Archive pour la cat√©gorie ‘Qui a bu quoi’

Chronique de l’amer

dimanche 11 mars2012

C’est devenu monnaie courante de lire √† la page des faits divers la relation d’un de ces d√©bordements d√Ľ √† l’alcool qui aura men√© deux amis de longue date √† des extr√©mit√©s qu’ils regretteront le lendemain une fois d√©gris√©s.

Je ne d√©roge pas √† la r√®gle. M’est-il arriv√© par le pass√© de vous narrer par le menu cette lamentable aventure qui m’avais amen√© √† participer √† ce collectif appel√© « Galinette » du nom du submersible que nous avions achet√© en commun? (Nous pensions acheter un cigare des mers, il ne s’agissait que d’un m√©got flottant). La r√®gle √©tant que le d√©missionnaire ne pouvait rien r√©clamer lors de son d√©part, je m’√©tais r√©solu √† admettre que deux promenades en mer √† ramer et √† √©coper le gas-oil en fond de cale pour 1500‚ā¨ √©tait une bonne affaire.

Eh bien je suis tomb√© l’autre jour sur ces photos au beau milieu du quotidien local o√Ļ il √©tait rapport√© qu’abrutis par l‚Äôabsorption excessive de grenache (Cuv√©e Galinette du Domaine de Sulauze de Karina et Guillaume Lef√®bvre), les deux derniers actionnaires en √©taient venus aux mains. Il semblerait d’apr√®s les premiers r√©sultats de l’enqu√™te que R√©nato Bellamusicatchitchi n’ait pas support√© que son ami Jacf√© ait chang√© la barre de direction pur style Henri II pour une « sp√©ciale sport » avec fourrure, plus en rapport avec la nature m√™me de cet ouragan des mers. Un d√©tail anodin qui, amplifi√© par l’ivresse, aura pris des proportions d√©mesur√©es.

Une fois leur magnum de honte bue, comme beaucoup de couples alcooliques, les deux comp√®res auraient repris une vie maritime commune. Jusqu’au prochain exc√®s, n’en doutons pas, malheureusement. Par bonheur, aucun enfant n’√©tait pris en otage dans cette sinistre histoire.

Rappelez-vous, parfois l’alcool peut nuire. Parfois mais pas toujours.

Grand jeu-concours/Les dégustations de Mr Picolage

mardi 17 janvier2012

Ami Glounaute et des Jeudis L.D.P., en même temps que tu collabores au rétablissement des vérités du monde du vin avec ton hémisphère gauche, tu peux participer au Grand Jeu-concours GLOUGUEULE РMr Picolage avec les autres.

Mr Picolage a test√© les 16 vins ci-dessous. Chaque vin lui a inspir√© un commentaire. Il te suffit de retrouver les bonnes combinaisons pour gagner un magnifique polo Mr Picolage qui, apr√®s t’en √™tre rev√™tu, te permettra gr√Ęce √† cet habile subterfuge d’aller donner les pires conseils que tu puisses prodiguer aux bricoleurs du dimanche qui te ruinent tes grasses matin√©es.

A) Ouaiiis ! – B) Probl√®me – C) Wh√Ęo ! – D) Pas buvable – E) Je suis vraiment nul en d√©gust’ j’en ai reconnu aucun ! – F)¬† Le m√™me en magnum, SVP ! – G) Intorchable ! – H) Tr√®s cher – I) Lourd – J) Bouchonn√© – K) C’est No√ęl ! – L) Pr√©fontaines 61 – M) Magnifique ! – N) Quelle merveille ! – O) Un peu volatile… – P) Du jamais bu !…

Le désaccord parfait

dimanche 7 ao√Ľt2011

Tout est affaire de circonstance. Pour une journ√©e harassante je pr√©conise apr√®s la douche r√©g√©n√©rante un Tout’en Bulles de Gramenon ou un Mauzac Nature de Bernard Plageoles. Apr√®s une longue balade automnale sur la plage dans la v√©randa face √† la mer les pieds en √©ventail sur le radiateur un Larmandier-Bernier Vieille Vignes de Cramant 2005. En fin de soir√©e avec ta fianc√©e, Les B√©guines de J√©r√īme Pr√©vost que tu auras oubli√©es quelques ann√©es au fond de ta cave afin qu’elles te lib√®rent ces ar√īmes de brioche beurr√©e.

