Archive pour novembre 2017

Tout ça pour Dufau.

lundi 27 novembre2017

Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e Toto, me le rabâche, me le surine : “Ne te prĂ©cipite pas, fais-toi dĂ©sirer, ne te montre pas trop, c’est pour toi cette annĂ©e ! Qui d’autre pourrait te ravir le Graal ? Quand Pivot se brosse la tignasse de la main gauche, c’est toujours pour sortir une Ă©norme surprise du chapeau et lĂ  tu as bien remarquĂ© qu’il l’a fait Ă  plusieurs reprises Ă  La Grande Librairie. A nulle autre pareille ton Ă©criture est comparable, elle marquera ce dĂ©but de XXIème siècle, crois-moi. Malraux l’avait dit, le XXIème sera quesnaldien ou ne sera pas!” Ne pas trop se montrer, se faire dĂ©sirer, bon d’accord, ça je sais faire, en gros glander en attendant le gros lot. Sauf que onze mois plus tard, les grands prix littĂ©raires ont Ă©tĂ© attribuĂ©s et la sonnerie de mon turlu est restĂ©e mouette de pouette.

Bien calés nous attendons le décollage.

Nous sommes prĂŞts Ă  dĂ©coller. Cap’tain Dufau’s speaking! On coupe les liaisons avec le sol.

Alors quand ce matin, Monsieur Polpo et Mademoiselle Jeanne m’ont dit que nous Ă©tions attendus aux Bacchanales et que je devais me faire beau, enfin, prĂ©sentable, je me suis repris Ă  espĂ©rer et me suis entrevu un destin hors-normes, quasi suĂ©dois. Je me suis vu Ă  Stockholm anxieux dans mon costume de pingouin en attendant l’heure de la remise du Nobel et surtout de son pactole qui me permettrait de creuser dans la roche cette cave oĂą je pourrai mettre Ă  l’abri de la fournaise sudiste mes quilles tant chĂ©ries, un paquet de couronnes convertibles en euros trĂ©buchants. Pour me dĂ©stresser nous avons tutoyĂ© une Bodice 2015 de HervĂ© Villemade accompagnĂ©e de chips de pois chiche avant de rejoindre l’ami Christophe Dufau. Aller chez Christophe, ce n’est pas aller au restaurant, c’est aller manger chez un ami qui a, le hasard, un restaurant, il aurait pu ĂŞtre Ă©leveur de faucons ou enfant de chĹ“ur, c’eut Ă©tĂ© la mĂŞme chose. Quoique le pape me  dit que non. Je serais incapable de vous rappeler par le menu tout ce que nous avons mangĂ©, mais cela a Ă©tĂ© un très bel après-midi. Mademoiselle Jeanne qui ne connaissait pas le lieu et notre hĂ´te, en est ressortie toute guette, agrĂ©ablement surprise par tant d’innovations dĂ©lectables.

Scusez si je bave mais je ne peux faire autrement, rien qu’Ă  y penser.

CĂ´tĂ© vin, nous n’avions pas fait les choses Ă  moitiĂ©, outre la Bodice 2015, nous avons largement entamĂ© un CrĂ©mant du Jura des brozère and sistère Ganevat, une Grandes Jorasses 2015 de Belluard qui au terme de sa courte vie nous a rĂ©vĂ©lĂ© tout le potentiel, mais bon, trop tard, nous ne lui avons pas laissĂ© le temps d’exprimer son sublime moi profond. Ensuite sur le tartare de chevreuil nous avons enquillĂ© une MĂ©mĂ© 2006, absolument parfaite, nickel ! MĂ©mĂ© sait se tenir Ă  table ! Et pour finir nous avons ouvert une bouteille de blanc de ce domaine de la plaine orientale Corse appelĂ© Ă  devenir mythique : I vini di Bapo. On dit dans certains milieux parisiens plus ou moins autorisĂ©s des hauteurs clodoaldiennes qu’il serait appelĂ© Ă  cĂ´toyer, voire supplanter certaines productions transalpines hors de prix. Je ne sais si cette fin d’annĂ©e 2017 me verra couronnĂ© enfin d’un prix littĂ©raire qui depuis longtemps aurait dĂ» justement me revenir mais Ă  coup sĂ»r 2018 va devoir me subir, Ă  commencer par les lecteurs de Glougueule. Tant pis pour vous, je suis de retour.

Mimi, Fifi & Glouglou – Flair

lundi 6 novembre2017


 

De profundis gustatibus

jeudi 2 novembre2017

 

Nous avons lu De profundis Gustatibus, petit [mal]traitĂ© de dĂ©gustation d’Olivier Grosjean, alias Olif, eh bien franchement, abyssus abyssum invocat ! Dans cet ouvrage bien dans l’air du temps des bobos buveurs de vins troubles du 11ème arrondissement de Pontarlier, Monsieur Grosjean fait le malin, joue les rebelles. Monsieur Grosjean ne respecte rien. Ni les tasting notes, ni les masters of wine, ni Bob Parker, ni le sponsoring. Ni les jurys, ni les mĂ©dailles, ni les guides. Il se permet mĂŞme des attaques ad hominem contre les plus grands dĂ©gustateurs français que le monde entier nous envie, Messieurs Bettane et Desseauve, c’est vous dire !

Quant Ă  la Grande Distribution, bien sĂ»r, elle se voit accusĂ©e de tous les pĂ©chĂ©s : “…quand il s’agit de se dĂ©barrasser Ă  grande Ă©chelle de palettes de vins plus ou moins bons, qui permettront de vendre au moins autant de palettes de papier toilette pour torcher cet Ă©coulement diarrhĂ©ique de liquides embouteillĂ©s Ă  profusion pour endiguer la fièvre acheteuse des troupeaux de moutons consumĂ©ristes rendus accros aux bonnes notes, coups de cĹ“ur et autres mĂ©dailles distribuĂ©s Ă  la louche par des jurĂ©s de pacotille ou des gourous du vin se targuant de leur soi-disant expertise, mais dont l’objectif premier est de fourguer leur propre camelote de papier, parfois glacĂ©, quand il n’est pas rugueux au toucher, ce qui les rend impropres Ă  une lecture aux cabinets.

Non omnia possumus omnes Monsieur Grosjean ! Vous croyez peut-ĂŞtre que c’est avec vos producteurs Ă  10 hectos Ă  l’hectare que nous allons rĂ©sorber le dĂ©ficit du commerce extĂ©rieur ? C’est bien beau d’idolâtrer Pierre Overnoy ou Alice et Olivier De Moor, mais ces gens-lĂ  n’ont rien compris au mass market. Quelle vulgaritĂ© et quel mĂ©pris du peuple ! A contrario, l’auteur de ce “Petit [mal]traitĂ© de dĂ©gustation” ne dĂ©daigne pas les mondanitĂ©s Ă  Gevrey-Chambertin ( Ă  l’horizontale, vous imaginez la scène… ), il se rince la glotte Ă  la RomanĂ©e-Conti ou au PĂ©trus, qu’il recrache d’ailleurs sous prĂ©texte qu’il est bouchonnĂ©. Quand on a la chance de boire du PĂ©trus, Monsieur Grosjean, on l’avale, mĂŞme bouchonnĂ© !

On s’Ă©tonne qu’une maison d’Ă©dition comme l’Epure, qui compte quelques auteurs remarquables, se soit fourvoyĂ©e en publiant ce brĂ»lot ! Errare humanum est…

Les Ă©ditions de l’Ă©pure, 88 pages, 10€