La croisière se murge – Part 2

Comme vous avez pu le voir dans l’épisode précédent le dégustateur, même confirmé, est facilement influencé par son environnement. Voilà pourquoi, dans un souci de rigueur scientifique, nous avons décidé d’organiser une deuxième dégustation loin de toute source de pollution. Grâce à Antoine-Marie, que nous ne remercierons jamais assez, nous avons traversé  le golfe de San Fiurenzu (impossible de savoir comment ça se dit en français) pour aller mouiller sur une petite plage tranquille. Nous avons pu ainsi nous concentrer sur les arômes d’un magnum de Grotte di Sole 2008 sans qu’aucune odeur parasite (pas même celle de nos vêtements, ah ben oui, il faut savoir ce qu’on veut!) ne vienne altérer la pureté du vin. En avant-première nous vous révélons que le rapport scientifique de l’expédition, déjà réclamé par “Science” et “Nature”, établit qu’à l’unanimité nous avons préconisé un carpaccio de saint-jacques comme accompagnement idéal de cette bouteille.

Hélas, une cruelle désillusion nous attendait, puisqu’au retour de cette dégustation, nous n’avons trouvé au bout des lignes qu’Antoine-Marie avait tendues le matin que deux dentis* entre 4 et 5 kilos. Nous avons dû en urgence revoir nos plans pour le repas du soir et nous contenter de ces deux petits poissons pour accompagner de trop nombreux flacons.

Notons qu’il est fort regrettable qu’un certain “jf” ait cru bon de s’amuser à titiller la première ligne de quelques brèves saccades, rappelant en cela le côté compulsif de certains adolescents, et permis ainsi à un énorme spécimen de 7k250 de se décrocher à quelques mètres de la surface.

Enfin, en période de crise, nous avons su réagir et nous remobiliser malgré cette immense déception. 9kg de poisson, de tendres pommes de terre nouvelles enroulées dans de la joue de porc et une soupe de fraises du jardin accompagnées de menthe fraiche et d’un filet de jus de citron autochtone. Les 2 dentis n’ayant pas choisi leur destin, alors que le second avait opté pour le four, le premier fut l’objet de toutes les attentions de la part de Mimi qui lui fit subir sa spécialité : “Le carpaccio du Sculpteur”. Cette recette qu’il nous dit avoir découverte dans un incunable** du XVème siècle se pratique à mains nues, ce qui, d’après lui, évite de stresser la chair du poisson au contact du métal. La finesse des tranches, la présence persistante d’écailles et d’arêtes restent un problème secondaire, toujours d’après lui.

Effectivement, et nous tenons ici à nous en excuser publiquement, l’Egérie de la nouvelle campagne de Jean-Paul Gauthier avait raison : “Si vous immergez une quantité X de cette délicieuse mixture dans 2 volumes à proportions égales de vermentinu et de bianco gentile durant toute une nuit, il n’en restera aucune trace au petit matin. Voici qui ne laisse pas de nous surprendre.

“La nature par le biais de la science nous révèle parfois d’étranges vérités.” Mais notre quête de la vraie nature du Vermentinu ne s’arrête pas là…

*poisson méditerranéen de la famille des dorades. Le roi des poissons pour les Corses.
** Contrairement à ce que pourrait laisser penser ce mot, il n’a rien à voir avec cet autre de la langue française qui voudrait indiquer par là même le peu de désir que suggérerait une personne du sexe opposé.

 

2 réponses à “La croisière se murge – Part 2”

  1. jacfé écrit :

    La croisière se murge Part 2 (Partout?).
    La relation des faits est taillée dans le marbre journalistique de la plus belle espèce et mériterait le prix Albert Londres au minimum.
    Cependant, il y a un paragraphe qui me gêne un tout petit peu, concernant un certain JF.
    Ce n’est pas le “côté compulsif de certains adolescents” pour reprendre ta belle formule, qui est en cause, mais bien le Parkinson avancé du célèbre PQ qui était à la manoeuvre et qui a préféré se défausser comme d’hab en passant la ligne à celui qui dans la bande possède la plus grosse dose d’abnégationa et qui supporte depuis 3 décennies ( il le faut bien), les sautes d’humeur et les troubles de la personnalité de celui que nous considérons malgré tout comme notre ami.
    Ce point d’histoire devait être clarifié.

  2. Delphine écrit :

    Vous complétement êtes fous ! Vous mettre à moitié nu à côté d’Antoine-Marie, la comparaison est rude ! mais bon, on dira rin, nous les filles de Twapimoa… Mais quand même, keskilébo Antoine-Marie…

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