Mais alors pour un divorce, n’ayant jamais pratiqu√© ce sport de combat rapproch√© si particulier appel√© « mariage » je me retrouverais fort d√©confit. La r√©ponse √† ce probl√®me m√©taphysique m’a √©t√© apport√©e par R√©nato qui a eu la bonne id√©e de divorcer r√©cemment et pour f√™ter sa lib√©ration R√©nato a d√©bouch√© un Extra Brut d’Anselme Selosse d√©gorg√© en 2004. A chaque gorg√©e un anneau de la chaine qui le marquait √† l’annulaire disparaissait. A l’inverse de son mariage les ann√©es lui avaient beaucoup apport√©. Esp√©rons qu’il ne sera pas n√©cessaire qu’il se remarie pour f√™ter sa sŇďur.

Mon Dieu, pardonnez-nous!

jeudi 9 juin2011

Nous √©tions tranquillement attabl√©s en terrasse, Jacf√© et moi, devant un petit magnum de Mauzac Nature des Plageolles quand trois types sortis de nulle part nous mettent un calibre sous le nez en braillant « Si vous bougez, on vous sulfate la grappe! » Yeux band√©s ils nous embarquent derechef sans m√©nagements dans un √©norme 4×4 noir aux vitres fum√©es. Cinq minutes plus tard nous descendons tant bien que mal un escalier pour aboutir dans une pi√®ce au sol couvert de graviers. L√† nos ravisseurs nous lib√®rent de nos entraves et nous redonnent la vue. Nous sommes dans une tr√®s belle cave au design moderne √©quip√©e comme il se doit pour pratiquer le noble art du « torchage de boutanches » sauf que l√† il y aurait plut√īt erreur, il s’agirait de « D√©gustation de grands crus entre gens de bonne compagnie ». Nous tentons bien de leur dire que nous n’avons rien √† voir avec cet endroit et les convaincre qu’il ne peut y avoir que m√©prise sur les personnes.

Un des encagoul√©s nous hurle « Vos gueules les gauchos! Vous allez boire ce que vous allez boire, y en a marre de vos vins √† la con ! » Nous sommes de toute √©vidence en pr√©sence de dangereux int√©gristes pr√™ts √† tout. Ils sont charg√©s totale SO¬≤ et toute discussion parait inutile. Le chef, un petit au fort accent marseillais, dirigeait les op√©rations : « Am√®ne, qu’on en finisse! »¬† Meursault 2003 de J-F Coche-Dury, Batard-Montrachet Grand Cru 2000 du Domaine Ramonet, Ruchottes-Chambertin 2002 de Christophe Roumier, Mouline 1981 de Guigal.

Les bouteilles se sont succ√©d√©es √† un rythme infernal, pas le temps de s’attarder, il fallait boire, toutes les boire. M√™me pas le temps de leur dire un mot. On √©tait au boulot. Nous ne serions libres qu’une fois les bouteilles vides. C’√©tait de l’abattage.

Jacf√© et moi ne sommes pas hommes √† nous en laisser compter par quelques bouteilles qui se trouveraient malencontreusement en travers de notre chemin, il nous est arriv√© par le pass√© d’affronter des temp√™tes de grenache dans l’avall√©e du rh√īne, agripp√©s √† certains comptoirs nous avons support√© de violents embruns. Nos beaux visages burin√©s en t√©moignent. Mais l√† nous √©tions √† d√©couvert, aucune connaissance du terrain, d√©stabilis√©s.

Que des vins inconnus dont on a juste entendu parler. Contraints, nous avons d√Ľ nous plier √† la volont√© de nos tortionnaires, nous avons tout bu jusqu’√† la derni√®re goutte. Je crains, Mon Dieu, qu’√† la fin nous y ayons pris du plaisir.

Que le saint patron des vins nature veuille bien nous pardonner.

Amen!

