Archive pour la catĂ©gorie ‘Philippe Quesnot’

Une belle paire de Chassagnette

Vendredi 26 avril2013

Confusion des sens et des mots ou perturbation endocrinienne, j’aurais fortement tendance avec l’avènement de ce printemps Ă  voir le mâle partout. MĂŞme si cela ne fait que quelques annĂ©es que je dĂ©tourne rĂ©gulièrement mes vols vers le sud lorsque je croise au large d’Arles, le chaleureux accueil que nous avaient rĂ©servĂ© Michel Miailhe et Yoann TavarĂ©s, le jeune sommelier de La Chassagnette, me semblait sans commune mesure avec l’importance qu’ils auraient dĂ» accorder Ă  notre venue.

Velouté d'herbes amères

Ajoutez Ă  cela le fait qu’ils nous faisaient inaugurer la Table de Cuisine et qu’Ă  peine installĂ©s une bouteille emmaillotĂ©e dĂ©versa dans nos verres une jolie bulle au nez floral et frais. C’est au sourire perfide de Yoann, lorsqu’il me dit « Normalement!… Tu devrais trouver! » que j’ai senti comme un vent de conspiration. Cette mise en examen public devant ma fiancĂ©e, mon associĂ© et un couple d’amis avait de quoi me tournebouler. J’allais devoir rĂ©vĂ©ler Ă  ma promise, en prĂ©sence de tiers, que tous ces voyages d’Ă©tudes en terres vigneronnes n’avaient abouti qu’Ă  ce triste constat d’Ă©chec : l’amant Ă  table est lamentable.

J’avais beau me triturer le bulbe, rien n’arrivait en surface, nul souvenir, nulle rĂ©fĂ©rence vague Ă  laquelle me raccrocher. J’Ă©chouais. De mĂŞme qu’il avait sauvĂ© l’ami Tolmer du lynchage lors de sa prĂ©cĂ©dente venue, Michel finit par me venir en aide en libĂ©rant la bouteille de sa chaussette. Une bulle japonaise. Une bulle Ă  base de riz, le Tavarès avait raison, normalement, si j’avais Ă©tĂ© bon, j’aurais dĂ» me souvenir que deux fois dans ma vie j’avais mis mon nez dans un verre de sakĂ©, dont on retrouvait ici les mĂŞmes notes florales et dĂ©licates.

Bulles de riz

Vieillir ne me porte pas naturellement vers l’indulgence envers les gĂ©nĂ©rations montantes et je comprends mieux pourquoi les vieux finissent seuls avec leur fusil appuyĂ© contre la roue du fauteuil. La suite me donna raison, Yoann, l’insolent, insista et tenta de soumettre Ă  mon indĂ©niable talent de dĂ©gustateur quelques belles bouteilles dont j’ai prĂ©fĂ©rĂ© oublier les noms, tant il Ă©tait aisĂ© de les reconnaitre, m’attachant plus particulièrement Ă  la cuisine oĂą mes grandes capacitĂ©s d’analyste olfactif ne pouvaient ĂŞtre contestĂ©es. Quel rĂ©gal que ce veloutĂ© d’herbes amères… filet de lisette Ă  la nage… lĂ©gumes croquants… betterave et estragon… salade façon thaĂŻ misuna et …., belles asperges … vinaigrette safranĂ©e, yaourt de chèvre, roquette sauvage, agneau, carottes ……, poireaux crayons, …piment, citronnelle, etc…. Il me revient le souvenir d’un excellent repas avec en finale, pour garder une belle bouche fraiche, un champagne rosĂ© de La Closerie au mieux de sa forme, tout comme nous. Et que dire du service, sinon qu’outre le fait de rĂ©gler une douce addition, on se sent chez les Amis, ou presque. Quoiqu’un certain ait la taquinerie Ă  fleur de tire-bouchon. Comment s’appelle-t-il dĂ©jĂ  ???

Mon cinquième joker.

