Bruno SCAVO, mon Bon Sauveur
Samedi 21 mars2009Bon Sauveur, c’était un institut psychiatrique à Caen. Je ne sais si c’est valorisant en tout cas c’est une des formules idéales pour définir mon ami Bruno SCAVO.
Bruno est sommelier dans un paradis fiscal proche de la frontière italienne, dont je tairai le nom afin de lui éviter des problèmes avec les autorités monégasques. Alors je sais, certains d’entre vous sont déjà en train de faire la fine bouche en disant : » Oui, Eeuuuh! Alors lààààeeeuh! Si maintenant il nous aborde le thème des copains sommeliers pour en arriver à nous faire la promo des Bordeaux, on change de crèmerie ! ». Je vous répondrai, illico, que Bruno a la grande qualité de ne pas s’intéresser qu’aux sempiternels Bordeaux et Bourgogne, et qu’en plus il y a des vignerons bordelais qui ont compris depuis longtemps qu’une approche « nature » de la culture de la vigne ne pouvait pas être pire que ce qu’ils voyaient autour d’eux.
Lundi et mardi derniers, lâchement abandonné par un restaurateur que je pensais être un ami, qui a préféré un compagnon de dégustation, plus jeune et plus chauve, je suis parti avec Bruno au Salon de la Remise à Nîmes, suivi des Toqués des Dentelles à Jonquières pour finir le lendemain à Avignon au Salon Découvertes en Vallée du Rhône pour goûter les Chateuneuf du Pape et les Cairanne. Déguster avec lui c’est apprendre, tout ce que je sens confusément, il l’exprime simplement. Toujours chaleureusement accueilli par les vignerons, il m’a permis d’accéder à des crachoirs que je n’osais même pas envisager.
Il remplit ses carnets à spirales de notes trés détaillées avec les arômes perçus, le potentiel de garde, une note sur vingt, l’accord gastronomique que ce vin suggère, enfin tout comme moi sauf que je ne note pas, je mémorise.
Quand un vigneron me demande d’un signe de tête ce que je pense de telle cuvée à laquelle il semble trés attaché, plutôt que de le froisser en ne trouvant pas les mots qu’il attend je lance mon étrange regard d’épagneul abandonné un quinze août vers Bruno qui a la délicatesse d’embrayer sur son analyse personnelle et de m’y associer. Quand je vous disais que Bruno SCAVO est mon Bon Sauveur.





Vélo, marche, silhouette svelte, un peu le Michel TOLMER de l’étape, ce genre de personnage qui ingurgite de préférence surtout de tout, mais en grande quantité et ne prend pas un gramme. Le voyage est tellement long que j’ai le temps de l’imaginer, mais une fois vautré sur le palier du sixième c’est la vieille fan de BD frémissante qui frappe à l’huis de son logis. Je m’abstiens de lui infliger ma blague favorite et trés pointue, à n’utiliser qu’avec les personnes rencontrées pour la deuxième fois, aprés un grand laps de temps, qui consiste à entâmer la conversation par un joyeux : « Salut …, c’est encore moi ! ». Dommage, je l’aime bien. A peine le temps de reprendre mon souffle qu’Yves nous ouvre la porte.
Simple et chaleureux la discussion démarre par un Montlouis pétillant de Damien DELECHENAUX. L’ami Michel Tolmer, conseiller image et liquide de GLOUGUEULE, discute technique picturale avec Yves pendant que je fouille dans le tas d’originaux à la recherche du stripe idéal. Celui sur lequel figureront le Baron Noir et un mouton, mais surtout qui pourra encore m’émouvoir dans quelques annèes par son graphisme et l’humour de ces trois cases. 




