Louis la Brocante.

jeudi 14 avril2011

Hier, soleil printanier, brocante de particuliers au village. Accroche-torchon auvergnat genre XIXe¬†en m√©tal forg√©, jeux de vieux verrous et deux magnifiques stylographes hors d’√©tat de nuire, plus un cadenas. Dix euros cinquante centimes le tout. Je suis ravi de ces nouveaux tr√©sors. Alors que je m’appr√™tais √† expertiser une vieille bouteille de riesling bien expos√©e en plein cagnard,¬† mon ami Louis, Villeneuvois brocanteur √† la retraite me tape sur l’√©paule.

« Oh! Philippe toujours dans le vin ?..Eh bien puisque tu aimes toujours √ßa je m’en vais te raconter une histoire qui m’est arriv√©e…. Il y a une vingtaine d’ann√©es je faisais une adresse √† Vence. Toute une cave √† la brouette tant la ruelle √©tait √©troite. J’avais presque fini quand, dans l’escalier, je remarque un rideau. Je le tire et il y avait l√† tout un tas de bouteilles. Moi √† l’√©poque ce qui me plaisait c’√©tait le pastis-whisky-cognac.

La veuve me dit : « Vous savez √ßa ce sont des bouteilles que mon gendre, qui √©tait marchand de vins, il les offrait √† mon mari. Et mon mari, Oh Diou!¬† il est mort depuis bien longtemps, alors!….Mais √ßa ne fait pas partie du lot, alors!…… » « Combien vous en voulez? »…. »Je ne sais pas moi,…..1000F… √ßa irait? »

A l’√©poque j’avais toujours au moins une brique sur moi. Je lui sors les billets et je rentre √† la maison. J’√©tais¬†compl√®tement cuit, les allers et retours en brouette m’avaient ruin√© le dos. Je me suis install√© sur la terrasse avec mon camembert et le bout de pain que j’avais achet√© en route. J’ai pris une bouteille de rouge au hasard et je me la suis siffl√©e tout seul.

Et je trouvais ce vin fantastique, vraiment bon, j’ai tout bu. Et tu sais ce que c’√©tait ce vin? »…..« C’√©tait une Roman√©e Conti. Je ne savais pas ce que √ßa valait, c’est un coll√®gue venu la semaine suivante qui s’int√©ressait au vin qui m’a dit que c’√©tait une grande bouteille qui valait cher.

Quand il m’a demand√© si je l’avais gard√©e, j’ai cru que c’√©tait pour faire un pied de lampe.¬†Ce serait maintenant je la vendrais, mais l√† je ne le savais pas!¬† D’ailleurs lui il m’a pris trois bouteilles, il m’avait fil√© 3000 balles. Je me souviens qu’une des trois c’√©tait un Chateau Yquem.

Les autres, j’en ai bu quelques unes et¬†¬†j’en ai donn√© √† mon fils qui est √† Lourmarin. Il m’a dit qu’il s’√©tait r√©gal√©…….. Ce que c’√©tait? J’en sais rien mais tu sais la Roman√©e Conti j’en ai encore le go√Ľt dans la bouche.

Tout compte fait, c’√©tait mieux que je ne sache pas ce qu’elle valait, j’en ai eu d’autant plus de plaisir! »

Mouton-Rotschild 1982

lundi 21 février2011

« H√©! M’siou Philippe! Vous qui aimez le vin, y’a mon cousin qui en vend, √ßa vous int√©resse ?

– Faut voir! Djallel! Faut voir! Qu’est-ce qu’il vend?

– Ch’sais pas, j’te les apporte demain si tu veux? »

Djallel est un des Tunisiens qui travaillent sur¬†notre maison, nous sommes en 1989 et il fait tr√®s tr√®s chaud sur la C√īte d’Azur. Le lendemain, comme promis, Djallel arrive la sueur au front et un gros carton dans les bras.

« Voil√†! Philippe! Y’en a plein, tu regardes et tu me dis combien tu donnes! »

Une dizaine de bouteilles en vrac, un Bartissol, deux ou trois ros√©s dont les √©tiquettes avaient disparu, hermitage et crozes aux niveaux de mis√®re, un rouge trois √©toiles en litre. Je commen√ßais √† me dire que vraiment tout √©tait √† jeter quand tout au fond je reconnus cette √©tiquette aux d√©grad√©s de bistre si caract√©ristiques de ce 1er cru bordelais. Je bouscule un peu les autres bouteilles pour atteindre le prestigieux flacon. P…..! c’√©tait bien √ßa! Chateau Mouton-Rotschild et 1982 en plus. Niveau, √©tiquette, capsule tout¬†√©tait nickel. Une quille comme je n’en avais jamais bue.