Vendredi 5 avril2013

« L4-L5 : coulĂ©s!… Si vous voulez vous en sortir, commencez par perdre 5/6 kg et après on en reparle »… Mon vĂ©tĂ©rinaire n’est plus mon ami. Hasard, les Ă©lĂ©ments fĂ©minins de ma grotte sentant arriver le printemps venaient de reprendre ce drĂ´le de rituel, une sorte de jeĂ»ne, enfin ce truc que certains appellent « rĂ©gime ». La mĂ©thode, la chrono-nutrition, Ă©tait rĂ©putĂ©e non violente et efficace. Bon ben… je vais prendre ça. Donc depuis 5 semaines, je trempe des miettes de pain ensevelies sous des blocs de fromage dans mon bol dès l’aurore. Le repas commence et s’achève sur un unique plat oĂą chaque bouchĂ©e est soigneusement mastiquĂ©e, espĂ©rant ainsi en doubler le volume. Ce genre d’expĂ©rience est vite perçue comme une punition si rien n’est prĂ©vu pour une escapade de temps en temps dans le champ d’Ă  cĂ´tĂ©. Le tortionnaire qui a mis cette mĂ©thode au point doit bien le savoir, qui a effectivement prĂ©vu une incartade hebdomadaire. Il s’agit donc de bien choisir son dĂ©rapage, pas question de faire tourner le compteur pour une broutille, l’Ă©vĂ©nement se doit d’ĂŞtre grandiose car rare.

J’ai donc choisi la venue dans le quartier de Mimi, car il possède un coefficient exagĂ©rateur très intĂ©ressant, ne pas le choisir aurait Ă©tĂ© une grossière erreur de casting, rien qu’Ă  sa vue c’est le kilo assurĂ©.  Et puis je me voyais mal lui annoncer : »Ă‰coute! Mimi!…heeeu.. d’accord on mange ensemble mais, … je me limiterai Ă  un filet de poisson avec une courgette bouillie et un verre d’eau » L’homme n’est pas rĂ©putĂ© violent mais il y a des grossièretĂ©s que sa morale rĂ©prouve. Pour ĂŞtre bien certain de l’incidence de ma future dĂ©rive, j’avais pris soin de me peser le matin mĂŞme. 84.500kg. Une socca fine et croustillante avec ce qu’il faut d’huile pour se prĂ©parer le gosier Ă  recevoir les premières rafales de « Frileuse 2010″ de la Maison Puzelat. Pour mon retour Ă  la vie, j’avais commandĂ© Ă  ma fiancĂ©e un osso-buco avec carottes, cĂ©leri-rave et anchois, le tout arrosĂ© d’un trait de citron, le gras de la moelle tempĂ©rant l’aciditĂ© de l’agrume, quelques pâtes fraiches et pour commencer le superbe Chenin 2008 du Domaine Montrieux d’Émile HĂ©rĂ©dia. Vite englouti, j’ai eu soudainement envie du Brouilly 2010 de Georges Descombes, une confiserie pour grande personne. Un joli plateau de fromages et l’inĂ©vitable Savagnin de Jean-François Ganevat puis, pour vĂ©rifier le calage des dents de sagesse, une tarte aux pommes arrosĂ©e de ma dernière bouteille de Tout’en Bulles du Domaine Gramenon de AubĂ©ry Mother and Son.

Et puis comme on Ă©tait bien, vraiment bien, Mimi a sorti, tel un magicien, deux robustos rapportĂ©s de sa dernière visite Ă  Raul et Fidel. Quand la soirĂ©e devient sĂ©rieuse, je fais appel aux produits de la Distillerie Cazottes et comme je possède tous ses alcools et sur plusieurs millĂ©simes pour mes incontournables : Reine-Claude dorĂ©e et Poire Williams et puis Mauzac rose et aussi le Prunelart ainsi qu’une rarissime bouteille de marc de MĂ©mĂ© distillĂ© par Laurent. Il nous aura bien fallu le temps de dĂ©guster un D4 et un Cohiba pour vĂ©rifier la remarquable Ă©volution de ses eaux-de-vie. A peine ballonnĂ©s, nous nous sommes retirĂ©s chacun dans nos appartements et ce n’est qu’au petit matin, après ma douche, qu’une fois sur la balance j’ai pu constater Ă´ combien dormir fait grossir. Hallucinant! J’avais pris deux kilos en six heures de sommeil. Amis! Restez vigilants, ne dormez pas trop et mĂ©fiez-vous des cures quelles qu’elles soient.

