Rubis my dear

22 avril 2014

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Se promener sur l’étroit fil de l’honnêteté, promettre sans s’engager, vanter sans connaître, parler pour ne rien dire, tout ça mes études me l’ont appris. Comme tout un chacun, il y a sur le parcours des changements de direction possibles et j’ai eu il y a une trentaine d’années cette opportunité. J’ai choisi épicerie, politique nécessitant des qualités morales dont je n’envisageais pas de me séparer. Alors quand l’ami Tolmer m’a demandé s’il était possible que nous fassions un article pour l’ouverture du Rubis au 14 de la Rue Léopold Bellan à Paris 2 avec le 09 84 39 42 49 pour téléphone, j’ai répondu « Laisse! Ça je sais faire. Je vais nous le vendre le resto des Kopines ». Et hop! C’est parti.

Depuis quelques jours s’est donc ouvert dans le quartier Montorgueil, tenu par Géraldine et Marie, un tout beau café-restaurant dont le nom est à lui seul évocateur de scintillements beaujolois. Et certes, d’après les premiers rapports de nos enquêteurs, la carte des vins y serait du meilleur glou (Arena, Jean-François Nicq, Nicolas Vauthier…). Mais avant l’heure où les grands fauves vont boire, le Rubis a d’autres rendez-vous à proposer :

RV N° 1 : « Mamma mia ! », s’exclame les yeux mi-clos dans le soleil matinal l’heureux mortel qui vient de découvrir l’espresso de la Maison Giamaïaca. Géraldine et Marie ont fait le voyage initiatique à Vérone pour recevoir l’enseignement d’el grande Maestro del caffè Gianni Frasi. Elles en ont rapporté tous les secrets du cappucino, du lì per lì ou du latte macchiato. Mais franchement, pour le café, est-ce que tu t’aurais fié à quelqu’un d’autre qu’à un Italien ?

RV N° 2 : Après un verre de P’tit Blanc de Puzelat pour chasser la poussière, Marie envoie harengs-pommes à l’huile, asperges vertes soulignées d’un trait d’huile d’olive grecque, bavette Black Angus écossais ou veau confit fenouil-citron, avant conclusion en beauté avec la tarte au citron ou le pot au chocolat de Géraldine.

RV N° 3 : Comme tout café qui se respecte, dans un souci d’éclectisme et de tolérance, le Rubis reste ouvert aux soifs de l’après-midi, qu’elles s’étanchent avec un jus de fruits d’Alain Milliat, un thé ou une infusion de la Maison Løv ou une bière pression, ou qu’elles anticipent sur l’heure du spritz.

RV N° 4 : Le soir descend et le client aussi, un cocktail, une bulle des Jousset ou un verre de Raisins Gaulois de Lapierre accompagnés d’assiettes apéritives puisées aux meilleures origines : picodon ou saucisson d’Ardèche, coppa, jambon San Daniele ou burrata. En terrasse, les fesses bien calées dans les chaises scoubidou ou dans la douce lumière de la salle, les paroles peuvent s’échanger autant que les bouteilles, et les amis se retrouver jusqu’à créer une véritable mêlée de Rubis. Enfin, deux soirs par semaine, le jeudi et le vendredi, on remet le couvert pour des faims plus sérieuses. En fin de repas n’hésitez pas à demander poire et reine-claude de Laurent Cazottes, à la rubrique : les Rubis Gnôles.

Le Rubis, 14 rue Léopold Bellan 75002 Paris – Tel 09 84 39 42 49. Ouvert du lundi au vendredi de 9h00 à 22h30, nocturnes jeudi et vendredi.

Bon ben alors qu’est-ce t’en dis? Si après ça on ne nous rince pas le nez correct lors de nos futures visites, ce sera à désespérer de tout, considérant qu’après tant de flagornerie il est évident que nous avons renoncé au Prix Albert Londres qui pourtant nous tendait désespérément les bras.