« Alors qu’est-ce t’en dis?

– Mouais, √©coute Djallel, moi y en qu’une qui m’int√©resse. C’est celle-l√†!

– Et combien t’en donnes? »

La calculette s’√©tait mise illico sur ON : construction de la maison, achat de bois pour les mezzanines, cette bouteille elle vient d’o√Ļ? Depuis combien de temps il la balade de chantier en chantier et √† quelle temp√©rature? S’il y a un bouchon, j’en fais quoi sinon un vin chaud et puis ce n’est pas trop le moment d’aller d√©penser dans du vin.

« Ecoute! Dis √† ton cousin que je lui propose 500F pour sa bouteille »

Le lendemain la r√©ponse m’arrivait : « C’est pas assez! il a dit mon cousin.

– Eh bien dis-lui que je suis d√©sol√© mais que je ne peux pas lui en offrir plus! »

Nous en rest√Ęmes l√†.

La maison fut livr√©e et comme nous avions sympathis√©, Djallel vint manger quelques fois √† la maison. Il nous annon√ßa son mariage, ainsi que celui de son cousin, qu’ils feraient le m√™me jour afin de r√©duire les frais et √©conomiser un voyage √† la famille de Tunisie. Au repas suivant Djallel nous raconta par le menu l’ensemble des festivit√©s. La joie de tous et plus particuli√®rement des fr√®res et cousins venus du bled qui avaient mang√© et bu « comme des sagouins » jusqu’√† pas d’heure. Le logement, comment faire dormir tant de monde dans si peu de surface?. Les jeunes mari√©s¬†partis la nuit m√™me en voyage de noces avaient laiss√© leurs appartements aux cousins, qui rentr√©s au petit matin n’avaient toujours pas envie de se coucher et, malgr√© les volumes ingurgit√©s, avaient toujours soif. Comme vous vous en doutez, cette nuit fut la derni√®re pour notre Mouton-Rotschild 82 qui fut proprement torpill√© par une bande d’assoiff√©s qui, j’en suis s√Ľr, n’en ont gard√© aucun souvenir sinon celui insolite d’avoir d√©couvert une bouteille de vin¬† enroul√©e dans du papier, cach√©e dans une boite √† chaussures.

Requiescat in Pace!

3615 Marula

mardi 2 novembre2010

Le marula est un arbre africain dont les fruits, une fois tomb√©s √† terre, fermentent. Les nombreux animaux qui en sont friands se retrouvent pi√©g√©s par les effets inattendus de l’alcool qui interviennent pendant la digestion. Ils ont alors beaucoup de mal √† regagner leur tani√®re comme le montre l’amusante video ci-dessous.

Incontestablement, il existe un certain nombre de points communs entre le marula arbre africain et le Marula, G√©rard de son pr√©nom, vinificateur du ch√Ęteau de Coulaine √† Chinon et auteur, pour son propre compte, de touraines et de chinons dont la r√©putation grandit en proportion de leur qualit√© : le fruit, la fermentation et les nombreux animaux qui en sont friands.

Mais il existe aussi de nombreuses diff√©rences. Il n’y a pas, √† notre connaissance, de liens entre G√©rard Marula et l’Afrique. Le fait qu’√©ventuellement, certains soirs, le Marula ait du mal √† regagner sa tani√®re ne nous regarde pas, et affirmer que les nombreux animaux qui sont friands des vins de G√©rard Marula se retrouvent pi√©g√©s par les effets de l’alcool serait extr√™mement discourtois. On n’est pas des b√™tes!

Veillons donc √† bien faire la distinction entre le marula fruit, dont j’ignore le go√Ľt, et le Marula vin, dont je sais le go√Ľt pour avoir bu samedi dernier une bouteille de Clos de Baconnelle 2008. Il est tellement fin et harmonieux que G√©rard-ment bu un aussi bon chinon.