Olive

Vendredi 22 mars2013

Olive et moi, c’est une vieille histoire. Il devait encore lui rester quelques cheveux sur le crâne et c’est sur le stand des Landron Ă  l’hippodrome de Cagnes sur Mer que Jo me l’a prĂ©sentĂ© : « Tiens! Olivier!  Il va ouvrir un bar Ă  vins Ă  Nice! ». L’homme n’Ă©tait dĂ©jĂ  pas bien grand mais on sentait bien toute la dĂ©termination derrière la chauvitude du schtroumpft. A cette Ă©poque, dans le coin, le choix nous obligeait Ă  pratiquer une forme d’ascèse volontaire, chacun se piquant la ruche Ă  domicile; alors un lieu oĂą il serait possible de boire en troupeau, forcĂ©ment, cela m’intĂ©ressait.

Et fectiv’ment quelques semaines plus tard ouvrait La Part des Anges au 17 de la Rue Gubernatis Ă  Nice.

Il y eut les mercredis de la Part oĂą rĂ©gulièrement une jolie tablĂ©e de dix se rĂ©unissait, chacun apportant ses plus belles bouteilles, il y avait lĂ  des artisans du bâtiment, quelques profs, un dessinateur, un arracheur de dents; toute la fine fleur de la boivitude locale du moment. En 2002, » la soirĂ©e lunettes Picsou » draina de nombreux vignerons qui jusqu’Ă  l’aube firent durer le plaisir. Grotonio, Yvon MĂ©tras, les Valette et bien d’autres. Les premiers jours de juin de cette annĂ©e lĂ  Ă©tant très favorables Ă  l’expression corporelle, certains s’entretinrent avec lui jusqu’au petit matin. 2003 et la seule exposition de Michel Tolmer en rĂ©gion PACA, partagĂ©e entre 20/20 et Part des Anges. Énorme succès commercial qui permit Ă  l’artiste d’acquĂ©rir une magnifique notoriĂ©tĂ© avec vue mer.

MĂŞme si les alĂ©as du temps ont quelque peu espacĂ© ces moments, Olivier reste pour moi un des piliers indĂ©trĂ´nables de mes amitiĂ©s bachiques. Et c’est par hasard, chez une amie commune de la VallĂ©e du RhĂ´ne, que nos liens se sont resserrĂ©s. Au cours de ce marathon gastronomique, la tempĂ©rature s’est Ă©levĂ©e de plusieurs degrĂ©s et comme deux vieux masaĂŻs nous nous sommes retrouvĂ©s dans les bras l’un de l’autre, secouant nos sagaies en se promettant de renouveler cette antique tradition des mercredis.

C’est pourquoi ce matin je suis descendu dans mon antre afin d’y choisir une bouteille qui soit Ă  la hauteur de l’Ă©vĂ©nement. RhĂ´ne Nord, CĂ´te-Rotie 1999 des Frères Jamet : « Bingo! » Juste la bouteille idĂ©ale que je lui avait Ă©changĂ©e dĂ©but des annĂ©es 2000. GĂ©raldine, la charmante petite demoiselle qui y effectue son stage, s’est chargĂ©e de l’ouverture et de la mise en carafe une bonne heure avant. Pour prĂ©parer le terrain, une bouteille de Jean-François Ganevat « Les Enfants terribles »Â  absolument renversante de gourmandise et de fluiditĂ©. MĂŞme pas dix minutes Ă  quatre. Un risotto au jus d’ortie avec ses  artichauts piquants d’Albenga et petits brocolis poĂŞlĂ©s avec un Sylvaner Zellberg 2001 de Julien Meyer (30 mois de barrique sans soufre, issu de raisins lĂ©gèrement botrytisĂ©s) pour nous mettre sur les rails. Et lĂ , un joli boudin, sa purĂ©e de pommes de terre, pile-poil avec la CĂ´te-Rotie des Jamet : le bonheur.

En nous quittant Olive et moi nous sommes promis de remettre le couvert dans un avenir très proche. En attendant vous pouvez aller vous promener sur son site tout récemment créé :

http://www.la-part-des-anges-nice.fr/

Olive! Longue vie à nous et à notre amitié.

Pierre Overnoy, hĂ©ritier d’un empire.

Mercredi 13 mars2013

Un rĂ©cent documentaire mettait Ă  jour la nĂ©buleuse Coca-Cola, tout y passait et le rĂ©sultat final Ă©tait Ă©difiant avec le constat amer d’un Mexique plus gros consommateur au monde oĂą l’abominable mixture est moins coĂ»teuse que l’eau. Mais ce que ne dit pas l’investigatrice, c’est que la pierre angulaire de ce système se trouve Ă  Pupillin, dans notre beau Jura français.