 

 

Mimi, Fifi & Glouglou – Tout compris

31 mars 2014

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Encore un jeu de Pierre Bonnes-Mares

17 mars 2014

Ce n’est pas pour rien que chez Glougueule nous revendiquons le magnum comme unité de mesure. Soixante-quinze centilitres, c’est peu même chez les Quakers, alors pour une tablée de dix c’est carrément une gourde pour un troupeau de dromadaires au sortir du Ténéré. Lorsque notre camarade déposa négligemment sa bouteille sur la desserte chargée de présenter à la trop nombreuse assemblée les futures immolées, un léger silence s’est fait. Mon logiciel de fin dégustateur de combat s’est mis à mouliner, mais dans le vide. À la lettre B comme Bonnes Mares 85, rien.

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Par contre, à la rubrique conseils et techniques à mettre en œuvre je trouvais : en tout premier lieu, compter le nombre d’adversaires potentiels, les hypothétiques alliés, de circonstance, ne vous y trompez pas, puis les éléments faibles, malades ou influençables. Malgré tout, les rescapés de ce décompte étaient nombreux. Restait le placement, déterminant le placement dans une telle occasion, une position centrale me mettrait à l’abri et m’assurerait contre toute déconvenue. J’étais dans l’axe et avais gardé dans mon champ de vision notre hôte qui possède un gosier tel un vinoduc et cet autre que j’avais vu entrer en transe en présence d’un magnum de Selosse. Mais le danger arrive toujours de là où on l’attend le moins, en l’occurrence il s’appelait Mario le danger que je n’avais pas vu venir.

L’ami italien d’un ami, qui ne l’est plus. Après avoir versé un fond de verre aux petits malins, qui avaient su garder le rythme et ne s’étaient pas attardés sur la bouteille précédente, restait le plus délicat où tout oscille entre gestion du plaisir et de la quantité. Boire suffisamment lentement pour apprécier pleinement chaque gorgée et assez rapidement pour rester dans le peloton des échappés de la deuxième rasade. J’avais su garder l’équilibre et me délectais de ce vin que je n’avais jamais croisé, à chaque micro-gorgée le plaisir augmentait et je bénissais notre ami d’avoir pensé à nous pour partager cet instant.

Et c’est là précisément que venant de l’arrière a surgi Mario, ce Pantani du vin, dopé à je ne sais quoi, qui après avoir ingurgité la première tournée de Bonnes Mares, sans crier gare, a saisi la bouteille et d’un violent coup de poignet l’a vidée, remplissant son verre à ras, et l’a ingurgité d’un trait, fusillé du regard dans un silence haineux. Cette histoire qui pourrait vous sembler banale a eu sans que vous le sachiez des conséquences fâcheuses. Lors de la finale de la coupe du monde 2006, Materazzi n’aurait pas évoqué la Bonne Mère, Zidane étant marseillais, mais les Bonnes Mares que son ami Mario avait sifflé à notre barbe et surtout à notre santé.

Mimi, Fifi & Glouglou – Etalage

1 mars 2014

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Mimi, Fifi et Glouglou, les beaux T-shirts pour les Femmes et les Hommes de Glou

24 février 2014

Jamais en retard d’une nouveauté, le département innovation de Glougueule a testé le vieillissement prématuré de ses t-shirts en les faisant voyager à travers la France. D’abord prévus pour être à la vente lors de La Dive début février, ils ont dans un premier temps été laissés sur les quais du transporteur. T-shirt Mimi Fifi Glouglou-femmePuis le mardi, après qu’il ait été sûr et certain que nous ne pourrions plus en vendre un seul, ils ont été livrés rue de Beaulieu à Saumur, chez un certain Bobinet Sébastien, qui subrepticement en enfila une petite dizaine d’exemplaires avant de remettre les survivants dans le camion, direction Cholet. Ils sont arrivés à Grasse tout récemment et si nous avons quelque peu tardé à les mettre à la vente sur le site c’est que nous avons été contraints de vérifier que chacun d’eux possédait bien son titre de transport en règle. Les contrôles qualité chez Glougueule sont parmi les plus stricts qui soient et les résultats toujours diffusés dans la plus grande transparence, c’est pourquoi nous pouvons vous affirmer sans nul doute que pour la matière il a bien été retrouvé du coton 100%, la densité de 150 grammes y était de même, et avec ses six couleurs vous allez briller comme des sOooleils !