Les Etats d’√Ęme du Mas Jullien 1998

samedi 2 octobre2010

Cette magnifique tranche, bien √©paisse,¬†de thon que venait de m’offrir un ami p√™cheur me f√ģt imm√©diatement penser √† la cuv√©e Les Etats d’Ames 1998 du Mas¬†Jullien. J’imaginais tr√®s bien une ratatouille compot√©e et r√©duite √† souhaits que l’on aurait √©labor√©e comme il se doit, en cuisant chaque l√©gume s√©par√©ment, allier sa palette aromatique √† la puissance et au fruit de cette bouteille dont la soeur ain√©e m’avait laiss√© un souvenir marquant : ( En deux mots :¬†Humm! Ouahh!, mais avec en plus la suavit√© que le temps peut apporter).

Un tour vite fait sur le march√© pour acheter aubergines, tomates, poivrons et courgettes, ensuite attraper mon amoureuse et la convaincre de l’urgence de concocter cette ratatouille dont Elle¬†SEULE d√©tient LE secret. Laisser refroidir et attendre qu’arrive l’instant de¬†la grande faim. Pour le thon, saisir, garder le cŇďur presque cru, saler et poivrer du moulin. Une carafe est pr√™te au cas o√Ļ la demoiselle aurait besoin d’oxyg√®ne. J’op√®re d√©licatement le tirebouchonnage, le vin est d’une couleur intense et au nez c’est ¬†AAAAAAAAaaaaaaaaaaaaaaargh! Gasp! Diantre! Damned! P…. de B….. de M….! C’est pas possible! Il y a un bouchon. Comme dans Tex Avery, je me l√©zarde et tombe en mille morceaux, le coeur bris√©.

J’ai bien tent√© de la r√©animer par un violent passage en carafe,¬† j’ai m√™me rinc√© celle-ci au porto en esp√©rant un √©lectro-choc. Que nenni, rien du tout. Je suis effondr√©.¬†Par bonheur notre cave renferme d’autres bouteilles susceptibles d’accomplir l’accord avec ce plat,¬†mais je m’√©tais fait une joie √† l’id√©e de boire cette ultime bouteille, l√†, maintenant. La d√©ception pass√©e, j’ai d√©cid√© que nous ferions la daube la plus meilleure de la galaxie.

Les grands vins ne meurent jamais.

Vendredi c’√©tait la rentr√©e des glasses

jeudi 9 septembre2010

Dire que la seule fois de notre vie o√Ļ nous aurions¬†pu faire se p√Ęmer Adriana Karembeu et son mari, Jacf√© et moi-m√™me √©tions d√©guis√©s en mafieux pour accueillir un couple de Lorrains venus se faire lyophiliser les champignons au doux soleil de septembre¬†sur la Riviera. Il est vrai, les pauvres, que leur contr√©e d√©j√† sinistr√©e par l’homme, l’est aussi par Dieu et ses √©l√©ments. Enfin donc, apr√®s r√©cup√©ration¬†des Baru,( car ils s’appellent Barul√©a Nicole et Herv√©, nos amis lorrains),¬† direction le Lorrain de l’√©tape qui dirige un des rares estaminets de Nice¬†o√Ļ il est b√©n√©fique pour le corps et l’esprit¬†de s’attarder √† table. Solides et liquides vous y enjolivent rapidement la face.

A Nancy, ville originaire de notre couple, il nous avait √©t√© dit que le vin n’√©tait pas une substance particuli√®rement pris√©e. Pourtant les premiers repas pris¬†avec le m√Ęle¬†tendaient √† nous prouver le contraire. L’homme, sous un aspect rustre de rocker primaire, avait montr√© quelques dispositions et m√™me affirm√© son go√Ľt pour les vins puissants du sud.¬† On ne pouvait pas s’attendre¬†malgr√© tout¬†√† ce qu’il port√Ęt un quelconque int√©r√™t aux subtils vins de Loire, mais bon. V√©ritablement conquis, il s’acheta m√™me une cave de stockage. Quand √† l’√©l√©ment f√©minin, un apr√®s-midi sous la tonnelle m’avait convaincu de ses capacit√©s √† bien se tenir √† table. De la graine de championne.