Et si tout le petit monde du vin naturel connait Pierre Overnoy et Emmanuel Houillon, son insĂ©parable comparse, personne ne sait que nous avons lĂ  les futurs hĂ©ritiers de cet empire colossal. Une enquĂŞte sĂ©rieuse telle que « Glougueule » sait les mener, courte et minutieuse, nous permet d’affirmer aujourd’hui avec preuves Ă  l’appui que Pierre Overnoy est le petit-fils de J.S.Pemberton, fondateur de la firme de Knoxville.

Première preuve irrĂ©futable : les initiales du grand-père J.S. Elles nous ont tout de suite indiquĂ© la direction Ă  donner Ă  nos recherches.  J. pour Jaune (John) et S. pour Savagnin. HĂ© oui! J.S. Ă©tait d’origine française, parti faire fortune outre-atlantique, et s’il avait troquĂ© Overnoy pour Pemberton, il avait gardĂ© ces deux initiales qui le rattachaient secrètement Ă  son village.

La suite fut nettement moins aisĂ©e, les traces disparaissant Ă  mesure que l’Ă©tau se resserrait autour de lui. Nous savions son occulte et immense influence au sein du conseil d’administration en grande partie due Ă  son sens audacieux du marketing qui l’avait vu habiller le Père NoĂ«l en rouge, designer la bouteille, installer les premiers distributeurs automatiques. Mais rien oĂą il n’ait laissĂ© officiellement son empreinte.

Et puis le hasard nous a souri. Un soir sur les hauteurs de St Cloud, invitĂ©s chez un couple d’amis, amateurs de vin et grands collectionneurs d’art, nous sommes tombĂ©s en arrĂŞt sur une toile de Roy Lichtenstein qu’ils venaient d’acquĂ©rir dans une vente Ă  New York. La rĂ©interprĂ©tation Ă  la trame d’une photo publicitaire de Wahrol, mĂ©chamment surnommĂ© « La Petite », nous apportait l’irrĂ©futable preuve de l’implication de Pierre Overnoy dans la pyramide Coca-Cola. DĂ©cryptĂ©e, dĂ©tramĂ©e, l’œuvre, comme une Ă©preuve photographique dans son bain rĂ©vĂ©lateur, nous livra son secret que nous vous laissons dĂ©couvrir.

De la fuite dans les idées.

Jeudi 28 février2013

Après une triomphale tournĂ©e Ă  travers quelques salles de restaurant de la capitale et caves humides ligĂ©riennes, je tiens Ă  apporter les prĂ©cisions suivantes. D’aucuns ont pu penser Ă  mon hardeuse Ă©locution et aux propos inachevĂ©s, que mon pauvre esprit avait empruntĂ© des chemins de traverse dont je n’envisageais mĂŞme plus l’issue.

Que nenni! Ceci n’Ă©tait qu’un lĂ©ger retard Ă  l’allumage car il ne suffit point de remplir le rĂ©servoir, encore faut-il que l’Ă©tincelle se produise afin de crĂ©er l’explosion gĂ©nĂ©ratrice de cette Ă©nergie indispensable Ă  la pensĂ©e fĂ©conde. Autrement dit j’avais l’esprit dans l’escalier; un dĂ©calage permanent.

Je tiens donc Ă  prĂ©ciser Ă  nos nouveaux amis suisses, rencontrĂ©s Ă  la Quincave avec qui nous avons Ă©changĂ© un coup de Sagesse 2002 du Domaine Gramenon contre du Patapon 2009 de Nathalie Gaubicher et de notre regrettĂ© ami Chaussard, que Emmanuel Heydens, (www.lepasseurdevin.ch), est en Suisse l’homme qui pourra alimenter leur innocent penchant.

A Marion et Jean, en partance pour la belle province, que le film quĂ©becois dont je leur ai parlĂ© c’est « La Grande SĂ©duction » de Jean François Pouliot.

A je ne sais plus trop qui : l’actrice Ă  la voix si particulière qui avait tournĂ© avec ce boute-en-train d’Alain Cuny n’est autre que Delphine Seyrig.

Le film de mon idole absolue « W.C. Fields » est « Never give a sucker an even break »; le partenaire de Catherine Jacob, dans un sketch hilarant en ch’ti il y a bien longtemps, est Jacques BonnaffĂ©. Le jazzman au rythme endiablĂ© auteur d’un double 33T « Vivant Ă  Montreux » avec Eddie Harris, est Les Mac Cann.