Qu’est-ce que tuffeaux boire ?

12 février 2014

J’avais déjà réussi le prodige de remonter trois magnums au bout de chaque main sans faire de dégâts, mes yeux n’avaient pas encore eu le temps de s’adapter à l’éblouissante clarté et je distinguais très vaguement deux silhouettes, que je compris que ces lascars n’étaient pas de la fête et leurs intentions, de toute évidence, pas de m’aider dans ma périlleuse entreprise. Leurs grommellements sourds, la manière avec laquelle ils me toisaient, alors que je peinais dans la remontée de cave, ne me laissait présager rien de bon. C’est précisément dans ces instants de la vie que l’on échangerait volontiers la totalité de son Q.I. contre l’acquisition d’une vague technique de combat. Malheureusement, là, je n’avais à ma disposition qu’une haleine fort chargée, à la limite du fétide et mes jambes dotées d’une paire de mollets maigrelets.

« Si tu dois te battre, frappe toujours le premier, inutile d’attendre le gong pour enclencher les hostilités et surtout tu frappes d’entrée là où ça fait mal : les couilles! » Tel était à peu de chose près le conseil que m’avait donné un ancien commandant de la légion reconverti dans l’huile d’olives du côté d’Aubagne. Arrivé à leur niveau, tel Terminator, je lançai une rapide analyse de leurs positionnements géographiques et sans attendre le résultat propulsai de toutes mes forces mon pied gauche en direction de ce renflement pile-poil dans l’axe de ses hanches à une quinzaine de centimètres plus bas. La vitesse à laquelle j’exécutai ce geste tout en anticipant le coup qui terrasserait le deuxième loustic ne laissa pas de me surprendre, moi qui ne me battais jamais. Je me félicitais d’avance d’avoir suivi à la lettre les recommandations de mon fournisseur d’huile. C’est à l’impact que mon étonnement fut le plus grand et ma douleur la plus vive. Le bougre avait-il, sachant quel horrible méfait il allait commettre, protégé ses attributs à l’aide d’une coquille en pierre de tuffeaux, toujours est-il que les doigts de mon pied gauche m’avaient envoyé un signal fort, traduction d’une immense détresse accompagnée de ce que j’appellerais une ¥?>ק d’envie de meurtre.

C’est alors que le plus petit des deux, avec sa voix de gonzesse, me lança : « Mais qu’est-ce que tu as à t’agiter comme ça? Et regarde, tu as pris tous les draps et ton pied saigne! Je savais qu’en mettant le lit si près du mur, un jour tu te blesserais! La prochaine fois tu m’écouteras! »

La prochaine fois? La prochaine fois je discuterai avec mes nouveaux amis et je boirai un coup avec eux plutôt que de vouloir les agresser alors qu’ils ne m’ont rien fait!

ça va signer !

30 janvier 2014

Le thermomètre baisse, signe indubitable que la Dive Bouteille et ses plaisirs souterrains approchent. Dimanche 2 et lundi 3, Glougueule vous attend dans les plus belles caves de Saumur* pour la présentation en avant-première mondiale du ticheurte Mimi Fifi Glouglou, et Michel Tolmer devra pour une fois poser son verre pour dédicacer sa BD…

MFG-11-4*Caves Ackerman – 19, rue Léopold Palustre 49400 SAUMUR. Dégustation 10h – 18h réservée aux professionnels éco-responsables qui crachent.

