Simone et Émile, mes papilles et mon estomac vous aiment.

Chez le boulanger de Claret

LE pain de mes vacances à Claret. Résultat du savoir d’Emile, fruit de 53 ans d’expérience.

Blandine nous avait prévenu : “Faisez gaffe! Évitez le boulanger de Claret, il est mortel, t’en viendrais à sniffer sa farine. Et alors Simone, sa femme, elle t’enchaîne avec sa Tropézienne, comme je te connais, pour en avoir tu pourrais t’avilir de la pire des façons” Heulà! Pensais-je, Blandine est gentille mais depuis qu’elle vit dans le Sud elle a un peu tendance à appuyer sur le plateau de la balance. Par exemple ses enfants, elle pense que ce sont les plus beaux, les plus intelligents, alors que chacun sait qu’en ces matières ce sont les miens, Lucile et Clément, qui le sont. Bon! Passons. C’est tellement difficile de trouver un pain ne serait-ce que bon, alors les promesses de Madame Foulaquier m’ont parues un peu trop belles. Histoire de voir, on a débuté tranquillement avec un pain moyen au levain, juste pour goûter. Les premiers cent grammes avalés, je plantais mon couteau au beau milieu de la table afin de clairement signifier au reste de la tribu qu’en tant que chef de meute les miettes m’étaient destinées . A compter de ce tout premier jour les quantités réservées n’ont cessé de progresser pour finir en apothéose avec un sac plein que nous nous sommes réparti discrètement au moment de nous séparer. Dès lors le petit déjeuner est devenu l’objet d’une cérémonie païenne, sorte de culte gastro-mystique suivi avec beaucoup du plaisir que j’aime. Le trancher en était déjà un moment.

Le Boulanger et la Patissière de Claret.

L’amour beaucoup et toujours y compris celui du métier.

Une belle croûte striée, dorée qui cède sous la lame sans s’anéantir, puis une mie exhalant des arômes de levain qui vous transportent loin vers ces vieux souvenirs aux contours mal définis et obtenir une tranche à la fois souple et croustillante, à la mie aérée. Alors tu te sens une vocation de maçon, ton couteau est une taloche que tu charges de suffisamment de matière qu’elle te permettra en un passage de combler toutes les alvéoles de la tranche. Ce beurre jaune, ni trop dur, ni trop mou, est parfait, il viendra en bouche atténuer de sa petite note grasse et salée la douce acidité du levain, amortira sous la dent l’effondrement de la croûte et viendra en cette pâte que tu malaxeras avec volupté créer le subtil équilibre que chacun recherche dès les premières heures du jour. Le commencer par ce repas a été pour moi une immense joie et des instants de plaisir intense. Cette semaine passée dans le gîte de Blandine et Pierre Jéquier de Mas Foulaquier était à la base destinée à l’amélioration de mes capacités gustatives afin de tenter de rattraper mon handicap face à la science immense en ce domaine de mon comparse Michel Tolmer, qui s’éclipse derrière Mimi Fifi et Glouglou pour nous cacher son incroyable talent de dégustateur de haut vol. Je suis reparti toujours aussi incompétent après avoir beaucoup étudié et surtout lesté d’un bon kilo supplémentaire. Tout çà pour çà, alors je bois.

2 réponses à “Simone et Émile, mes papilles et mon estomac vous aiment.”

  1. blandine écrit :

    Je soutiens cet article à fond, sauf le passage sur mes enfants bien sûr…je trouve que Quesnot n’est pas très objectif. Mais bon…Sur Simone et Emile, j’ajoute que l’ambiance musicale est juste incroyable. Si la boutique était plus grande, on pourrait faire salle de danse au milieu des miches de seigle!

  2. colin écrit :

    je suis au Texas pour 2 ans, où le pain est infâme, toujours trop sucré avec de la farine enrichie…Pas vu la boutique de Simone et Émile sur google street view. Nous faisons notre pain avec de la farine bio, de l’eau de source achetée en bouteille, du sel importe d’Espagne et de la levure sèche du Mexique.

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