Et Ă  Mimi, fidèle compagnon de route, ce qu’il avait pris pour un PrieurĂ©-Roch, le dernier magnum que nous avons bu au Jeu de Quilles vers 2h du matin, Ă©tait un Saint Romain du Domaine de Chassorney.

Bizarrerie de la nature : un lĂ©ger problème d’audition l’empĂŞche parfois de bien boire.

Le Quintette de Miles Davis

Dimanche 24 février2013

Il y a de cela quelques annĂ©es, Alain Parodi tenait Ă  Valbonne un restaurant un macaron oĂą nous allions nous rĂ©galer : Le Cigalon. Ce jour-lĂ , nous Ă©tions cinq et, bien installĂ©s sur la table ronde au fond de la salle, nous nous dĂ©lections de produits simples de la rĂ©gion aux cuissons impeccables. Et ce qui n’enlevait rien au plaisir, nous abusions innocemment de sa carte des vins somptueuse, enfin le bonheur, quoi.

BercĂ©s par le quintet de Miles Davis, Pierre eut soudainement l’idĂ©e saugrenue d’en Ă©numĂ©rer la formation : John Coltrane au sax tĂ©nor, Red Garland au piano, Philly Joe Jones Ă  la batterie et Ron Carter Ă  la contrebasse. GrofĂ© qui en a fait avouer plus d’un Ă  Guantanamo grâce Ă  sa pratique de l’engin le reprend Ă  la volĂ©e et annonce : « Paul Chambers Ă  la contrebasse, pas Ron Carter! » Pierre n’en dĂ©mord pas.

L’affaire s’engageait pour le mieux, suffisait de souffler sur les braises. Après qu’ils eussent argumentĂ© en dĂ©ballant tout le matĂ©riel du spĂ©cialiste ressorti du coffre de la R16, j’appâte. « Bon Ă©coutez! Puisque vous ĂŞtes sĂ»rs tous les deux d’avoir raison, il faut un enjeu! » En chĹ“ur: « Pas de problème! ». Je lance mes deux lignes. « Et si le perdant se chargeait des vins ? » D’un cĂ´tĂ©, rapide calcul des droits d’auteur Ă  rentrer, de l’autre, se souvenir de l’endroit oĂą la chaussette est planquĂ©e… « D’accord! » Le repas se prolongea tout en douceur, avec une ou deux jolies bulles. Chacun des trois innocents prenant garde de ne pas accabler le futur perdant par avance et prenant soin de ne pas abuser sur les flacons. Un retour de flamme Ă©tant si vite arrivĂ© de nos jours pour des gens comme nous qui ont la fâcheuse tendance d’ouvrir parfois un peu trop rapidement leur bouche. Enfin tout le monde remercia Miles et Pierre, qui pourra toujours se vanter d’avoir incorporĂ© un instant le cĂ©lĂ©brissime quintet Ă  la fin du concert en interprĂ©tant un bref solo de carte bleue.

Maudit Dick ou de l’importance d’un jeu de quilles

Mardi 12 février2013

La mĂ©saventure survenue au courageux Jean-Pierre Dick lors du rĂ©cent VendĂ©e Globe lui a valu le respect gĂ©nĂ©ral. RĂ©ussir Ă  ramener son bateau et franchir la ligne d’arrivĂ©e en 4ème position malgrĂ© la perte d’une quille est un authentique exploit.

Cependant, Ă  Glougueule, cet incident nous a interpellĂ©s. Comment peut-on ĂŞtre assez lĂ©ger pour s’embarquer pour un tour du monde avec UNE SEULE QUILLE ?!!! Ă€ ce niveau de la compĂ©tition, une telle imprĂ©paration est stupĂ©fiante ! Jamais Ă©videmment nous n’oserions donner des leçons Ă  de grands navigateurs capables de dĂ©fier le Cap Horn, mais enfin, nous, pour une simple balade en mer du cĂ´tĂ© de Porquerolles ou BrĂ©gançon en compagnie de Ponpon et Mimi, JAMAIS il ne nous viendrait Ă  l’idĂ©e d’embarquer sans un jeu de quilles complet. En mer, tout peut arriver et Monsieur P.B., notre responsable de l’avitaillement, ne plaisante pas avec la sĂ©curitĂ©.

Pfff… Les gens sont d’une imprudence ! Et après, ils s’Ă©tonnent !

