Rubis my dear

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Se promener sur l’étroit fil de l’honnêteté, promettre sans s’engager, vanter sans connaître, parler pour ne rien dire, tout ça mes études me l’ont appris. Comme tout un chacun, il y a sur le parcours des changements de direction possibles et j’ai eu il y a une trentaine d’années cette opportunité. J’ai choisi épicerie, politique nécessitant des qualités morales dont je n’envisageais pas de me séparer. Alors quand l’ami Tolmer m’a demandé s’il était possible que nous fassions un article pour l’ouverture du Rubis au 14 de la Rue Léopold Bellan à Paris 2 avec le 09 84 39 42 49 pour téléphone, j’ai répondu “Laisse! Ça je sais faire. Je vais nous le vendre le resto des Kopines”. Et hop! C’est parti.

Depuis quelques jours s’est donc ouvert dans le quartier Montorgueil, tenu par Géraldine et Marie, un tout beau café-restaurant dont le nom est à lui seul évocateur de scintillements beaujolois. Et certes, d’après les premiers rapports de nos enquêteurs, la carte des vins y serait du meilleur glou (Arena, Jean-François Nicq, Nicolas Vauthier…). Mais avant l’heure où les grands fauves vont boire, le Rubis a d’autres rendez-vous à proposer :

RV N° 1 : “Mamma mia !”, s’exclame les yeux mi-clos dans le soleil matinal l’heureux mortel qui vient de découvrir l’espresso de la Maison Giamaïaca. Géraldine et Marie ont fait le voyage initiatique à Vérone pour recevoir l’enseignement d’el grande Maestro del caffè Gianni Frasi. Elles en ont rapporté tous les secrets du cappucino, du lì per lì ou du latte macchiato. Mais franchement, pour le café, est-ce que tu t’aurais fié à quelqu’un d’autre qu’à un Italien ?

RV N° 2 : Après un verre de P’tit Blanc de Puzelat pour chasser la poussière, Marie envoie harengs-pommes à l’huile, asperges vertes soulignées d’un trait d’huile d’olive grecque, bavette Black Angus écossais ou veau confit fenouil-citron, avant conclusion en beauté avec la tarte au citron ou le pot au chocolat de Géraldine.

RV N° 3 : Comme tout café qui se respecte, dans un souci d’éclectisme et de tolérance, le Rubis reste ouvert aux soifs de l’après-midi, qu’elles s’étanchent avec un jus de fruits d’Alain Milliat, un thé ou une infusion de la Maison Løv ou une bière pression, ou qu’elles anticipent sur l’heure du spritz.

RV N° 4 : Le soir descend et le client aussi, un cocktail, une bulle des Jousset ou un verre de Raisins Gaulois de Lapierre accompagnés d’assiettes apéritives puisées aux meilleures origines : picodon ou saucisson d’Ardèche, coppa, jambon San Daniele ou burrata. En terrasse, les fesses bien calées dans les chaises scoubidou ou dans la douce lumière de la salle, les paroles peuvent s’échanger autant que les bouteilles, et les amis se retrouver jusqu’à créer une véritable mêlée de Rubis. Enfin, deux soirs par semaine, le jeudi et le vendredi, on remet le couvert pour des faims plus sérieuses. En fin de repas n’hésitez pas à demander poire et reine-claude de Laurent Cazottes, à la rubrique : les Rubis Gnôles.

Le Rubis, 14 rue Léopold Bellan 75002 Paris – Tel 09 84 39 42 49. Ouvert du lundi au vendredi de 9h00 à 21h30, nocturnes jeudi et vendredi.

Bon ben alors qu’est-ce t’en dis? Si après ça on ne nous rince pas le nez correct lors de nos futures visites, ce sera à désespérer de tout, considérant qu’après tant de flagornerie il est évident que nous avons renoncé au Prix Albert Londres qui pourtant nous tendait désespérément les bras.

 

 

2 réponses à “Rubis my dear”

  1. Pet bret écrit :

    Le bistrot des kopines c’est aussi un joli nom de bistrot!

  2. gibier écrit :

    5 euros le verre de Raisins Gaulois, joli coeff multiplicateur, félicitations!

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