Les Etats d’âme du Mas Jullien 1998

Cette magnifique tranche, bien épaisse, de thon que venait de m’offrir un ami pêcheur me fît immédiatement penser à la cuvée Les Etats d’Ames 1998 du Mas Jullien. J’imaginais très bien une ratatouille compotée et réduite à souhaits que l’on aurait élaborée comme il se doit, en cuisant chaque légume séparément, allier sa palette aromatique à la puissance et au fruit de cette bouteille dont la soeur ainée m’avait laissé un souvenir marquant : ( En deux mots : Humm! Ouahh!, mais avec en plus la suavité que le temps peut apporter).

Un tour vite fait sur le marché pour acheter aubergines, tomates, poivrons et courgettes, ensuite attraper mon amoureuse et la convaincre de l’urgence de concocter cette ratatouille dont Elle SEULE détient LE secret. Laisser refroidir et attendre qu’arrive l’instant de la grande faim. Pour le thon, saisir, garder le cœur presque cru, saler et poivrer du moulin. Une carafe est prête au cas où la demoiselle aurait besoin d’oxygène. J’opère délicatement le tirebouchonnage, le vin est d’une couleur intense et au nez c’est  AAAAAAAAaaaaaaaaaaaaaaargh! Gasp! Diantre! Damned! P…. de B….. de M….! C’est pas possible! Il y a un bouchon. Comme dans Tex Avery, je me lézarde et tombe en mille morceaux, le coeur brisé.

J’ai bien tenté de la réanimer par un violent passage en carafe,  j’ai même rincé celle-ci au porto en espérant un électro-choc. Que nenni, rien du tout. Je suis effondré. Par bonheur notre cave renferme d’autres bouteilles susceptibles d’accomplir l’accord avec ce plat, mais je m’étais fait une joie à l’idée de boire cette ultime bouteille, là, maintenant. La déception passée, j’ai décidé que nous ferions la daube la plus meilleure de la galaxie.

Les grands vins ne meurent jamais.

3 réponses à “Les Etats d’âme du Mas Jullien 1998”

  1. mimi écrit :

    mon Pq je suis de tout coeur avec toi dans ton desespoir
    heureusement que je connais ta cave
    et je ne doute pas que tu aies pu regaler ta fiancée !!!
    bises

  2. Delphine écrit :

    je l’savais déjà, mais ça se confirme : trop dure ta vie !

  3. philippe écrit :

    A ce sujet, je ne sais pas pourquoi en vieillissant je n’emploie plus que le genre féminin pour cette expression.

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