Glougueule Ă  la Dive

Jeudi 31 janvier2013

Parmi nos lieux de dĂ©bauche favoris, nous citerons BrĂ©zĂ©. Toute l’Ă©quipe de GLOUGUEULE, en chair, en os et en couperose vous attendra donc dimanche et lundi dans les souterrains du château pour vous faire dĂ©couvrir, entre autres, la nouvelle affiche Mimi, Fifi, Glouglou et quelques ticheurtes signĂ©s par les immmmmenses dessinateurs Baru et Vuillemin. Ă€ bientĂ´t.

Du Chave Ă  Thorrenc

Lundi 21 janvier2013

J’avais au fond des oreilles, Ă  mesure que nous nous engagions dans cette vallĂ©e, comme un air de banjo qui s’Ă©nerve, ne tardant pas Ă  recevoir en Ă©cho le renfort de son jumeau. Je guettais par la fenĂŞtre, Ă  travers les premiers flocons, l’apparition de l’enfant albinos. La nuit tombait et avec, la sensation que l’heure du retour se confirmait, indĂ©finissable. La perspective de ce repas Ă  l’Auberge de Thorrenc, la chaleur enveloppante dans cette voiture, la neige et puis surtout  cette phrase en boucle de RenĂ©-Jean Dard qui rĂ©sonnait : « Vous verrez, il y a du Chave Ă  500 F sur table » avaient installĂ© un climat de molle frĂ©nĂ©sie. Ă€ la lecture de la carte, nous avons compris qu’il nous fallait absolument trouver oĂą dormir dans le village.

« Ah! c’est dommage! Il y a bien des chambres d’hĂ´tes mais elles sont fermĂ©es depuis peu! » Après coups de fil, nĂ©gociations et suppliques diverses, une charmante dame nous a donnĂ© les clefs d’une maison, nous prĂ©cisant que nous avions de la chance car il y avait suffisamment de chambres et de lits pour nous quatre, mais qu’il ne faudrait pas lui en vouloir, le chauffage Ă©tant coupĂ© depuis quelque temps, nous risquerions d’avoir froid.

Aucune inquiĂ©tude Ă  ce sujet, persuadĂ©s que la soirĂ©e nous donnerait l’occasion d’alimenter la chaudière. Un soir de semaine en hiver dans une auberge au fond d’une vallĂ©e de l’Ardèche, voilĂ  le secret pour ne pas ĂŞtre dĂ©rangĂ©s par vos voisins de table et bĂ©nĂ©ficier de toute l’attention des propriĂ©taires. Seuls clients, installĂ©s Ă  cĂ´tĂ© de la cheminĂ©e, Ă  proximitĂ© de cave et cuisine. Vous dire ce que nous avons mangĂ© et bu serait mentir Ă©hontĂ©ment, Ă  part le Chave « qui en a pu ».

Je me souviens des ris de veau. Je me souviens qu’après avoir largement visitĂ© la carte des vins, nous avons proposĂ© Ă  nos hĂ´tes d’ouvrir une ou deux bouteilles, peut-ĂŞtre mĂŞme plus, rapportĂ©es de notre pĂ©riple; que la pente enneigĂ©e Ă©tait très piĂ©geuse; qu’après avoir fait plusieurs fois le tour de la maison, nous avons constatĂ© qu’elle ne disposait que d’une chambre et d’un hall avec, en tout et pour tout, un lit deux places et un canapĂ©-lit; que naturellement les couples se sont formĂ©s : les anciens du Repaire de Bacchus et qu’il me restait mon GrofĂ© Ă  moi, fidèle compagnon de dĂ©route; qu’un lit de 120 pour deux tourtereaux qui tutoient le quintal favorise une trop grande promiscuitĂ©; que les tympans de mon ami ne supportant pas mon lĂ©ger feulement nocturne, GrofĂ© s’Ă©tait transformĂ© en tĂŞte de veau, les oreilles farcies au papier toilette rose; que d’un commun accord, tous les quatre, nous avons dĂ©cidĂ© de ne jamais Ă©voquer cet Ă©pisode.

Et c’est Ă  l’occasion du projet de loi sur le mariage pour tous que je me sens autorisĂ© Ă  rompre le silence. En avance sur notre temps, nous Ă©tions bien ce soir lĂ  quatre glaçons dans le vin.

Mimi Fifi et Glouglou vous la souhaitent treize heureuse

Lundi 7 janvier2013