Voil√† pour les personnages, maintenant le sujet du jour. Apr√®s quatre semaines pass√©es sur les routes de France √† stocker les kilos superflus, il¬†√©tait important de reprendre l’entra√ģnement. Retrouver les autres membres de l’√©quipe, cet esprit de corps, d’appartenance √† une √©litre. Sans aller jusqu’√† r√©apprendre la gamme, se ressourcer au contact des fondamentaux. Franck Caramel, notre entra√ģneur, avait¬†concoct√© tout sp√©cialement pour nous un programme de reprise :¬† monter en puissance, √©couter les corps et leurs r√©ponses aux diff√©rentes sollicitations, » Le travail d’abord la performance vient naturellement » voil√† son credo.

En exclusivit√© « GLOUGUEULE » vous livre¬†ce programme de vendredi dernier¬†tir√© du petit carnet secret qui ne quitte jamais Monsieur Caramel :¬†Les B√©guines de J√©r√īme Pr√©vost (3 ans de cave apr√®s livraison) merveille de finesse et de fra√ģcheur. Toute consommation de blanc lui √©tant interdite par la facult√©, Herv√© a plong√© son nez dans le cabernet franc de¬†Pithon-Paill√©, nous l’avons rejoint sur la cuv√©e de chenin du m√™me duo. Ces deux¬†bouteilles √©taient pr√©sent√©es sous les √©tiquettes dessin√©es par Fran√ßois Boucq, ami de Momo et Cra-cra, c√©l√®bres clowns du Nord pour qui elles ont √©t√© √©labor√©es.

Somptueux « Chaillots » 2000 de Thierry Allemand, √† boire maintenant et sans mod√©ration. « M√©m√© » 2006 des amis Mich√®le Aub√©ry et son fils Maxime Laurent, que dire d’autre que « chez Gramenon tout est bon ! » surtout entre autres particuli√®rement « La M√©m√© ».¬†Ensuite,¬† instant d√©tente, moment pr√©f√©r√© des enfants : l’instant gamay. (rappelons que gamay vient du verbe anglais « to game » qui veut dire « jouer » que l’on retrouve dans l’expression bien connue dans la sph√®re bistrologique « gamay au verre », qui donne¬†par glissement et contraction¬†« game over », les flippers √©tant souvent install√©s √† c√īt√© des tables, les pratiquants en ont rapidement adopt√© l’usage. Je vous livre cette information sous couvert d’√™tre d√©menti par Alain Rey).

Guy Breton, dit « P’tit Max » fut √† l’honneur avec ses 2009 :¬†Morgon Vieilles Vignes et Chiroubles en magnum, puis nous sommes all√©s faire un tour chez Marcel Lapierre avec sa prestigieuse cuv√©e o√Ļ le mill√©sime est indiqu√© en chiffres romains, pour nous c’√©tait « MMV ».

Une petite soif et ce fut le d√©licieux Tavel d’Eric Pfifferling, qui, par rapport √† ses confr√®res n’a de ros√© que le nom. D√©routant la premi√®re fois tant les ar√īmes que l’on y trouve sont inhabituels.

Cela faisait √† peine 9 heures que nous √©tions √† table que 2 √©normes c√ītes de boeuf vinrent atterrir dans nos assiettes suivies¬†DU vin¬†pour lequel je con√ßois ais√©ment que l’on puise se¬†damner : « Les Goillottes » du Domaine Prieur√©-Roch. Par chance, il s’agissait d’un grand m√Ęle de 2001. Son litre et demi de subtilit√© acheva de nous √©mouvoir. La fra√ģcheur de la mer parvenait sur nos fr√™les √©paules, demain serait un autre jour.

Conclusion : Les examens ayant √©t√© r√©ussis, nous pouvons d√©sormais envisager sereinement le transfert du couple Barul√©a. Madame se concentrera sur les blancs, monsieur¬†marquera les rouges.¬†L’hiver peut bien pointer son nez, nous saurons enchainer les matchs, les uns apr√®s les autres et comme dit « Coach Caramel » : « Beaucoup de volont√©, de l’entra√ģnement et le succ√®s finira bien par arriver, enfin je crois…………! »

Merci Coach!

A signaler pour la fin du mois, la sortie aux Editions Futuropolis du prochain album de Baru : « fais sonner les basses,¬†Bruno ! »¬† En achetant cet album vous lui permettrez de boire mieux et plus longtemps.

Une leçon de dégustation chez les DESCHIENS

jeudi 15 juillet2010