  “. Touché par le désarroi du mannequin, je proposais mon aide. “Achh! Foubouvais pien en vaire zeguefoufoudrez, léméner à labattoir ou à la maizon de redraite! Bais tanzekala foutefrez brévoir eine tétomagement!”

C’est donc au poids et contre quelques billets de 100 que je sauvais Mimi d’une fin triste et longue comme un jour sans vin.

Depuis cet épisode, Monsieur Tolmer et moi-même le soignons, il a repris goût à la vie, son poil est à nouveau brillant et soyeux. Ah! il faut le voir gambader dans les caves la crinière au vent, marquant du pied les barriques où il décèle la moindre trace de volatile et de s’en délecter. Quand dans ses beaux yeux innocents, vous lisez cette joie de vivre, vous vous dites que votre passage sur terre n’aura pas été vain. Alléluia au très haut des cieux, Mimi est parmi nous!