Et c’est pas fini, le Corto Maltese du plantage en dégustation vous donne rendez-vous aux quatre coins de l’hexagone et même plus loin :

8 février à ROUBAIX à la librairie Autour des mots de 14h30 à 17h30,

15 février à BRUXELLES à la librairie Filigranes à partir de 17h, le lendemain au salon des Vins Libres chez Etiquette,

24 et 25 février à MONTPELLIER, invité par les Caves 41 au château de la Banquière à Mauguio,

7 mars à MULHOUSE à la librairie 47° Nord à partir de 20h, en attendant le salon du Livre à Paris, d’autres déplacements à Lyon, Toulouse, etc… Détails sur la page Facebook des Éditions de l’Épure.

Mimi, Fifi & Glouglou vous souhaitent une année 2014 très chaleureuse

17 janvier 2014

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Derain rayé de l’AOC

14 janvier 2014

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C’est un peu la même histoire qu’Olivier Cousin. Celle du vigneron qui préfère aller tailler plutôt que de se noyer dans les papiers. Trop petit pour tout décrypter. Mais trop gênant pour qu’on laisse passer.

 

 

 

Dominique Derain s’ébat sur 6 hectares (un de plus qu’Olivier Cousin !). Il est des pionniers de la biodynamie en Bourgogne (pareil qu’Olivier), bien avant que ces chinoiseries ne soient à la mode. Alors oui, il l’a souvent ouverte. Mais là, il est resté bouche bée.

 

 

 

En avril dernier, Dominique met en bouteille deux barriques de Pommard 2012 et cinq de Gevrey 2012. Le vin était bon. Ça tombait bien, il manquait de trésorerie et les clients réclamaient.

 

 

 

Entre labours et ébourgeonnage, Dominique enfume une facture de 80 Euros émanant de l’organisme qui contrôle les Appellations (il se nomme ICONE en Bourgogne). Il appelle. Il écrit. Aucune réponse jusqu’à un recommandé qui lui signifie qu’il n’est « plus habilité à produire des vins d’AOC. » Convocation devant une commission de 22 personnes. Dominique s’acquitte des 80 Euros et puisqu’il est désormais à jour, on lui dit qu’on va pouvoir le contrôler. Humour ?

 

 

 

Pas tant… ICONE débarque. Inspection de la cave. Dépeçage des papiers. Le prévenu a mis en bouteille 8 semaines avant la date inscrite sur le cahier des charges de l’Appellation. Pour Pommard et Gevrey-Chambertin, c’est juin et pas avant.

 

 

 

Dominique découvre la nouvelle règle au moment du contrôle. « On a trop de trucs compliqués à lire. On a pas le temps. Mais pour une leçon, c’est trop cher payé ! »

 

 

 

Ces 3 500 bouteilles n’auront pas droit à l’AOC. Mais sur les 20 000 que le domaine produit, ces Pommard et Gevrey-Chambertin sont les plus prestigieuses. « Plus de 35% du revenu de la maison. Il n’y a pas eu de dialogue. Ceci relève plus d’acte de répression que des principes prétendus par ICONE d’accompagnement à l’élaboration de vin d’AOC.

 

 

 

Si j’ai agit ainsi c’est justement pour garantir la qualité de ces vins.

 

 

 

Une telle décision peut mettre en péril le domaine déjà en situation critique dû aux volumes de récolte des 4 dernières années. Est-ce une volonté de nuire ou pur coïncidence ? Je reste défenseur des AOC et bien déterminé à continuer cette bataille.

 

 

 

Mais comme disait Mandela : « seul c’est bien difficile ». »

 

 

 

Si vous êtes Chinois et prêts à investir dans un joli domaine bien entretenu :

 

Dominique Derain <dc.derain@wanadoo.fr>

SANTÉ

6 janvier 2014

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